Le blogue politique de Daniel Turp

C’est officiel, je suis candidat à la présidence du Parti Québécois… et j’ai des appuis de taille!

7 février 2011

5 février 2011
(No 2011-08)


Une candidature « officielle »

J’ai déposé un bulletin de mise en candidature dûment rempli auprès de la présidence d’élection mercredi le 1er février 2011 et sa conformité au Règlement d’élection a été confirmée. Je suis donc officiellement candidat à la présidence du Conseil exécutif national et suis d’ailleurs la première personne à avoir remplir les formalités prévues au règlement.

L’annonce du caractère officiel de ma candidature a été faite par la voie d’un communiqué qui a été diffusé par la Permanence nationale du Parti Québécois le vendredi 4 février sous le titre « Course à la présidence du Parti Québécois- Daniel Turp est le premier candidat officiel et annonce une première série d’importants appuis ». Vous pourrez lire ce communiqué en cliquant ici,

Des appuis officiels…et de taille !
Dans le communiqué du 4 février, j’ai rendu public mes premiers appuis officiels et suis fier de pouvoir compter sur le soutien des sept (7) personnes suivantes qui sont membres du Parti Québécois, occupent des fonctions au sein du Conseil exécutif national ou sont membres de l’aile parlementaire

Louise Beaudoin, députée de Rosemont (Montréal-Centre)
Noëlla Champagne, députée de Champlain (Mauricie)
Maïté de Echeandia, membre du Conseil exécutif national (Saguenay-Lac-Saint-Jean)
Kamal El Batal, membre du Conseil exécutif national (Viau- Montréal-Centre)
Louise Fournier, membre du Conseil exécutif national (Notre-Dame-de-Grâce- Montréal-Ville-Marie)
Renaud Lapierre, membre (Charlesbourg-Capitale nationale)
Guy Sprung, membre (Mercier-Montréal-Centre)

Quatre congrès régionaux…en deux jours !

Les déléguées et déléguées de quatre régions du Québec siégeront en congrès cette fin de semaine et je compte aller les saluer. Je me rendrai d’abord au Congrès régional de la Montérégie à Châteauguay samedi matin et y prendrai la parole vers 9 h 30. Je me déplacerai ensuite vers l’Université de Montréal où seront rassemblées les personnes déléguées au Congrès régional de Montréal-Centre. Je m’adresserai aux membres, dans une salle du Pavillon Jean-Brillant (B-2325) où j’ai parfois l’occasion de faire cours, vers 14 h. Le dimanche 6 février, la ville de Gatineau sera ma première destination et les délégués et déléguées du Congrès régional de l’Outaouais délibéreront au Cégep de l’Outaouais. Et la dernière étape de ce marathon sera la ville de Laval où je pourrai m’adresser aux militants en début d’après-midi au Complexe Multi-Sports. J’aurai l’occasion d’échanger aussi avec mon collègue candidat Raymond Archambault…avec lequel je poursuis une campagne dans le respect et la dignité


Raymond Archambault et Daniel Turp
Photographie : Pierre Latour, Nord-Info/Voix des Mille-Iles

Ma campagne se transporte sur Facebook et Twitter

J’ai démarré aujourd’hui ma campagne sur Twitter et Facebook . Je compte donc échanger avec les membres, les délégués et déléguées ainsi que toutes les personnes qui s’intéressent à la course à la présidence, au prochain Congrès national et à la vie du Parti Québécois en général. Pour avoir accès à ma page Facebook et devenir mon ami, cliquez ici et pour lire mes billets sur Twitter, cliquez ici.

Et la campagne de financement populaire bat son plein !

Comme je l’ai annoncé la semaine dernière, j’ai lintention de financer ma campagne présidentielle d’une façon populaire en amassant la somme de 2 000 $ qu’il n’est permis de recueillir en vertu du Règlement d’élection du Conseil exécutif national et de la présidence de la Commission politique au XVIe Congrès national* en recueillant 400 dons de 5, 00 $ (le prix d’une carte de membre !)…et en constituant le Club des 400 du candidat. J’ai reçu plusieurs dons de 5 $ jusqu’au à ce jour et vous invite à participer à ce financement populaire en remplissant le formulaire en cliquant sur les mots FORMULAIRE DE DON ci-après et en le retournant à mon agente officielle Lorraine Drolet au 4523, rue Parthenais Montréal (Québec) H2H 2G8. Je vous prierais d’indiquer si vous acceptez que votre nom apparaisse sur la liste des personnes ayant contribué à sa campagne.

FORMULAIRE DE DON

Je vous souhaite une agréable fin de semaine et anticipe de rencontrer certains et certaines d’entre vous sur la route de la campagne !

Ma campagne à la présidence du Parti Québécois se poursuit et sera financée de façon populaire, par un Club des 400…donateurs et donatrices de 5 $

31 janvier 2011

29 janvier 2011
(No 2011-02)


Je reprends la route des congrès régionaux dans le cadre de ma campagne à la présidence du Parti Québécois ce matin. Je me rendrai d’abord à Drummondville pour assister au Congrès régional du Centre-du-Québec où je pourrai m’adresser aux délégués et déléguées. Je devrai rentrer rapidement à Montréal pour prendre part au Congrès régional de Montréal-Ville-Marie oà une prise de parole est prévue en fin d’après-midi. Demain, je compte assister au Congrès régional de Laval et au Congrès régional de l’Outaouais à l’occasion desquels la Proposition principale continuera d’être examinée, comme dans toutes les régions, par les membres du Parti Québécois.

Ces tribunes seront l’occasion d’annoncer mon intention de financer ma campagne présidentielle d’une façon populaire en amassant la somme de 2 000 $ qu’il n’est permis de recueillir en vertu du Règlement d’élection du Conseil exécutif national et de la présidence de la Commission politique au XVIe Congrès national* en recueillant 400 dons de 5, 00 $ (le prix d’une carte de membre !)…et en constituant le Club des 400 du candidat. Je vous invite d’ailleurs à participer à ce financement populaire en remplissant le formulaire que j’inclus en annexe et en pièce jointe et en le retournant à mon agente officielle Lorraine Drolet au 4523, rue Parthenais Montréal (Québec) H2H 2G8. Je vous prierais d’indiquer si vous acceptez que votre nom apparaisse sur la liste des personnes ayant contribué à sa campagne.

Je vous souhaite une agréable fin de semaine et anticipe de rencontrer certains et certaines d’entre vous sur la route de la campagne !

* L’article 33 de ce règlement se lit comme suit : « 33. L’agente officielle ou l’agent officiel représente la personne candidate auprès de la présidente d’élection au Congrès et doit tenir une comptabilité complète des revenus, des sources de contribution de plus de 100 $ et des dépenses de la personne candidate. Le montant des dons individuels ne doit toutefois pas excéder 500 $. Les dépenses électorales doivent se limiter à un maximum de 2 000 $.

ANNEXE

FORMULAIRE DE DON

Renseignements personnels

Nom :

Affiliation institutionnelle :

Adresse postale :

Adresse électronique :

Téléphone :

Télécopieur :


Contribution à la campagne de Daniel Turp :

5,00$ (CAN)

MODE DE PAIEMENT CHOISI :

Chèque                       Comptant

Cochez cette case si vous acceptez que votre nom et votre don de 5 $ apparaissent comme source de contribution à la campagne de
Daniel Turp.

SIGNATURE : __________________________


Veuillez retourner ce formulaire dûment rempli et votre paiement à l’attention de :

Lorraine Drolet
Agente officielle de Daniel Turp
4523, rue Parthenais
Montréal (Québec) H2H 2G8

* L’article 33 de ce règlement se lit comme suit : « 33. L’agente officiel ou l’agente officielle représente la personne candidate auprès de la présidente d’élection au Congrès et doit tenir une comptabilité complète des revenus, des sources de contribution de plus de 100 $ et des dépenses de la personne candidate. Le montant des dons individuels ne doit toutefois pas excéder 500 $. Les dépenses électorales doivent se limiter à un maximum de 2 000 $.

Autorisé et payé par Lorraine Drolet, agente officielle de Daniel Turp

Je me porte candidat à la PRÉSIDENCE du Conseil exécutif national

23 janvier 2011

22 janvier 2011
(No 2011-01)


Pour être
« Au service du Parti Québécois, de ses membres
et de sa chef Pauline Marois »

J’ai annoncé à la chef du Parti Québécois Pauline Marois que je me portais candidat à la présidence du Parti Québécois. J’ai obtenu le bulletin de mise en candidature à la présidence du Conseil exécutif national et j’entends déposer celui-ci auprès de la présidence d’élection dans les délais requis.

Après avoir exercé la fonction de vice-président et président de la Commission politique, je veux maintenant relever un nouveau défi au sein de ma formation politique. En appuyant la chef Pauline Marois en laquelle j’ai une confiance pleine et entière, je souhaite exercer au sein du Parti Québécois et de son Conseil exécutif national un leadership au bénéfice des membres d’un parti dont l’action est fondée, depuis sa création par René Lévesque en 1968, sur un militantisme dont je suis très fier. Je compte être à l’écoute des membres et m’assurer de leur participation aux décisions sur les grandes orientations que le Parti Québécois sera appelé à définir dans les prochaines années et les moyens qu’il utilisera pour mettre en œuvre le nouveau Programme qui sera adopté au terme du XVIe Congrès national qui se déroulera les 15, 16 et 17 avril 2011. Je m’engage également à consolider l’organisation du Parti Québécois aux fins de préparer celui-ci à la prochaine élection générale et à poursuivre les actions qui ont contribué à donner au parti de solides assises financières.

Durant ma campagne à la présidence, je compte également rappeler l’importance pour le Parti Québécois de garder le cap sur la souveraineté. Je me réjouis du fait que la Proposition principale à l’élaboration de laquelle j’ai participé de façon active en ma qualité de président de la Commission politique rappelle que le Parti Québécois a pour objectif premier de réaliser la souveraineté du Québec et qu’il entend réussir l’indépendance nationale à la suite d’un processus qui donnera lieu à l’organisation d’une consultation de la population par référendum au moment jugé approprié par le gouvernement. Je suis également convaincu de l’importance d’agir en gouvernement souverainiste et de poser des gestes significatifs, tels l’adoption d’une Constitution québécoise, d’une Charte de la laïcité et d’une nouvelle Charte québécoise de la langue française, de même que l’institution d’une citoyenneté québécoise pour consolider l’identité québécoise et donner aux Québécois et aux Québécois de nouveaux outils pour se préparer à « agir en toute liberté ».

Je voudrai aussi faire connaître mes vues sur d’autres enjeux qui sont importants pour l’avenir du Québec d’ici le Congrès national d’avril, et souligner en particulier l’importance que doit revêtir l’économie dans le discours du Parti Québécois et la question de la propriété collective de nos ressources naturelles. J’entends également rappeler l’impérieux besoin de rétablir l’intégrité et la confiance à l’égard de l’État québécois et d’initier des réformes qui permettront au Québec d’être fier de sa démocratie. Je m’intéresserai aux propositions prônant la décentralisation vers les régions des pouvoirs en matière de santé et de services sociaux, d’éducation primaire et secondaire, de tourisme, de transport et d’économie régionale. Je ferai la promotion d’un Québec vert et bleu et l’adoption d’un plan ambitieux de lutte aux changements climatiques. J’inviterai aussi le Parti Québécois à démontrer l’importance que revêt pour lui la culture et le soutien à ses artisans, comme je solliciterai l’appui des membres pour amener le Parti Québécois à poser des gestes significatifs pour protéger et mettre en valeur le patrimoine culturel.

Comme je l’ai toujours fait, je voudrai aussi promouvoir l’idée que la vie politique et le débat public sont mieux servis par des comportements empreints de dignité et respectueux des différences, tout en devant être caractérisés par des décisions fondées sur l’intérêt public, la rigueur et la transparence.

Les membres du Parti ont entrepris le dernier droit vers le Congrès national et se réuniront en congrès régionaux durant les prochaines semaines. Je compte être présent dans les régions, la capitale nationale et la métropole d’ici le 20 février prochain pour assister à plusieurs congrès et anticipe le plaisir d’échanger avec ceux et celles qui poursuivent leur action militante au sein du Parti Québécois.

Pour être « Au service du Parti Québécois, de ses membres et de sa chef Pauline Marois », je me porte donc candidat à la présidence du Conseil exécutif national. Je souhaite poursuivre mon action politique au sein d’un parti politique qui a beaucoup contribué à construire le Québec tel que nous le connaissons aujourd’hui et qui a l’ambition, légitime, de lui permettre d’agir en toute liberté et d’accéder démocratiquement au statut de pays souverain et indépendant.

NOTES BIOGRAPHIQUES

Daniel Turp est né le 30 avril 1955 et est professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal. Il est détenteur d’un doctorat en droit de l’Université d’économie, de droit et de sciences sociales de Paris (Paris). II est également diplômé de l’Université de Sherbrooke, de l’Université de Montréal, de la Cambridge University et de l’Académie de droit international de La Haye.

Au sein des instances nationales du Parti Québécois, il a été président du Comité des relations internationales (2002-2003). Il a été membre du Conseil exécutif national et du Bureau national du Parti Québécois (2002-2003). Il a agi comme coordonnateur des Chantiers de modernisation du Parti Québécois (2004-2005) et a agi comme rapporteur du Groupe de rédaction du Document d’orientation du Parti Québécois (2005). Il a été membre du Comité du manifeste électoral du Parti Québécois (2006). Il a agi comme conseiller-député auprès de la Commission politique du Parti Québécois (2007-2008). Sous la présidence de la chef Pauline Marois, il a exercé la fonction de rapporteur général du Groupe pour la souveraineté et la gouvernance nationale (2008) et pour le Groupe d’action pour l’indépendance nationale (2009-2010). Il est depuis le 23 février 2009 vice-président et président de la Commission politique.

Il a été député pour le Parti Québécois du 14 avril 2003 au 8 décembre 2008 et a représenté les citoyens et citoyennes de la circonscription de Mercier à l’Assemblée nationale. Il a occupé les fonctions de vice-président de la Commission de la culture et de membre de la Commission des institutions pendant ses mandats. Il a également agi durant cette période comme porte-parole en matière de Relations internationales, d’Affaires intergouvernementales canadiennes, de réforme des institutions démocratiques, de culture et de communications et de justice. Il a occupé la fonction de chef d’équipe de la Mission souveraineté (2007-2008).

Daniel Turp a également été député du Bloc Québécois pour la circonscription de Beauharnois-Salaberry élu à la Chambre des communes du Canada du 3 juin 1997 au 30 novembre 2000. Durant son mandat, il a été membre du Comité permanent des affaires étrangères et du commerce international et du Comité législatif chargé d’examiner le projet de Loi donnant effet l’exigence de clarté formulée par la Cour suprême (Projet de loi C-20). Il a agi comme porte-parole du Bloc Québécois en matière d’affaires étrangères et d’affaires intergouvernementales. Il a été membre de la Commission politique du Bloc Québécois (1991-1993) et a présidé celle-ci (1993-1997). Il a siégé au bureau de direction du Bloc Québécois. Il a représenté le Bloc Québécois au sein de la Commission nationale sur l’avenir du Québec (1995). Il a présidé le Groupe de travail du Bloc Québécois sur l’union économique et les institutions communes et présenté le 8 juin 1995 le rapport du groupe au chef du Bloc Québécois Lucien Bouchard. Il a siégé au nom du Bloc Québécois comme membre du Comité de réflexion et d’action stratégiques présidé par Bernard Landry (1999-2000). Il a été député responsable et rapporteur du Comité d’action et de réflexion stratégique sur la Constitution du Québec (2000-2001).

Il a publié plusieurs ouvrages sur l’avenir politique du Québec, et notamment Nous, peuple du Québec : un projet de Constitution du Québec (2005), Le droit de choisir : Essais sur le droit du Québec à disposer de lui-même (2001), La nation bâillonnée : le plan B ou l’offensive d’Ottawa contre le Québec (2000) et L’avant-projet de loi sur la souveraineté du Québec (1995).

Journal d’une mission en Galice (Jour 3) (27 octobre 2010)

1 novembre 2010


Parlement de Galice

La troisième journée de mission en Galice commence au Parlement de Galice. Le directeur de la Fundaction Galiza Sempre Xabier Macias a comme mission de me faire connaître l’institution parlementaire galicienne et de me faire rencontrer les députés et députées du Bloc nationaliste galacien (BNG) qui y siègent. Né au moment de la création des autonomies en Espagne en 1981, le Parlement de Galice est unicaméral et compte 75 députés. Le Parti populaire y détient une faible majorité de députés puisqu’il a fait élire 38 députés, l’opposition en comptant quant à elle 37, dont 25 du Parti socialiste galicien et 12 du Bloc nationaliste galicien. J’assiste à la période de questions à l’occasion de laquelle le Président de la Galice, désigné par le Parlement, participe à un exercice de « contrôle ». Le porte-parole principal du BNG au Parlement Carlos Aymerich Cano pose la première question et celle-ci est suivie d’une question du chef du Parti socialiste galicien. Je consate qu’en Galice, comme au Québec, cette période est bel et bien une période de questions puisqu’elle ne donne pas vraiment lieu à des réponses !

Après avoir été témoin de ce moment de la vie parlementaire galicienne, le député Aymerich vient me retrouver dans la galerie du public et m’amène à son bureau où nous échangeons sur la situtation politique en Galice et au Québec. Il connaît d’ailleurs le Québec pour y être venu en mission lui-même en janvier 2003 avec une délégation du Bloc nationalise galicien. Je l’ai d’ailleurs rencontré à cette occasion en ma qualité de président du Comité des relations internationales du Parti Québécois et les délibérations de cette rencontre du 9 janvier 2003 sont rapportées dans une brochure publiée par la Fundacion Galiza Sempre sous le titre Quebec : unha Nación – Aproximación á suá política e institucional. Nos discussions portent sur le système parlementaire galicien et notamment sur la question des votes de confiance au Parlement.


Une rencontre avec la présidente du Parlement, madame Pilar Rojo Noguera, est organisée par Carlos Aymerich Cano. Nous nous retrouvons dans le magnifique bureau de la présidente Noguera et je soulève avec elle une question qui me tient à cœur : le décorum parlementaire. Elle me fait savoir qu’il lui est très difficile de maintenir un tel décorum au Parlement de Galice et elle me dit être d’accord avec le principe selon lequel le comportement des parlementaires devrait toujours être dicté par le principe de la dignité. Hélas, cette dignité ne prévaut pas toujours et je lui indique que cette question a fait couler beaucoup d’encre au Québec ces derniers mois en raison des agissements des membres de l’Assemblée nationale.



Le député Carles Aymerich Cano, la présidente du Parlement de Galice
Pilar Rojo Noguera et Daniel Turp

Après la visite au Parlement, je partage un agréable déjeuner avec Xabier Macias et lui pose de nombreuses questions sur la vie interne du Bloc nationaliste galicien. Avec doigté et intelligence, celui-ci me parle des divers courants qui traversent le BNG, de ses générations de leaders et des perspectives d’avenir du parti. Je m’intéresse également à la fondation qu’il dirige et apprends qu’elle jouit d’un financement public dont le niveau est déterminé par le nombre de suffrages obtenus par le Bloc nationaliste gallicien à l’élection générale espagnole. Je lui demande par ailleurs conseil sur les quelques souvenirs que je pourrais rapporter à mes proches et qui me permettraient notamment de soutenir les artisans galliciens.

Le directeur de la Fundacion Galiza Sempre est de bon conseil car je trouverai de la faïence de Sargadelos dans une magnifique galerie de la grande entreprise culturelle sur la rúa Nova. J’y achèterai notamment une belle statuette de Castelao que je compte bien placer dans mon bureau à l’Université de Montréal en compagnie du livre dont Xosé Antón Bao m’ai fait don hier. Je me rends également au musée Azabache dont Xabier Macias m’a également recommandé la visite et j’y admire la beauté d’une spécialité de Compostelle, l’azabache (le jais ou l’ambre noire). L’azabache est une variété de lignite dure, noire et plane qui se prête bien au polissage. Des orfèvres galiciens offrent aujourd’hui aux pèlerins, comme ils le font depuis le XVe siècle, des objets-souvenirs, en particulier des bijoux. Cette pierre précieuse serait « magique » quand elle se présente comme une figa et prend la forme d’un poing refermé sur lui-même montrant un pouce qui ressort entre l’index et le majeur. Elle protégerait ainsi les personnes, en particulier les enfants et les personnes âgées, contre les mauvais sorts qui peuvent être jetées sur elles par le seul regard. Je me suis procuré une figa ainsi qu’un joli bracelet au Museo Azabache de Saint-Jacques-de-Compostelle que vous retrouverez sur la Praza de Cervantes…et qui vaut le détour !

Après ces agréables moments de tourisme culturel, je rentre à l’hôtel où je serai rejoint pas Xabier Macias. Il me dit connaître mon intérêt pour la musique et m’offre généreusement un album intitulé HEPTA du groupe galicien Berrogüetto qu’il a acheté dans une très jolie boutique O Pazo das Musas où la musique est à l’honneur et dont j’ai d’ailleurs léché la vitrine en après-midi. Je lui dis avoir bien hâte de l’écouter.

Ma deuxième intervention, traduite par l’interprète Ana Lulla, porte à nouveau sur « « Les droits collectifs et l’expérience du Québec » et se déroule à la salle de conférences de la Fondation Caixa la Galice située dans un édifice industriel de la ruá do Vilar qui a fait l’objet d’un magnifique recyclage à caractère patrimonial. Après les présentations de Xosé Manuel Beiras et Carlos Aymerich avec lesquels je suis à nouveau réuni, je fais porter mon allocution sur le droit de choisir qu’a conquis le Québec, mais pour lequel il doit continuer de lutter pour préserver sa liberté de déterminer son statut politique et assurer son développement économique, social et culturel. Plusieurs questions viennent de l’auditoire après l’allocution et un échange fort intéressant sur le contenu des questions posées aux Québécois et Québécoises lors des référendums du 20 mai 1980 et du 30 octobre 1995 a lieu avec le constitutionaliste Xavier Vilhar Trilhol. Je poursuis d’ailleurs l’échange avec ce professeur de l’Université de Santiago de Compostela après la conférence et nous nous promettons de maintenir le contact. La soirée se termine autour d’un bon repas en compagnie de Xosé Manuel Beiras à l’occasion duquel la question de l’avenir de la Galice et du Québec est abordée, mais où il est aussi question de culture, et notamment de poésie et de musique qui se révèlent des passions communes.


Daniel Turp et Carlos Aymerich à Fondation Caixa la Galice
Photographie : Tania Ameneiro

En rentrant à mon hôtel, je m’empresse d’écouter le disque que m’a gentiment offert Xabier Macias et découvre une musique dont les rythmes et l’atmosphère ont beaucoup en commun avec ceux de groupes québécois, et notamment avec celle de Beau dommage. Je découvre une voix d’une beauté saisissante, celle de la chanteuse Guadi Galego, et retrouve sur la Toile un vidéo de la chanson Setestrelo que je vous recommande de voir pour apprécier cette musique en cliquant ici. J’y découvre aussi une autre chanson où la voix de Guadi Galego est mariée à celle de Xabier Díaz, qu’accompagne le guitariste Guillerme Fernández. Le blogueur lyrique que je suis apprécie l’Astronauta Lírico que vous pourrez entendre en cliquant ici et dont les paroles sont si belles…et rappellent « Eu, astronauta lirico em terra, Indo a teu lado, leve, pensativo »  ( Moi, astronaute lyrique, sur terre, à tes côtés, léger et pensif).

La valise attendra à demain ! Elle sera prête lorsqu’Alvaro Alonso, mon conducteur et champion de Formule I, me prendra à 9 h 30 à l’Hôtel Rúa Villar pour m’amener à l’aéroport de Vigo. C’est ainsi que prend fin cette dernière journée d’une mission au Galice qui m’a permis de découvrir une autre nation qui lutte pour sa liberté et à l’occasion de laquelle j’ai exprimé la solidarité de la nation québécoise. Un grand merci à Xabier, Manuel, Carlos, Tania et aux autres. Vive la Galice ! Sempre en Galiza ! Galiza Sempre !

Journal d’une mission en Galice (Jour 2) (26 octobre 2010)

28 octobre 2010

Xosé Manuel Beiras, Daniel Turp et Xabier Macias
Photographie : Tania Ameneiro

J’ai décidé de commencer la deuxième journée de ma mission en Galice en explorant, très tôt, la vieille ville de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le soleil met du temps à se lever dans la capitale, mais lorsque ses rayons commencent à pénétrer les rues étroites et les arcades de ses rues historiques, la beauté de cette ville est plus saisissante encore. Je me rends notamment à la Praza da Quintana, située au chevet de la cathédrale, et peut apprécier le silence des lieux, tout en observant des Compostellois et Compostelloises dont la journée de travail vient de commencer. Et avant de rentrer à l’Hôtel et à quelques pas de celui-ci, j’aperçois plusieurs personnes qui, au terme de leur pèlerinage, cherchent refuge à la Delegación Diocesana de Peregrinaciones située au no 1 la Rùa do Vilar… comme en fait foi cette photographie prise en un matin du 26 octobre 2010 :


Pèlerins devant Rùa do Vilar no 1
Photographie : Daniel Turp

J’ai quelques heures de temps libre ce matin avant la conférence de presse qu’a convoquée la Fundacion Galiza Sempre pour présenter le programme des activités qu’ils ont prévues pendant mon séjour et à laquelle il est d’ailleurs fait référence dans le journal Galicia Hoxe sous le titre « Daniel Turp, en Lugo e Santiago, hoxe e mana ». J’en profite pour continuer la rédaction de l’allocution que je dois prononcer à Lugo ce soir, mais également pour travailler, à distance, sur la préparation du cinquième Congrès québécois de droit constitutionnel dont le thème est « La hiérarchie des droits fondamentaux et les accommodements religieux en droit constitutionnel québécois, canadien et comparé ». Je dois également compléter ma chronique relative à « La pratique parlementaire en droit constitutionnel au Québec en 2009 » dont l’inclusion est prévue dans le troisième volume de la Revue québécoise de droit constitutionnel et qui sera lancée lors ce congrès le 29 octobre au salon des professeurs de la faculté de droit de l’Université de Montréal.

L’homme très ponctuel que se révèle être le directeur de la Fundacio Galica Sempre Xabier Macias se présente, tel qu’entendu, à 11 h à mon hôtel et nous nous dirigeons ensemble l’Hôtel Virxe de Circa où je retrouverai le président de la Fondation et l’un des Xosé Manuel Beiras. L’un des leaders historiques du nationalisme galicien, celui-ci continue, après avoir été député du Bloc nationaliste galicien (BNG) au Parlement de Galice, d’œuvrer au sein du BNG, et dirige le mouvement Encontro Irmandinho dont l’objectif est de promouvoir la transparence et la démocratie interne du parti.

Xosé Manuel Beiras

Plusieurs journalistes sont au rendez-vous et la communication sera facilitée par la présence de celle qui deviendra ma traductrice du jour Raquel Gonzalez. Après avoir parlé des objectifs de ma visite et avoir notamment rappelé que nous nous étions retrouvés ensemble à Girona en Catalogne pour participer à la création du Réseau mondial pour les droits collectifs des peuples le 26 avril 2010, Xosé Manuel Beiras me cède la parole. Je fais quant à moi d’abord l’éloge de la beauté de Santiago de Compostela et dis me réjouir de ma première visite en Galice. Je donne un avant-goût du contenu des interventions durant mon séjour et évoque l’importance de respecter les nations et leur droit de choisir leur statut politique. Je parle également du combat pour la langue qui est menée par le Québec et fait le constat que la nation galicienne fait également une lutte courageuse pour promouvoir et protéger sa propre langue. Les média reprendront les propos tenus lors de cette conférence de presse et vous trouverez ci-après les titres des articles journaux publiés le lendemain (et vous pourrez en lire le contenu en cliquant sur le titre) :


« Turp pídelle a Madrid que respecte a nación galéga » (Galicia Hoxe)
« O vicepresidente do Partido de Québec destaca que ” nacións como Galicia” poden ser “viables”
como ” Estado soberano
» (Europa Press)

« El vicepresidente del Partido de Québec destaca que “naciones como Galicia” pueden ser “viables” como “Estado soberano” » (20 minutos)

« Beiras: “Esta Xunta nos somete a la analfabetización” » (El Pais)

Après la conférence de presse, je rencontre des membres du Patronat (du Conseil) et des collaborateurs de la Fondation Galiza Sempre et répond à plusieurs questions sur la situtation politique. J’en profite également pour en savoir davantage sur le nationalisme gallicien et m’intéresse en particulier à nouveau projet de réforme du Statut d’autonomie de la Galice qu’a formué le Bloc nationaliste galicien et que j’ai retrouvé sur la Toile la veille et dont Xabier Macias Virgos m’a remis copie durant. Vous pouvez en prendre connaissance en cliquant ici.

Après un agréable déjeuner à l’Hôtel Virxe de Circa et des échanges avec Gonzalo Constenla, qui est secrétaire aux relations extérieures et à l’immigration du Bloc nationaliste gallicien et professeur à l’Université de Vigo (et qui part quant à lui pour une mission en Palestine), je retrouve mes quartiers de la Rùa do Vilar. J’y complète la rédaction de mon allocution et transmets celle-ci à Tania Ameneiro qui est la collaboratrice de Xabier Macias à la Fondation et qui a pour mission de faire suivre le document à ma traductrice Raquel pour faciliter le travail de traduction qu’elle poursuivra en soirée à Lugo.

Nous prenons la route vers al ville de Lugo qui est située au nord de la Galice et q’un trajet d’une heure en voiture sépare de Santiago. Pendant le trajet, Xabier Macias Virgos reçoit un appel d’Ana Miranda Paz, que j’ai rencontrée au Québec lors de la mission du Bloc nationaliste galicien en 2003 et qui a été élue député au Parlement européen le 7 juin 2009. Elle veut me parler ! Et j’en suis ravi ! J’apprends qu’elle partage son siège avec Oriol Junqueras Vies, un élu du parti indépendantiste catalan Esquerrra Republica Catalunya, qu’elle commencera à siéger en quant à elle en 2011. Nous promettons de garder le contact et de nous retrouver à Bruxelles ou Montréal bientôt.


Nous arrivons à Lugo. Mes lectures préparatoires m’ont permis de constater que l’UNESCO avait inscrit sur sa Liste du patrimoine mondial les remparts romains qui ceinture la ville de Lugo et j’anticipe le plaisir d’y marcher. Après avoir localisé le Palais de la Deputacion de Lugo où la conférence aura lieu à 20 h, Xabier, Tania et moi-même allons faire une promenade sur la muraille que la photographie suivante aura immortalisée :

Xabier Macias et Tania Ameneiro sur la muraille de Lugo

Pendant cette promenade, j’apprends d’ailleurs que pour appuyer la demande d’inscription de ce moment sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO les citoyens et citoyennes de Lugo ont eu un éclair de génie : ils ont recouvert les parois des remparts de milliers de livres…et de toute évidence cette idée originale n’a pas nui puisque l’inscription de la muraille de Lugo a été acceptée par l’organisation en 2000. Le temps ne nous permet pas de boucler la boucle et nous rentrons au Palais de la Deputacion, non sans avoir remarqué le souci qu’ont les architectes d’harmoniser leurs constructions nouvelles avec le décor historique, mais l’insouciance d’autres architectes qui n’ont pas, de toute évidence, une vision holistique d’un paysage de caractère patrimonial.

Après des chaleureux mots d’accueil par le vice-président de la Deputacion, M. Anton Bao, et une présentation de Xabier Macias Virgos, je fais porter mon allocution sur « Les droits collectifs et l’expérience du Québec ». J’y mets l’accent sur la conquête par le Québec du droit de choisir son statut politique et aborde également la lutte du Québec pour sauvegarder sa langue nationale.

Daniel Turp, Anton Bao et Xabier Macias Virgos
Photographie : Tania Ameneiro

Je conclus mon exposé, dont vous pouvez lire le texte intégral en cliquant ici, en ces termes :

S’agissant des droits collectifs, l’expérience du Québec révèle que de tels droits ne sont jamais acquis et que leur respect est à bien des égards lié au combat collectif qui est mené par la nation. Dans une période où la mobilisation des citoyens et des citoyennes est difficile, il ne faut toutefois baisser les bras et il faut persévérer. L’histoire du Québec est parsemée de luttes visant à faire respecter les droits collectifs de sa nation et cette lutte se poursuit, comme celle de la nation galicienne avec laquelle je suis maintenant plus familière et qui pourrait elle aussi être une source d’inspiration pour les Québécois et les Québécoises qui veulent, avec les autres nations du monde, participer à la vie collective de l’Humanité.

Une période de questions aussi intéressante qu’animée suit l’allocution et je constate que la question du droit de choisir son avenir politique a suscité un intérêt puisqu’un tel droit semble ne pas vouloir être reconnu à la Galice, comme aux autres nations historiques que sont la Catalogne et le Pays basque, par l’État espagnol. Je conviens avec Xabier Macias  Virgos que je mettrai l’accent sur cette dimension de l’expérience du Québec lors de mon allocution du lendemain à Santiago de Compostela.

La journée a été stimulante et nous rentrons dans la capitale. Avant de tomber dans les bras de Morphée, je décide de découvrir cette radio nationale galicienne dont on m’a parlé pendant la journée. Dotée d’une télévision publique, la nation galicienne a également créé sa propre radio publique. Radio Galega offre une programmation en langue galicienne qui est diffusée sur trois chaînes distinctes et vous pourrez l’écouter en direct, comme je l’ai fait, en cliquant ici. La chaîne musicale offre une programmation mettant l’accent sur une musique populaire, que j’ai appréciée à sa juste mesure !

Et je n’ai pu m’empêcher avant de fermer les yeux de feuilleter les pages du magnifique livre dont m’a fait cadeau Anton Bao en quittant le Palais de la Deputacion de Lugo et qui présente la vie, mais aussi l’œuvre, du grand nationaliste galicien Castelao!

Journal d’une mission en Galice (Jour 1) (25 octobre 2010)

26 octobre 2010

Ma mission en Galice a commencé en beauté. Cette beauté est celle de la vieille ville de Saint-Jean-de-Compostelle que j’ai commencé à explorer avec Xabier Macías Virgós, le directeur de la Fundación Galiza Sempre avec lequel j’ai rendez-vous à 19 h 30. Celui-ci a la gentillesse de me faire découvrir la vieille ville de Saint-Jacques-de-Compostelle avant le dîner. De la magnifique Praza de Obrador, j’apprécie les monuments romans, gothiques et baroques de cette ville où s’achève le célébrissime pèlerinage et ai visite la magnifique cathédrale que je photographie juste avant le coucher du soleil.


Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle
Photographie : Daniel Turp

J’admire le glabe central de la Cathédrale qui accueille une statue de Saint-Jacques, la Tour de l’Horloge, le Portail des Orfèvres, le Palais Raxoi où siège le Conseil municipal et le magnifique Hostal Dos reyes Católicos (Hôpital des Rois catholiques) qui a été transformé en parador du tourisme placée sous la responsabilité d’une entreprise d’État espagnole chargé d’administrer de hôtels de grande catégorie.


Hostal Dos Reyes Católicos

Durant le repas qui suivra cette courte visite, Xabier Macias me rappelle que je suis l’invité de sa Fundación Galiza Sempre, dont le nom est tiré du titre (Sempre en Galiza) d’un essai politique d’Alfonso Daniel Rodriguez Castelao, l’une des grandes figures du nationalisme gallicien. La Fondation est le bras intellectuel du Bloque nationalisca galago (BNG) qui est le parti faisant la promotion du droit pour la nation galice de choisir son statut politique et qui compte 12 députés au Parlement de la Galice, deux députés et un sénateur aux Cortes Generales (Parlement espagnol) et une députée qui occupera, à compter de 2011, un siège au Parlement européen.



Xabier Macias Virgós

Durant cette brève mission qui commence aujourd’hui le 25 octobre et se terminera le 27 octobre, l’on m’a demandé de partager l’expérience du Québec sur la question des droits collectifs. Je compte parler de la conquête par le Québec de son droit de choisir son statut politique, mais également des difficultés de faire appliquer son droit collectif de choisir le français comme langue officielle et nationale. Ma première conférence aura lieu à Lugo qui se situe au Nord-Est de Santiego de Compostela et la deuxième se déroulera dans la capitale même.


Je termine la rédaction de compte-rendu de ma première journée mission en Galice en me comptant fort chanceux d’être logé dans le très joli Hotel Rúa Villar où, m’a-t-on dit, Pedro Almadovar vient de tourner des scènes de son dernier film. Une galerie d’art permanente présente des toiles et lithographies de Joan Miró et d’Antoni Tàpies et une très belle verrière, que j’ai aussi photographiée, orne le toit. Et il est temps de se mettre au lit, de lire un peu…avant de tomber dans un sommeil que j’espère…profond !

La verrière de l’Hotel Rúa Villar
Photographie : Daniel Turp

Garder le cap sur la souveraineté et se préparer à agir en gouvernement souverainiste

23 octobre 2010

Notes pour une allocution devant le Conseil national du Parti Québécois

Saint-Hyacinthe, Québec
(25 octobre 2010)

Madame la Chef du Parti Québécois,
Monsieur le Président du Parti Québécois, cher Jonathan,
Mesdames, messieurs les délégués et déléguées du Conseil national,
Mesdames et messieurs,

J’ai le plaisir de vous faire rapport sur les travaux de la Commission politique dont le mandat est, selon les Statuts de notre Parti Québécois, de soutenir « le processus d’élaboration du programme et des positions du Parti ».

Depuis la présentation de mon dernier rapport, que j’effectuais par l’image lors du Conseil national de Drummondville le 16 mai dernier, la Commission politique s’est acquittée de sa responsabilité d’examiner le projet de Proposition principale formulée par le Comité de la proposition principale aux travaux duquel j’ai participé en ma qualité de président de la Commission politique. Les recommandations formulées par les membres de la commission ont été dûment tenues en compte lors des délibérations finales du Conseil exécutif national. La Proposition principale, qui a été rendue publique le 19 juin lors de notre dernière Conférence nationale et dont j’ai présenté le contenu avec Jonathan Valois, est vue par la commission comme un document de travail dont les membres du Parti Québécois pourront, comme les premiers congrès de circonscription en témoignent, s’approprier et auquel des améliorations pourront être apportées. C’est une Proposition principale, bonifiée par les membres, qui est appelée à devenir le nouveau Programme du Parti Québécois après les délibérations de notre XVIe Congrès national, et à guider notre action durant les mois qui suivront. Elle sera aussi le socle à partir duquel sera élaboré notre prochain manifeste électoral et il importe dès lors qu’elle continue d’être examinée avec toute la rigueur dont sont capables les membres de notre parti.

La Proposition principale garde le cap sur la souveraineté. À ceux et celles qui laissent étendre que le Parti Québécois n’aurait pas l’ambition de faire du Québec un pays, je rappelle que le premier chapitre de la Proposition principale affirme que « le Parti Québécois a pour objectif ‘’ premier ‘’ de réaliser la souveraineté du Québec » et qu’un gouvernement du Parti Québécois déploiera son Plan pour un Québec souverain. Il posera des gestes, des gestes structurants, aux fins de mettre en œuvre ce plan, qu’il s’agisse de la proclamation d’une Constitution et l’institution d’une citoyenneté québécoises ainsi que l’élaboration d’une Charte de la laïcité, de même que l’adoption d’une nouvelle Charte québécoise de la langue française dont les dispositions auront notamment pour effet d’abroger l’inique loi 103 adoptée il y a quelques et consacrant le droit d’acheter l’accès à l’école publique anglophone. Il nous appartiendra de confirmer au Congrès que de tels gestes structurants, et bien d’autres encore seront posés, comme ceux que nous poserons pour être « Maîtres de nos ressources » et sur lesquels nous échangerons en plénière cet après-midi, pour nous préparer un prochain gouvernement du Parti Québécois à agir en gouvernement souverainiste.


S’agissant d’ailleurs de la souveraineté et de notre Plan pour un Québec souverain, l’avis de la Cour internationale de Justice sur le Kosovo du 22 juillet 2010 s’avère d’une importance déterminante pour le Québec et fait avancer la cause des indépendantites d’ici. La Serbie n’a pas réussi à convaincre l’organe judiciaire principal des Nations Unies que son refus de consentir à l’accession du Kosovo à l’indépendance empêchait celui-ci de déclarer de son indépendance et que la déclaration, même unilatérale, était contraire au droit international. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de presenter mes vues au Comité national des jeunes du Parti Québécois sur cet avis en août dernier et débattre, à l’invitation du Parti Québécois de Jean-Talon, avec nul autre que Stéphane Dion et devant les étudiants et étudiantes de l’Université Laval en septembre, sur les enseignements de l’avis de la CIJ pour le mouvement souverainiste du Québec.

Cet avis conforte la cause de ceux et celles qui luttent, aux quatre coins du monde, pour que les nations puissent choisir librement leur statut politique et accéder, si telle est leur volonté, à la souveraineté et à l’indépendance. Tel est le cas des Soudanais du Sud dont j’ai eu l’occasion de rencontrer des représentants cet été et qui auront l’occasion, le 9 janvier 2011, de se prononcer sur leur avenir politique et d’opter pour l’indépendance nationale. Il en va de même pour les gens de la Galice qui, comme les citoyens et citoyennes de la Catalogne et du Pays basque, gèrent une communauté autonome, mais aspirent, nombreux et nombreuses, à l’indépendance pour leur nation. À l’invitation du Bloc nationaliste galicien, j’irai d’ailleurs la semaine prochaine à la rencontre des Galiciens et Galacie dans leur célébrissime capitale de Saint-Jacques-de-Compostelle et participerai ainsi à l’offensive diplomatique de notre formation politique auprès de nations alliées, comme celle que Louise Beaudoin et Alexandre Cloutier ont mené auprès des partis politiques français avec le succès que l’on connaît et qui méritent toutes nos felicitations.

*****

Le Parti Québécois doit soutenir et accompagner sa chef Pauline Marois qui garde le cap sur la souveraineté. J’ai pleine confiance en notre chef et ai acquis la conviction profonde qu’elle entend réussir le pays du Québec en posant des gestes d’un véritable gouvernement souverainiste et à doter le Québec du statut qu’il mérite : celui d’un État indépendant et souverain capable, pour reprendre le thème de notre Proposition principale, « d’agir en toute liberté ».

Je vous souhaite de bonnes délibérations en Conseil national et vous remercie.

L’avis sur le Kosovo fait avancer la souveraineté

1 août 2010

Une version abrégée de cet article a été publiée dans l’édition du journal La Presse du 31 juillet 2010 (p. A-23)


Palais de la Paix, La Haye, Pays-Bas
Siège de la Cour internationale de Justice

Depuis la formulation par la Cour internationale de Justice (CIJ) d’un avis sur la Conformité au droit international de la declaration unilatérale d’indépendance relative au Kosovo le 22 juillet dernier, plusieurs opinions ont été exprimées sur la portée de cet avis, et notamment sur les enseignements qui peuvent en être tirés pour le Québec. L’intérêt pour le Québec des dicta de l’organe judiciaire principal des Nations Unies est notamment révélé par le fait que la Cour cite l’avis donnné par la Cour suprême du Canada dans le cadre du Renvoi sur la secession du Québec. La CIJ cite l’avis du tribunal canadien de dernière instance pour distinguer la question qui lui est posée de celle que le gouvernement du Canada avait présentée à la Cour suprême du Canada, alors que le juge Koroma fait également également référence à l’avis dans son opinion dissidente pour appuyer l’argument selon lequel la CIJ aurait dû, selon lui, affirmer que le droit international n’accorde pas expressément aux parties constituantes d’un État souverain le droit de faire sécession de l’État « parent ».

Ce qu’illustre vraiment l’avis de la CIJ sur le Kosovo, c’est non pas, comme l’a prétendu dans les pages de La Presse l’instigateur de la Loi sur la clarté, le député Stéphane Dion, qu’il est « difficile d”obtenir la reconnaissance internationale dans le cadre d’une secession unilatérale » (il n’est d’ailleurs aucunement question d’obtention de reconnaissance dans l’avis), mais plutôt le fait que les juges ont refusé de faire dire au droit ce qu’un État, en l’occurrence la Serbie, voulait lui faire dire pour contrer la volonté du Kosovo d’accéder à la souveraineté et à l’indépendance.

Ainsi, en refusant de dire qu’une déclaration d’indépendance unilatérale était contraire au droit international général et en précisant que la pratique, à la fois des États et du Conseil de sécurité des Nations Unies, ne révélait aucune interdiction générale des déclarations unilatérales d’indépendance, la Cour internationale de Justice a refusé à l’État « parent » serbe un argument d’autorité fondé sur le droit. L’attitude de la CIJ n’a pas été très différente en cela de celle de la Cour suprême du Canada qui avait non seulement omis de répondre par OUI ou NON aux deux questions l’invitant à nier le droit de sécession du Québec, mais avait plutôt affirmé que le Québec détenait, sur la base de principes constitutionnels, « le droit de chercher à réaliser à la secession. « L’arroseur arrosé », pourrait-on affirmer à l’égard de la Serbie et du Canada qui croyaient, à tort, que les tribunaux conforteraient leurs arguments et qui, au contraire, les ont refutés.

Dans cette perspective, l’avis de la Cour internationale de Justice fait avancer la cause de ceux et celles qui plaident, aux quatre coins du monde, pour que les nations puissant choisir librement leur statut politique et accéder, si telle est leur volonté, à la souveraineté et à l’indépendance. Une telle volonté doit être exprimée par les nations et leurs institutions et ne devrait d’ailleurs pas être assujettie à celle de l’État « parent ». C’est pourtant là l’objet inavoué de l’inique Loi sur la clarté adoptée à l’encontre de la volonté de majorité des députés québécois de la Chambre des communes et que tous les partis politiques du Québec ont récusée. On se serait d’ailleurs attendu de l’ancien ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, qui suggérait dans les pages de La Presse également que les souverainistes et fédéralistes n’avaient « [p]as de quoi pavoiser » devant l’avis de la CIJ, qu’il dénonce à nouveau cette loi et ne se limite pas à évoquer la question de sa pertinence et sa conformité au renvoi de 1998.

*****

La volonté des peuples d’accéder à la souveraineté et à l’indépendance résulte souvent, et généralement, du refus pour les États souverains de donner suite à des demandes légitimes d’autonomie politique et de respect des identités nationales. En ce sens, mais avec les distinctions qui s’imposent et les exactions en moins, le Québec n’est pas très loin du Kosovo. Le Canada refuse non seulement de satisfaire les attentes constitutionnelles du Québec, mais il continue de porter atteinte à son autonomie en réclamant des competences exclusives dans le domaine des valeurs mobilières et en exerçant un pouvoir de dépenser dans plusieurs matières d’importance fondamentale pour la nation québécoise. C’est la raison pour laquelle le combat pour l’indépendance nationale du Québec continue pour que le Québec puisse accéder au statut d’État souverain et ainsi agir en toute liberté.

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Pour entendre la lecture (en langue anglaise) de l’avis par le président de la Cour internationale de Justice, (CIJ) son Excellence le juge Hisashi Owada et la lecture du dispositif (en langue française) par le registraire, M. Philippe Couvreur, cliquez ici.


Hisashi Owada
Président de la Cour internationale de Justice


L’avis de la CIJ a suscité l’intérêt des deux éditorialistes de presse québécoise : l’éditorialiste en chef de La Presse André Pratte a affiché un éditorial dans le site cyberpresse.ca du dimanche 25 juillet 2010 sous le titre « Le Kosovo, c’est loin du Québec. Dans tous les sens du mot » et  la rédactrice en chef du journal Le Devoir Josée Boileau a intitulé son éditorial, paru dans l’édition du samedi 31 juillet-dimanche 1er août 2010, « Avis sur le Kosovo- Obstacle levé ».

Catalogne- Journal d’une deuxième observation internationale (Jour 5- Lundi 26 avril 2010)

15 juillet 2010

Palau de la Musica à Barcelone
Photographie : Daniel Turp

En ce lendemain de référendum, je prends le petit déjeuner avec des collègues qui logent comme dans le charmante auberge Bellmirall et nous échangeons sur notre travail d’observateur international de la veille. Je discute également également avec l’aubergiste qui a tenu à voter quant à elle et qui affiche ses convictions, comme elle tient à me le rappeler, en plaçant sur la façade de son établissement la bandera estelada (le drapeau indépendantiste catalan) dont le motif à quatre barres rouges sur fond d’or du est augmentée à son hissant d’un triangle bleu chargé d’une étoile blanche. Je la remercie pour son hospitalité et lui dis que je compte bien revenir un jour, à Girona, en touriste pour apprécier les attraits patrimoniaux, muséologiques et culturels de cette ville magnifique.

Avec mes collègues, je retourne sur à la Facultat de Ciencies Economiques de la Universitat de Girona (Campus de Montilivi) pour assister à la séance clôture du Forum mondial pour les droits collectifs des peuples. Je participe activement aux débats entourant l’adoption de la Déclaration fondatrice du Réseau mondial sur les droits collectifs des peuples qui comprend un énoncé de principes et trois parties relatives à l’identité et aux objectifs, à l’organisation et à l’agenda du réseau. Je reproduis la déclaration telle qu’amendée et adopté en annexe de la présente. Je compte être actif au sein de ce Forum dont le secrétariat international devrait être assumer par le Centre internacional Escarré per a les minories ethniques il les nacions (CIEMEN). Après avoir salué Aureli Argemi du CIEMEN et mes camarades du nouveau Réseau mondial pour les droits collectifs des peuples, je me rends à la gare de Girona et prends un train en direction de Barcelone où j’ai terminerai mon séjour en pays catalan non sans y avoir prévu une sortie culturelle…pour honorer la culture nationale catalane !

Mon séjour en Catalogne s’achève en beauté puisque je découvre, comme me l’ont suggéré plusieurs amis mélomanes, le magnifique Palau de la Musica Catalana (Palais de la musique catalane). Construite entre 1905 et 1908, cette magnifique salle de concert est l’œuvre de l’architecte Lluis Domenech i Montaner et est inscrite sur la liste du patrimoine mondial. L’UNESCO la décrit comme « une construction exubérante à armature d’acier, pleine de lumière et d’espace, décorée par de nombreux grands artistes de l’époque ». Après avoir bien apprécié la beauté de cet édifice patrimonial, j’assiste au concert présenté par la Cobla la principal del Llobregat où les cuivres sont à l’honneur et les percussions latines de Roger Soler envoûtantes.

Cette deuxième expérience d’observation internationale s’est avérée aussi enrichissante que la première. J’étais fier d’être à nouveau associé à un processus d’autodétermination qui s’inscrit dans la quête d’une plus grande liberté pour la nation catalane. D’ailleurs, d’autres rendez-vous référendaires sont prévus dans les prochains mois, à Sabadell le 20 juin et à Barcelone le 10 avril 2011 ! Je rentre maintenant au Québec, en une patrie pour laquelle je revendique aussi la liberté!

ANNEXE

Déclaration fondatrice du Réseau mondial sur les droits collectifs des peuples

Texte amendé et adopté


En tant que participants du « Forum mondial pour les droits collectifs des peuples », nous espérons que le Réseau dont nous prenons l’initiative aujourd’hui à travers la présente déclaration constitue avant tout, pour l’avenir, un lieu de rencontre entre tous les peuples du monde, qu’ils soient reconnus ou non. Nous souhaiterions que ce forum constitue une avancée pour l’humanité, avec pour objectif le respect de tous les peuples, de leur entité et de leur dignité, sans exception et en toute égalité.


La reconnaissance des droits collectifs : une notion incontestable


Nous sommes conscients que de nombreuses personnes ne partagent pas ces attentes. Nous pensons à ceux qui ne croient pas en l’existence réelle des droits collectifs des peuples et qui affirment que leur défense ne constitue en aucun cas un modèle pour tous ; à ceux qui pensent que la défense des droits collectifs des peuples dévalorise les droits de l’homme individuels car ce sont, selon eux, les seuls droits acceptés et reconnus par les instances internationales les plus représentatives, dont l’ONU. On compte même parmi les opposants des droits collectifs des peuples, des personnes dont les positions progressistes pour la défense des droits de l’homme sont incontestables.


Un long chemin vers la reconnaissance des droits collectifs des peuples


Malgré toutes ces objections, le niveau d’acceptation et de compréhension des droits collectifs des peuples a énormément évolué au cours de ces dernières années. L’ONU en est devenue la garante en les mentionnant explicitement dans la « Déclaration sur les droits des peuples autochtones », adoptée en 2007. Cette déclaration représente l’aboutissement de la lutte en faveur de la dimension collective des droits de l’homme ayant débuté par une série de conventions économiques, sociales et culturelles promulguées dans les années 60, même si elles ne mentionnaient pas clairement les droits collectifs.

Toutefois, la formulation et la définition de cette déclaration sont loin d’être satisfaisantes, car elles donnent lieu à des interprétations arbitraires, notamment en ce qui concerne le droit collectif le plus fondamental : le droit à l’autodétermination.

Le respect de ce droit dépend en effet des instances internationales, qui décident des critères qui définissent certaines communautés en tant que peuples, quoique aucune définition du terme « peuple » ne soit pas encore reconnue de manière unique et universelle.


Ces lacunes indiquent clairement qu’il reste encore un long et difficile chemin à parcourir avant que les droits collectifs des peuples apparaissent en tête de liste des valeurs de l’humanité et soient considérés comme des droits essentiels à la construction d’une cohabitation démocratique, juste et pacifique.


L’histoire, y compris contemporaine, et même l’actualité montrent que la négation de l’existence des peuples et de leur culture propre, la limitation de leurs choix et les traitements discriminatoire dont ils ont été ou sont encore victimes, a été de tout temps et est encore, source de conflits, de violences, de négation des droits de l’homme, pouvant aller jusqu’aux pratiques génocidaires.


Nous affirmons en conséquence que l’égalité de reconnaissance et de droits pour tous les peuples dans le concert de l’humanité est l’une des conditions fondamentales de la paix dans le Monde. Nous voulons être acteurs de cette démarche majeure pour la Paix.


Nous savons que pour réussir ce pari, nous devons, en tant que membres de peuples non reconnus, nous positionner en faveur de la libération des peuples afin de nous convertir en pionniers, mais aussi en intermédiaires et médiateurs pour l’élaboration d’un réseau d’unions et de coopération entre toutes les personnes soucieuses des droits de l’homme. Les précédents dans ce domaine représentent pour nous une source de motivation et de soutien pour l’accomplissement de cette tâche. En effet, il est important de rappeler, en premier lieu, que des représentants de plusieurs nations sans état, en particulier des nations autochtones d’Amérique, ont réussi à introduire dans l’agenda du Forum social mondial de 2009 (qui a eu lieu à Belém, dans l’état de Pará, sur les terres des peuples indigènes du Brésil) la question des droits collectifs des peuples comme sujet essentiel pour la construction d’un autre monde. Ce succès a permis d’attirer de nombreuses personnes qui se sentaient jusqu’alors désintéressées ou étrangères à ces droits, qui leur semblaient secondaires par rapport à tous les autres problèmes qui touchent l’humanité. Les propositions qui sont apparues lors de cette session du Forum social mondial (en particulier lors de l’événement intitulé Espace pour les droits collectifs des peuples) ont été inspirées par la « Déclaration sur les droits collectifs des peuples », écrite par des experts du monde entier et diffusée par la CONSEU (Conférence sur les nations sans état d’Europe) en 1990. La « Déclaration universelle sur les droits des peuples autochtones » a permis de défendre les arguments cités.


Les droits collectifs des peuples comme fondement d’un monde plus juste


De ces initiatives est née la conviction, de plus en plus répandue, que c’est en respectant les droits collectifs des peuples que nous arriverons à respecter les droits de l’homme individuels, et non l’inverse.


En effet, si les droits d’un peuple ne sont pas respectés à l’égal des autres peuples (en particulier le droit à l’autodétermination et à la souveraineté), les droits individuels des membres de ce peuple deviennent par conséquent limités : leur langue sera dévalorisée, la défense de leur culture ne sera pas prioritaire, la présence de leur peuple sur la scène internationale sera réduite, etc.


De ce point de vue, les droits collectifs des peuples apparaissent comme une condition nécessaire pour rendre le monde plus humain, dans le cadre de l’altermondialisme apparu dans le contexte de la mondialisation, de la crise des civilisations et de l’affirmation des valeurs qui permettront de convertir une utopie en réalité : la possibilité d’envisager un monde différent.


Malgré ces faits et ces constatations, il est évident que l’humanité ne dispose pas des moyens suffisants pour défendre la cause des droits collectifs des peuples, bien qu’ils soient essentiels à la construction d’une démocratie et d’une cohabitation assurant un futur pour tout le monde, sans aucune frontière.


Pour participer à la création de ces moyens fondamentaux, notre groupe, formé de personnes et organisations appartenant à des nations sans état, a décidé d’instaurer un « Réseau pour les droits collectifs des peuples » fondé à Gérone, ville historique du peuple catalan. Nous nous engageons à travailler dans le but de rassembler progressivement le plus grand nombre de personnes et de peuples.


Identité et objectifs


Le Réseau mondial pour les droits collectifs des peuples est un espace commun regroupant les mouvements et les organisations du monde entier qui agissent pour la reconnaissance, la promotion et la mise en oeuvre de ces droits.

Il s’agit d’un espace ouvert aux associations, aux organisations, aux mouvements sociaux, syndicaux et politiques dont la priorité est de promouvoir et de défendre démocratiquement les droits collectifs des peuples ainsi que leur droit à l’autodétermination.


Ce réseau est apparu dans le cadre du Forum social mondial (FSM), lors de l’édition 2009, à Belém. C’est pourquoi le Réseau mondial pour les droits collectifs des peuples s’inscrit dans la démarche et intègre les principes exposés dans la Charte du FSM, qui en est devenue l’une des références principales. Le Réseau participe activement au FSM et apporte des sujets de débats et des propositions, conjointement avec les autres mouvements et groupes de défense qui en font également partie.


Le Réseau, s’organisera et travaillera partout dans le monde pour :

  • la coordination et l’articulation des acteurs sociaux et politiques internationaux qui travaillent en faveur des droits collectifs des peuples ;
  • la légitimation des droits collectifs des peuples dont l’existence n’est pas pleinement reconnue dans l’ordre juridique international public ;
  • la reconnaissance du droit à l’autodétermination au-delà des territoires reconnus comme étant des colonies par les Nations Unies, pour l’étendre à tous les peuples qui souhaitent exercer démocratiquement leur droit de décider ;
  • la défense pour la reconnaissance des droits collectifs des peuples au sein des institutions et des organismes internationaux, en particulier aux Nations Unies ;
  • le soutien aux mouvements et aux organisations qui luttent pour leurs droits collectifs partout dans le monde ;
  • la recherche et l’application de modèles démocratiques et de formes politiques d’organisation de la société, qui dépassent les limitations de l’actuel modèle étatique, pour être plus inclusives, participatives, respectueuses de la diversité et des droits de l’homme individuels et collectifs dans le but de construire des sociétés plus démocratiques, justes et durables ;
  • la défense (face à tous les types d’agressions) du territoire, des langues et des cultures et des biens naturels, en tant que patrimoine de l’humanité et éléments essentiels à l’existence des peuples ;
  • la dénonciation de toute forme de répression allant à l’encontre de la défense légitime et de la cause des droits collectifs des peuples.

Organisation


Pour atteindre ces objectifs, l’organisation du Réseau mondial des droits collectifs des peuples s’articulera autour des composants suivants.


Une assemblée générale qui aura lieu tous les deux ans, avec la participation de tous les membres afin de débattre et de définir l’agenda politique et l’organisation du réseau.


Des groupes de travail, approuvés par l’assemblée générale, pour développer les débats, les initiatives et autres activités spécifiques. Ces groupes de travail se présenteront sous deux formes : des groupes thématiques et des groupes par type d’organisation. Le deuxième type pourra inclure : des associations, des syndicats et des mouvements politiques.


Chaque groupe disposera d’une équipe organisatrice chargée de la coordination sur une période d’un an (pouvant être prolongée d’un mois maximum).


Un groupe d’orientation formé des organisations coordinatrices des groupes de travail et du secrétariat international.

Un service de secrétariat international chargé des fonctions générales de coordination et de dynamisation.


Agenda

Pour la période 2010-2011, le Réseau mondial pour les droits collectifs des peuples entreprendra les activités suivantes :


  • Convoquer et organiser la Deuxième assemblée générale .
  • Légitimation du Réseau en tant qu’association internationale
  • Demande d’entrée au conseil international du FSM (Forum social mondial)
  • Participation au processus de crise de civilisation et de paradigmes alternatifs dans le cadre du FSM
  • Organisation d’un espace pour les droits collectifs des peuples lors du FSM 2011 à Dakar
  • Développement des moyens de communication électroniques nécessaires au fonctionnement interne de l’organisation et à la communication externe.
  • Organisation d’une rencontre publique décentralisée pour la défense des droits collectifs des peuples autour du 12 octobre de chaque année.
  • Démarches pour participer à tout rencontre pour défendre les droits collectifs des peuples au sein de l’ONU.
  • Structuration d’un groupe de travail de juristes formé et organisé pour assister les organisations et groupes des nations sans état dans la mise en oeuvre des recours pertinents devant les structures et instances internationales de contrôle du respect des droits des peuples figurant dans les normes internationales existantes ou de sanction des manquements à ces mêmes droits.

Catalogne- Journal d’une deuxième observation internationale (Jour 4- 25 avril 2010)

30 avril 2010

JOUR DU SCRUTIN

Tous sont au rendez-vous ce matin ! J’aperçois le président du CIEMEN Aureli Argenti sur le pont près la Plaza Catalunya de Girona et lui serre la main en un jour qu’il considère important pour sa nation catalane. Mon camarade observateur, le syndicaliste corse Jean-Luc Morucci, arrive à son tour… au pas de course ! Nous retrouvons Joan Albareda i Serra, notre accompagnateur de la journée. Après avoir salué d’autres accompagnateurs, nous prenons la route et Joan nous présente le programme de la journée. Nous commencerons notre mission d’observation dans la ville d’Olot et la terminerons dans celle de Lladó. Nous visiterons aussi les municipalités de de Vilanant. Et nous rentrerons en fin de journée à Girona pour le dévoilement des résultats à la Casa de cultura (Maison de la culture).

Narcis Ribes, qui est maire de la municipalité de Montagut et un élu de la nouvelle formation indépendantiste Reagrupament, nous accueille à Olot. C’est avec lui que nous ferons la tournée des bureaux de scrutin (col·legis electorals). Nous nous rendons à un premier bureau de scrutin et y retrouvons une chef de scrutin qui tient à inviter de vive voix, et à 9 h précises, les électeurs et électrices à voter. J’ai d’ailleurs saisi ce moment démocratique, qu’observe également le président du CIEMEN Aureli Argemi sur la photographie ci-après :

Pendant la matinée, nous effectuons la visite de cinq autres bureaux de scrutin situés dans le centre de la ville d’Olot. Mon collègue Jean-Luc Morucci et moi-même faisons nos devoirs d’observateurs en posant des questions sur l’identification des électeurs et des électrices ainsi que sur la neutralité du personnel électoral. Dans l’un des bureaux de scrutin, mon collègue corse me fait d’ailleurs remarquer que les bulletins du OUI sont en plus grand nombre que les bulletins du NON sur les tables. Il suggère, avec raison, qu’il pourrait s’agir d’une atteinte à la neutralité. Le personnel électoral accepte de corriger la situation et de mettre, s’agissant du nombre de bulletins visibles, le OUI et le NON à armes égales. Après la visite des bureaux de scrutin d’Olot, nous nous rendons au quartier général pour rencontrer le responsable de l’ensemble des bureaux de scrutin dans la ville d’Olot. Le notaire Alfons López Tena est sûr de lui et nous présente à 13 h les données préliminaires de participation (Avenç de participation) qui révèlent que 4 977 personnes sur une possibilité 27 633 ont voté (les votes par anticipation ont été intégrés à ces données), soit une proportion de 18,01 %. Je note que le document qu’il nous présente compare cette proportion des voix exprimées aux pourcentages obtenus à la même heure lors des dernières élections aux parlement européen (18, 62 %), catalan (25,49 %) et espagnol (40, 08 %) ainsi que lors des referenda sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe (22,10 %) et sur le nouveau Statut d’autonomie de la Catalogne (23, 80 %).

Nous prenons la direction de la petite commune de Cistella où nous allons observer le votation dans son bureau de scrutin unique…situé à l’entrée d’un restaurant ! Après avoir salué les deux officiers électoraux, nous sommes accueillis par le propriétaire du restaurant qui a consenti à ce que son établissement puisse servir la démocratie catalane. Le repas est d’ailleurs l’occasion pour moi de faire remarquer les bulletins de vote qui sont utilisés dans les différentes villes comportent de légères différences, certains faisant référence à la « Catalunya » et d’autres utilisant les mots « nació catalunya ». Ils comportent par ailleurs tous la mention « intégrât en la Unió Europea », ce qui n’était pas le cas lors du scrutin que j’avais observé lors de la première vague de consultations populaires le 13 décembre 2009. Nous sommes rejoints à Cistilla par Núria Casademont qui assume des responsabilités pour le scrutin pour l’ensemble des villes de la « comarca » (district) et que j’avais également rencontrée en décembre. Je lui pose quelques questions sur l’organisation du scrutin d’aujourd’hui et sur les leçons apprises par les organisateurs depuis la première vague. Nous retrouverons d’ailleurs celle-ci, ainsi que sa collaboratrice (et excellente photographe !) Núria Masó, à la fin de notre tournée comme vous le verrez plus loin dans le journal d’aujourd’hui !


Visite du bureau de scrutin-restaurant à Cistilla!

Il nous reste deux villages à visiter. D’abord Vilanant où la musique a envahi le bureau de scrutin ! Les membres de la chorale locale présentent un programme des chants catalans. J’écoute avec intérêt et admiration ces chanteurs et chanteuses qui ont décidé d’ajouter une dimension culturelle à l’expérience démocratique. À la fin du concert, le président du CIEMEN me donne l’occasion, et la donne aussi à Jean-Luc Morucci, de m’adresser à la foule réunie pour ce concert. Je rappelle l’importance que revêt selon moi la culture et la musique dans la vie collective d’une nation. Après ce moment aussi spécial qu’émouvant, nous échangeons avec le directeur du bureau de scrutin dont le français impeccable et qui, au grand plaisir de mon camarade corse, a vécu dans l’Île de la Beauté. On apprend d’ailleurs qu’il ne manquerait qu’une voix dans cette municipalité pour atteindre le 50 % des suffrages exprimés. On rencontre de même le maire de la ville qui nous dit être très fier d’avoir collaboré –y compris en offrant la liste électorale municipale- avec les autorités responsables de la consultation.

C’est dans la ville de Lladó que nous terminons notre travail d’observation. Nous sommes attendus dans cette jolie petite ville de 591 habitants puisque les deux Núria ont annoncé que nous y serions avant que le bureau de scrutin ne ferme à 20 h. Nous y sommes accueillis de façon chaleureuse et la place centrale du village bourdonne d’activités. Les personnes responsables du scrutin répondent patiemment à mes questions et, après une journée si longue, accueillent avec courtoisie et gentillesse les électeurs et électrices. Elles portent d’ailleurs un T-shirt qui permet de les reconnaître et qui a été confectionnée pour l’occasion. Je suis toutefois victime de ma curiosité ! En demandant ce que signifie cette main aux doigts rouges reproduite sur les T-shirt, j’apprends que celle-ci réfère à une légende attribuant à Wilfred 1er, comte de Barcelone, dit « le Velu » l’origine des 4 bandes rouges du drapeau catalan. La légende veut que celui-ci « se fit reconnaître de Salomon et lui imposa un duel. Mortellement blessé, Salomon fut étendu sur le sol. Son adversaire plongea alors la main dans la plaie saignante et traça sur un écu d’or quatre traces verticales du bout des doigts : le drapeau ou “ senyera ” catalan était né, ” Sang et or”, et pas “rouge et jaune” il y a plus de 11 siècles… ». Et je suis invité, comme le sera aussi Jean-Luc Morucci et notre accompagnateur Joan Albareda i Serra, à laisser une empreinte de ma main, qu’on enduit de peinture noire et rouge, sur une longue banderolle en papier. En voici l’illustration :


Joan Albareda i Serra


Núria Maso, Daniel Turp et Núria Casademont

Au moment de quitter Lladó, l’ancien maire de la ville insiste pour que nous visitions la mairie qui est logée dans l’ancien Monastère de Santa Maria de Lladó. Cette chanoinerie augustine a été recyclée d’une façon intelligente et accueille aujourd’hui les services municipaux. Qu’il s’agisse du cloître, du portail aux archivoltes ornementées ou des dépendances monastiques, l’effort de préservation de cet élément du patrimoine religieux datant du XIIe siècle est remarquable. Je ne peux m’empêcher de penser aux recommandations qui avaient été formulées en 2005 par la Commission de la culture de l’Assemblée nationale du Québec - dont j’étais alors le vice-président- dans son rapport intitulé Croire au patrimoine religieux et qui n’ont guère trouvé d’échos dans le projet de Loi sur le patrimoine culturel (Projet de loi no 82) présenté par la ministre québécoise de la Culture le 18 février 2010 dernier.

Nous réussissons à quitter Lladó un peu avant 20 h et nous voilà sur la route du retour pour Girona. Nous y arrivons à 21 h et avons rendez-vous avec les responsables du scrutin de Girona ainsi qu’avec les autres personnes ayant effectué l’observation internationale à la Casa de Cultura de Girona. Il y a une activité fébrile tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de cette maison de la culture où seront d’ailleurs dévoilés les résultats. Dans un amphithéâtre rempli à capacité, les résultats dans les municipalités de Girona sont dévoilés, comme le sont également ceux pour les autres villes de la Catalogne. L’annonce suscite des applaudissements et des cris d’approbation…et l’hymne national catalan Els Segadors est entonné avec passion par des citoyens et citoyennes d’une nation fière.

Le tableau des résultats rendus publics par la Coordinadora Nacional per la consulta sobre la independencia permet de constater que le taux de participation a atteint 20,1 % et que les 213 356 suffrages pour le OUI représentent 92,5% des votes exprimés. Les résultats détaillés par les 214 municipalités où ont été tenus des scrutin sont accessibles en cliquant ici.

Dans les heures qui suivent le dévoilement à Girona, je reçois un courriel de Jordi Jordana qui a organisé - dans les locaux de l’Université du Québec à Montréal et au nom de Catalans al Quebec per l’Autodeterminació / Catalans au Québec pour l’autodétermination- un référendum sur l’indépendance nationale de la Catalogne au Québec. La participation s’est élevée à 42.35 % (36 personnes sur 85) et les résultats obtenus sont les suivants : 91.67 % OUI, 2.78 % NON et 5.55 % BLANC.

Des référendums ont également été tenus au Pays-Bas, en Irlande et en Suisse. Il y a, de toute évidence, des Catalans et Catalanes qui sont favorables à l’indépendance nationale comme le révèlent les données du tableau suivant :

Avant de mettre fin à une journée qui aura marqué la vie nationale catalane, je retrouve Agusti Nicolau-Coll, le Québécois d’origine catalane, qui souhaite que nous nous offrions un souvenir de cettte soirée du 25 avril 2010. Et c’est Arnau Flórez i Canals du CIEMEN à qui est confiée la tâche d’assurer la pérennnité de ce moment et dont la photographie ci-après est l’œuvre :


Daniel Turp et
Agusti Nicolau-Coll

En marchant vers mon hôtel situé non loin de la Cathédrale, je ne peux m’empêcher de penser à l’imposante mobilisation de la société civile en faveur de l’indépendance à laquelle les référendums d’aujourd’hui ont donné lieu et aux enseignements qui doivent en être tirés au Québec. Mais les Catalans et les Catalanes doivent penser quant à eux à la prochaine vague de consultations qui se déroulera le 20 juin 2010 à Sabadell…une ville catalane de plus de 200 000 non loin de Barcelone. À suivre donc !

Pour une Convention sur l’indépendance nationale du Québec

20 février 2009

Depuis sa création en 1968, le Parti Québécois est engagé dans une lutte d’émancipation nationale visant à faire progresser le Québec jusqu’à son accession au statut de pays. Pour atteindre cet objectif, le Parti Québécois a élaboré et mis en œuvre plusieurs stratégies qui ont permis de faire progresser l’idée de la souveraineté et ont suscité l’adhésion d’un nombre plus que significatif de citoyens et de citoyennes à l’Option Québec de son fondateur René Lévesque.

Tout au long d’un parcours dont on a célébré le quarantième anniversaire en 2008, le Parti Québécois s’est imposé comme l’acteur central de la revendication d’indépendance nationale pour le Québec. Aujourd’hui encore, il se positionne comme un joueur-clef dans la définition du projet de pays, comme en fait l’adoption par ses instances de deux documents fondamentaux, le Manifeste pour la souveraineté et l’Argumentaire pour la souveraineté.

La famille indépendantiste s’est par ailleurs élargie durant les quatre dernières décennies. Le Bloc Québécois fait depuis 1990 la promotion active du projet de pays dans l’enceinte parlementaire canadienne, mais également sur le terrain au Québec. Québec solidaire veut faire du Québec un pays par la souveraineté populaire.  Deux autres partis politiques prônant la souveraineté du Québec ont également vu le jour, à savoir le Parti indépendantiste et le Parti de la République du Québec.

Le Conseil de la souveraineté se veut quant à lui au carrefour des diverses  sensibilités de la famille  indépendantiste et un lieu de dialogue et de concertation de  ses forces vives pour la promotion  de la souveraineté du Québec. Le Mouvement national des Québécois et des Québécoises (MNQ) regroupe quant à lui 19 sociétés nationales et Saint-Jean-Baptiste) réparties dans les différentes régions du Québec et promeut un Québec souverain, pluraliste et démocratique. Soutiennent également la cause de l’indépendance nationale les organisations que sont les  Intellectuels pour la souveraineté (IPSO), le Rassemblement pour un pays souverain (RPS), le Rassemblement pour l’indépendance du Québec (RIQ) et le Mouvement démocratie-souveraineté (MDS). Un nouvel organisme de réflexion (think tank), l’Institut de recherche pour le Québec, s’est également donné mission de susciter, de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement du Québec, la défense de ses intérêts vitaux et de l’identité qu’ils traduisent.

Il existe également une presse écrite (L’Action nationale, Laut’journal, La Presse Québécoise) et des sites électroniques (Vigile, Québec libre!, L’indépendance du Québec, La libération, Quebec.tv, Québec.radio, Le Bouc magazine), de même qu’une communauté indépendantiste dans la blogosphère rassemblée autour de la Plume souverainiste, favorables à l’accession du Québec au statut de pays.

Je crois que le temps est venu de rassembler ces nombreux acteurs de la famille indépendantiste. Bien qu’il existe des lieux de dialogue entre ces divers partis et mouvement, et notamment le Conseil de la souveraineté à la table duquel siègent le Parti Québécois, le Bloc Québécois et Québécois solidaire, aucun forum n’a comme vocation de regrouper l’ensemble des forces indépendantistes et de favoriser la cohésion de l’action de ces forces. L’institution d’un tel forum a aujourd’hui sa raison d’être et sa mise sur pied pour définir des positions, actions et stratégies communes pour faire avancer le projet de pays me paraît aujourd’hui essentielle.

D’ici la prochaine élection québécoise, je propose que soit convoquée une Convention sur l’indépendance nationale du Québec. Faisant fonds sur l’expérience des États généraux du Canada français qui ont donné, à la veille de la création du Parti Québécois, un véritable élan à la cause de l’indépendance du Québec, je crois qu’il faut faire rapidement émerger un tel lieu de concertation nationale.

Une telle convention pourrait se donner comme objectifs de :

- faire avancer la cause de l’indépendance du Québec et promouvoir cette cause au Québec et ailleurs dans le monde;
- s’avérer un forum au sein duquel les personnes, partis et organisations coopéreront aux fins de faire avancer la cause de l’indépendance du Québec;
- développer des propositions relatives à la démarche d’accession à la souveraineté du Québec et notamment à la définition du processus d’adoption et du contenu de la Constitution d’un Québec souverain.

Eu égard à la prochaine échéance électorale québécoise et en raison de la multiplicité des acteurs, je crois qu’il faut agir avec célérité. Afin de continuer d’exercer un leadership dans le dossier de l’indépendance nationale, le Parti Québécois devrait prendre l’initiative de rencontres avec les chefs, présidents et responsables des partis et mouvements favorables à la souveraineté ayant pour objectif d’échanger sur les modalités et l’échéancier des travaux d’une Convention sur l’indépendance nationale du Québec ainsi que sur la convocation d’une telle convention.

*****

Par les 101 députés sur les 200 qui siègent à l’Assemblée nationale du Québec et à la Chambre des communes du Canada, le Québec est aujourd’hui représenté majorité de députés favorables à l’accession du Québec au statut de pays. De nombreux autres mouvements, organismes, média et blogueurs promeuvent au quotidien le projet de pays du Québec. Leur union fera leur force et il est donc temps de préparer l’avenir en regroupant, autour d’une Convention nationale sur l’indépendance du Québec, celles et ceux qui persistent et signent. Et qui ont la conviction que les Québécois et les Québécoises méritent un pays.

La souveraineté du Québec : une affaire de convictions, une question de volonté

11 mars 2009

La souveraineté du Québec, c’est une affaire de convictions! Et je demeure aussi convaincu aujourd’hui, que je ne l’étais lorsque je suis devenu membre du Parti Québécois à l’âge de 18 ans, que le Québec doit devenir un pays et que les Québécois et les Québécoises méritent un pays.

La chef du Parti Québécois Pauline Marois est porteuse de cette conviction. Elle l’a démontré dans son allocution d’ouverture du dernier Conseil national à Québec le 21 février dernier et l’a rappelé dans sa réplique au discours inaugural prononcé aujourd’hui même à l’Assemblée nationale. Elle y rappelle également que mener à terme un projet de pays est une question de volonté :

« Ce que nous voulons, ce sont des solutions, ce sont des idées et, nous, du Parti québécois, nous en avons. Nous en avons des idées et nous en avons une grande idée : cette volonté, cette volonté que nous partageons de voir le Québec devenir souverain, voler de ses propres ailes. Nous avons une vision du Québec. Nous sommes une nation. Nous sommes une nation capable de décider par nous-mêmes et de décider pour nous-mêmes. »

Ces convictions et cette volonté doivent être présentes dans les gestes que le Parti Québécois aura à poser dans les prochaines années. Et dans les orientations qu’il choisira de privilégier dans son prochain programme de pays et de gouvernance pour le Québec, le défi du Parti Québécois, qui forme aujourd’hui l’Opposition officielle et aspire à former le prochain gouvernement, est de convaincre cette nation qu’un pays est nécessaire pour deéider par nous-mêmes et décider pour nous-mêmes.

Il se trouvera sur le chemin des définisseurs de pays bien des détracteurs. Il était d’ailleurs intéressant de constater la réaction rapide d’André Pratte qui voyait dans la suggestion que le Québec pourrait mieux se tirer d’affaire en cette période de crise économique s’il était souverain d’« Insulte à l’intelligence ». Ce même André Pratte récidivait avec son camarade de combat Alain Dubuc dans l’édition du journal La Presse du 1er mars 2009 et ceux-ci s’attaquaient au choix du Parti Québécois de garder le cap sur la souveraineté. Dans un editorial intitulé  « Nettoyage politique », André Pratte n’apprécie guère que la chef du Parti Québécois parle du Canada comme « l’autre nation » et réussit à vanter les mérites d’une Commission des champs de bataille, et à travers elle, la présence « non seulement légitime », mais « plus souvent qu’autrement […] bénéfique » pour le Québec. C’est sur le front international qu’Alain Dubuc attaque quant à lui. Dans sa collaboration spéciale portant le titre « Quelle table pour le Québec ? », il argue qu’un Québec souverain ne serait assis autour d’aucune table internationale où il serait question d’économie. Non seulement cette affirmation est éminemment contestable puisque le pays du Québec deviendrait notamment membre de l’Organisation mondiale du commerce et de l’Organisation de cooperation de développement économique, mais elle est très réductrice d’une réalité internationale qui voit les institutions internationales s’intéresser à l’environnement (Conférence des États parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques), de culture (UNESCO), de santé (OMS) et de travail (OIT) , pour ne prendre que quelques exemples, et jouer un rôle décisif dans la gouvernance mondiale, tout en influant de façon tout aussi decisive sur la gouvernance nationale.

Il est tout aussi intéressant de constater l’espace qu’offre La Presse aux ardents défenseurs du fédéralisme canadien depuis le Conseil national du Parti Québécois de février dernier. Le professeur Mario Polèse y parlera de « La souveraineté imaginaire », la diplomate Marie Bernard-Meunier vantera à son tour « Notre gouvernement fédéral » et l’ancien pérésident de l’Association du Barreau canadien Bernard Amyot dénoncera « Le piège de la nation » et sera d’avis que le combat des leaders indépendantistes est toujours bel et bien ‘’ ethnique ‘’, et pas du tout civique ».

Si la souveraineté est une affaire de convictions et une question de volonté, elle suppose que nous continuions d’être à l’offensive et que nous ne craignions aucunement les attaques répétées contre le projet de pays. L’offensive en faveur de la souveraineté doit ainsi continuer et elle doit notamment continuer par une présence significative dans les média et sur la toile.

Je suis d’ailleurs heureux de constater que le nouveau president du Parti Québécois Jonathan Valois a inauguré aujourd’hui son nouveau blogue (http://blogues.pq.org/jvalois). Je vous invite d’ailleurs à aller saluer, comme je l’ai fait ce matin, cette initiative que celui-ci avait annoncée lors de la clôture du Conseil national le 22 février dernier.

De convictions et de volonté, j’irai parler dans quelques instants aux étudiants rassemblés dans le MÉSUM (Mouvement des étudiants souverainistes de l’Université de Montréal) en les invitant à croire au pays, comme j’y croyais à 18 ans, et comme j’y crois aujourd’hui plus que jamais.

L’adoption d’une constitution québécoise : un vaste consensus, un geste essentiel (Partie I)

30 mars 2009

Comme plusieurs le savent, je plaide depuis plusieurs années pour l’adoption d’une Constitution québécoise. J’ai eu l’occasion de faire un nouveau plaidoyer pour une constitution du Québec lors de l’assemblée générale de l’Association du Parti Québécois d’Outremont le jeudi 26 mars dernier. J’y ai rappelé que le Parti Québécois avait décidé d’inscrire l’adoption d’une constitution parmi les gestes de gouvernance devant être posés par un gouvernement issu du Parti Québécois lors de son Conseil national de mars 2008 et dans Le plan Marois : des actions pour un Québec gagnant présenté lors de la dernière campagne électorale.

Je crois qu’il est important d’inscrire un tel plaidoyer dans une perspective historique et de rappeler que l’idée d’une constitution québécoise a jalonné l’histoire nationale contemporaine du Québec. L’Union nationale et le Parti libéral du Québec ont proposé respectivement en 1965 et 1968 de doter le Québec de sa propre constitution. L’idée d’une constitution québécoise a connu d’autres promoteurs également. David Payne, député du Parti Québécois de Vachon, a publié un document intitulé Pour une constitution du Québec en 1984 et a invité, sans succès, la Commission des institutions de l’Assemblée nationale du Québec à prendre un mandat d’initiative. Le professeur Jacques-Yvan Morin a préparé à la demande du Premier ministre René Lévesque un avant-projet de Constitution du Québec en 1985 dont j’ai d’ailleurs rendu public les 100 articles il y a un peu plus d’un  an maintenant.

Adoptée en l’an 2000 en réponse à la Loi sur la clarté, la Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l’État du Québec (Projet de loi n° 99)  se présente comme une loi fondamentale, mais elle n’en pas l’une des caractéristiques fondamentales : elle n’a pas une suprématie sur les autres lois québécoises. Plusieurs demandes de constitutionnalisation de cette loi sont formulées lors des travaux de la Commission des institutions de l’Assemblée nationale du Québec, mais le gouvernement ne donne pas suite à de telles demandes.

Des propositions de constitutionnalisation des droits linguistiques fondamentaux sont présentées par la Commission des États généraux de la langue française au Québec en 2001. L’idée d’adopter une constitution québécoise suscite la réflexion des partis politiques du Québec. Si le Parti libéral du Québec s’abstient de proposer formellement l’adoption d’une telle constitution dans le rapport d’un Comité constitutionnel rendu public en 2001 par le député Benoît Pelletier, il évoque l’idée de procéder à « une mise à jour ou à une consolidation des principes tirés ou inspirés de certains documents constitutionnels, législatifs et jurisprudentiels jugés fondamentaux pour la société québécoise ». L’Action démocratique du Québec propose la même année de faire adopter une Charte du Québec visant à définir non seulement « nos objectifs et nos valeurs communes mais également les droits et responsabilités des citoyens ». Cette Charte du Québec se transforme en Constitution du Québec dans la nouvelle position constitutionnelle de l’Action démocratique rendue publique quant à elle en octobre 2004.

Après avoir écrit que « [l]‘élaboration et l’adoption d’une telle constitution par le peuple québécois serait un exercice civique et démocratique d’une grande valeur pédagogique, tant pour les Québécois d’aujourd’hui que pour les générations à venir », le juriste Marc Brière fonde Mouvement pour une nouvelle Constitution québécoise (MONOCOQ). Un autre mouvement, le Mouvement démocratie et citoyenneté du Québec, adopte le 27 septembre 2004 une résolution prônant l’adoption d’une constitution pour les Québécoises et les Québécois. Il organise le Rendez-vous 2006 les 17 et 18 juin 2006 à Québec et ses participants approuvent des Éléments essentiels pour une Constitution pour le Québec d’aujourd’hui qui se présentent sous la forme d’un texte constitutionnel en 29 articles.

J’interviens quant à moi le 17 avril 2007 pour rappeler la signature par la Reine Élizabeth II le 17 avril 1982 d’une proclamation ayant pour effet de faire entrer en vigueur la Loi constitutionnelle de 1982 et rapatrier l’ensemble de la Constitution du Canada sans le consentement de l’Assemblée nationale et du Gouvernement du Québec. J’ajoute que la réponse à ce rapatriement devait se traduire, 25 ans plus tard, par l’élaboration et l’adoption par le Québec de sa propre constitution. Je lance « L’initiative constitutionnelle » et propose que l’on rassemble dans un texte unique le contenu des lois fondamentales québécoises existantes, des dispositions fondées sur des revendications constitutionnelles du Québec ainsi que des éléments d’une réforme du régime des droits fondamentaux et des institutions démocratiques. Mon initiative se traduit par le dépôt le 22 mai 2007 à l’Assemblée nationale du Québec du projet de Constitution du Québec (Projet de loi n° 191). Un nouveau projet de Constitution québécoise (Projet de loi n° 196) est déposé le 18 octobre 2007 et s’inscrit quant à lui dans la démarche globale de la chef du Parti Québécois présentée dans le projet de Loi sur l’identité québécoise (Projet de loi n° 195) dont les articles 2 à 9 portent d’ailleurs sur les modalités d’élaboration et d’adoption d’une constitution pour le Québec.

L’inclusion de l’adoption d’une constitution québécoise comme geste de gouvernance nationale est agréée par les déléguées du Conseil national du Parti Québécois 15 mars 2008. Ainsi, un gouvernement du Parti Québécois s’engagerait à poser 12 gestes de gouvernance nationale pour assurer l’avenir de la nation québécoise comme nation francophone des Amériques et en particulier d’« [a]dopter une constitution québécoise ». Ce geste est évoqué dans la plate-forme électorale du Parti Québécois en vue des élections générales du 8 décembre 2008 comme geste d’un « gouvernement souverainiste » et Le plan Marois propose également de « [f]aire    adopter une constitution québécoise par l’Assemblée nationale » énonçant notamment les valeurs fondamentales sur lesquelles est fondée la nation québécoise.

(La suite de cet article sera diffusée le 31 mars 2009)

L’adoption d’une constitution québécoise : un vaste consensus, un geste essentiel (Partie II)

31 mars 2009

Aujourd’hui, l’idée de doter le Québec de sa propre constitution fait l’objet d’un vaste consensus au Québec.

Elle reçoit d’abord un soutien important des partis politiques du Québec. S’ajoute à la voix du Parti Québécois celle de l’Action démocratique du Québec qui, dans son document L’autonomie, c’est croire en nous a réitéré en 2008 son engagement en faveur d’une constitution québécoise. Québec solidaire est favorable à l’idée en ce qu’elle propose d’élire au suffrage universel une assemblée constituante dont l’un des mandats sera de « proposer aux Québécois et Québécoises les changements désirés aux institutions politiques et les valeurs qui fondent le « vivre ensemble » québécois - ce qui doit apparaître dans une constitution ». Et le Parti vert du Québec a adopté lors de son congrès de 2008 une résolution dans laquelle il se prononce « en faveur d’une constitution interne pour le Québec d’aujourd’hui et […] exige que cette constitution soit fondée sur le principe de la souveraineté populaire et qu’en conséquence elle soit élaborée par une constituante citoyenne ».

L’idée recueille de même un large appui des citoyens et citoyennes du Québec. Ainsi, en réponse à la question d’un sondage Léger Marketing réalisé auprès de 1000 répondants entre le 14 et 18 novembre 2007 et ainsi libellé « Certains proposent de doter le Québec d’une constitution interne, à l’intérieur du Canada. Cette constitution affirmerait les valeurs du Québec: prédominance du français, patrimoine historique et culture québécoise, égalité des sexes et laïcité des institutions. C’est à cette constitution que prêteraient serment les nouveaux immigrants et les élus du Québec. Êtes-vous favorable ou défavorable à cette proposition ? », 63% des Québécois se disent favorables à ce que l’on dote le Québec d’une constitution interne qui affirmerait les valeurs du Québec, le taux d’appui chez les francophones se situant à 69%.

L’adoption d’une constitution québécoise constitue d’ailleurs, selon moi, un geste essentiel pour l’avenir du Québec. De multiples raisons militent en faveur d’un tel geste et parmi celles-ci il y a notamment le fait qu’une constitution québécoise aura pour effet de :

1) Donner au Québec sa propre identité constitutionnelle ;
2) Présenter dans une loi fondamentale les valeurs fondamentales du Québec ;
3) Constitutionnaliser les droits fondamentaux ;
4) Renforcer les dispositions destinées à promouvoir et protéger la langue française ;
5) Décrire les institutions démocratiques du Québec ;
6) Favoriser la participation démocratique et citoyenne aux affaires de la nation;
7) Faciliter la transition constitutionnelle du Québec vers son statut d’État indépendant.

*****

L’ancien Vice-premier ministre du Québec Jacques-Yvan Morin écrivait en 1985 que  « si […] les conditions sont réunies qui permettent de faire de la loi fondamentale un compendium des valeurs du milieu, instrument pédagogique au service de l’éducation socio-politique, alors on est en droit d’espérer doter le Québec d’une constitution « vivante ». Je crois que ces conditions sont maintenant réunies et que l’adoption d’une constitution québécoise permettra faire progresser le Québec jusqu’à son accession au statut de pays. Et c’est une constitution du pays du Québec qui permettra, pour reprendre également les mots du professeur Morin, de faire de celle-ci « le miroir, mais aussi le portrait idéal » du Québec.

* Jacques-Yvan MORIN, « Pour une nouvelle Constitution du Québec »,  (1985) 30 Revue de droit de McGill 171, à la p. 220

Indépendance et identité en Écosse et au Québec : le goût du pays

7 mai 2009

Le 5 mai 2009, j’ai participé à Édimbourg le 5 mai 2009 à un séminaire sur l’indépendance et l’identité organisé par le ministre écossais Michael Russell. Titulaire des portefeuillles de la Culture, des Affaires extérieures et de la Constitution au sein du premier gouvernement indépendantiste écossais dirigé par le First Minister Alex Salmond, celui-ci a été chargé à ce titre de donner un élan à la « National Conversation ». Lancée en août 2007, cet exercice vise à permettre, comme l’énonce le document Choosing Scotland’s Future: A National Conversation: Independence and Responsibility in the Modern World, « au peuple d’Écosse d’examiner toutes les options relatives à l’avenir de leur pays et de prendre des décisions informées  » (traduction).

Le ministre Russell, qui a été parmi les premiers députés du Scottish National Party (SNP) élus au nouveau Parlement écossais le 6 mai 1999 et que j’ai connu alors qu’il occupait- au lendemain de sa défaite électorale du 1er mai 2003- la fonction de directeur general du SNP, s’intéresse à la situation politique du Québec et à l’évolution de son mouvement indépendantiste. Dans cette perspective, il souhaitait que partage avec ses conseillers, et avec d’autres universitaires, les leçons de l’expérience québécoise.

Gouvernées par le Chatham House Rule en vertu de laquelle « les participants sont libres d’utiliser l’information reçue, mais ni l’identité ni l’affiliation des conférenciers, ni celle d’aucun autre participant, ne peuvent être révélées » (traduction), je ne suis pas en mesure de révéler le contenu des interventions du ministre et des autres personnes présentes. Je suis autorisé à reprendre ici quelques remarques que j’ai formulées à cette occasion.

J’ai exprimé l’idée générale selon laquelle le projet d’indépendance nationale mérite aujourd’hui d’être abordée davantage sous l’angle de son contenu identitaire que de celui de sa mécanique référendaire. J’ai souligné notamment les initiatives récentes du Parti Québécois ayant notamment conduit à la présentation d’un projet de Loi sur l’identité québécoise et d’un projet de Constitution québécoise et l’accueil favorable qui avait été réservé à ces projets dans l’opinion publique.

J’ai insisté également sur l’importance devant être accordée à la dimension internationale d’un projet de pays et l’attrait que suscite notamment auprès des jeunes l’argument voulant que l’indépendance nationale procurerait une véritable « identité internationale » et aurait comme conséquence, comme l’a affirmé le Manifeste pour la souveraineté adopté par le Parti Québécois, que « nous parlerons et agirons en notre nom sur la scène internationale ». S’agissant de  l’Écosse et faisant référence à une exposition sur les identités européennes que j’ai vu à Paris la semaine précédente, j’ai d’ailleurs fait remarquer à mes interlocuteurs que l’identité européenne de l’Écosse était passée sous silence dans cette exposition et que seule l’accession à l’indépendance permettrait à l’Écosse de devenir membre de l’Union européenne et de voir son identité européenne véritablement reconnue.

Un débat intéressant a eu lieu sur la questions des institutions d’une Écosse indépendante et d’un Québec indépendant, et en particulier sur les institutions de télédifussion et de radiodiffusion. L’importance de la BBC en Écosse et de Radio-Canada au Québec m’a amené à rappeler l’importance pour l’Écosse et le Québec de se doter d’institutions nationales dans le domaine des communications. J’ai rappelé l’existence de Télé-Québec et d’un Mouvement Radio-Québec proposant la création d’une radio publique québécoise.

Le gouvernement du Scottish National Party ayant l’intention de présenter un projet de loi sur le référendum, dont il a d’ailleurs inclus un modèle (Referendum (Scotland) Bill) dans le document Choosing Scotland’s Future, j’ai rappelé le choix qu’avait fait le gouvernement de René Lévesque de faire adopter une Loi sur la consultation populaire de portée générale. Tout en indiquant l’importance de mettre en place une infrastructure juridique pour permettre à la population de s’exprimer sur le statut politique d’une nation, j’ai indiqué que le progrès vers l’indépendance nationale sera assuré par des gestes visant à consolider l’identité nationale et internationale et à donner aux citoyens et citoyennes « le goût du pays ».

Le patriote constitutionnel : Jacques Yvan Morin

19 mai 2009

Notes pour une allocution prononcée le 18 mai 2009 à l’occasion du Gala des patriotes 2009
du Rassemblement pour un pays souverain

Le privilège m’est conféré, et je remercie le président du Rassemblement pour un pays souverain Benoît Roy de m’avoir investi d’un tel privilège, de présenter le récipiendaire du Prix Louis-Joseph-Papineau 2009, le Vice-Premier ministre Jacques-Yvan Morin.

Rendre hommage à Jacques-Yvan Morin, comme le fait le Rassemblement pour un pays souverain, est un geste de reconnaissance à l’égard d’un homme dont le parcours politique a été consacré à la recherche, comme ce fut le cas de Louis-Joseph Papineau auquel le nom de Jacques-Yvan Morin sera dorénavant associé par le prix qui lui est attribué ce soir, de la liberté et de l’indépendance pour sa nation.

Si Louis-Joseph Papineau affirmait dans son célébre discours 17 décembre 1867 devant l’Institut canadien « que nous devons être non seulement soucieux de conserver les droits qui sont acquis, mais que, par la libre discussion, nous devons nous efforcer sans cesse d’en acquérir de nouveaux », le professeur Jacques-Yvan Morin mettait l’accent, un siècle plus tard, en sa qualité de président général de la Commission d’organisation des États généraux du Canada français et dans son propre discours d’ouverture du 23 novembre 1967, sur le droit à l’autodétermination qui ouvrait la voie à l’adoption d’une résolution dans laquelle il était affirmé que « [l]es Canadiens-Français  constituent une nation, [que l]e Québec constitue le territoire national et le milieu politique fondamental de cette nation [et que l]a nation canadienne-française a le droit de disposer d’elle-même et de choisir librement le régime politique sous lequel elle entend vivre ».

Précédée d’une solide formation juridique acquise aux universités McGill, de Cambrigde et de Harvard et d’une vie académique qui a fait de lui, en 1957 et à 27 ans, le premier professeur de carrière en droit international à l’Université de Montréal, la vie politique de Jacques-Yvan Morin a été marquée par de grands moments et d’éminentes fonctions. Son célèbre duel avec les ministres René Lévesque et Pierre Laporte sur la formule Fulton-Favreau au Centre social de l’Université de Montréal en 1965 et sa présidence du Mouvement national des Québécois de 1971 à 1973 comptent parmi ces grands moments. Son élection comme deputé de Sauvé et sa désignation comme chef de l’Opposition officielle en 1973 ainsi que sa présence auprès du Premier ministre René Lévesque et au sein de son Conseil exécutif de 1976 à 1984, en une qualité de Vice-premier ministre, lui auront également permis de servir l’État québécois. Son service public a été assumé successivement dans des responsabilités ministérielles relatives à l’Éducation, de 1976 à 1980, au Développement culturel et scientifique, de 1980 à 1982, et aux Affaires intergouvernementales, de 1982 à 1984.

Comme l’ont reconnu toutes les personnes qui ont évolué auprès de lui, Jacques-Yvan Morin a exercé l’ensemble de ses fonctions avec un souci de rigueur et le sens du devoir. Mais, c’est aussi la vision qui aura caractérisé et caractérise encore aujourd’hui la contribution du lauréat du prix Joseph-Papineau de 2009 au débat public, et, il n’est pas trop tôt pour l’affirmer, à l’histoire nationale du Québec. Cette vision s’est traduite en particulier par l’importance que revêt pour Jacques-Yvan Morin la place des droits fondamentaux dans la quête de libertés pour les Québécois et les Québécoises. Ainsi, la proposition d’« Une charte des droits de l’Homme pour le Québec » formulée en 1963 par le professeur Jacques-Yvan Morin n’est pas étrangère à l’adoption par l’Assemblée nationale en 1975, alors qu’il est chef de l’Opposition, de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Cette charte québécoise contient d’ailleurs des droits économiques et sociaux si chers au professeur Morin, mais dont l’enchâssement demeure encore aujourd’hui, et selon lui, inachevé.

À ce legs durable de Jacques-Yvan Morin à l’histoire des institutions du Québec s’ajoute un combat dans lequel je me suis également lance - et dans lequel je continuerai de m’investir corps et âme - pour une Constitution québécoise. Auteur d’un avant-projet de Constitution du Québec préparé à la demande de René-Lévesque (remis à celui-ci le 21 mai 1985) et que j’ai rendu public- grace à la complicité de la chef du Parti Québécois Pauline Marois le 18 janvier 2008, Jacques-Yvan Morin s’est fait l’avocat d’une loi fondamentale visant à présenter dans un texte constitutionnel authentiquement québécois nos valeurs nationales, nos droits fondamentaux et nos institutions démocratiques et à doter ainsi la nation québécoise d’une constitution, qui en serait, pour reprendre ses propres mots, « certes le miroir, mais aussi le portrait idéal ».

En cela, monsieur Morin, vous êtes un patriote constitutionnel, notre grand patriote constitutionnel. Votre patriotisme constitutionnel n’est tout à fait celui que définit Jürgen Habermas et n’entre aucunement en conflit avec cette volonté de consolider l’identité nationale québécoise. Mais, il se nourrit d’un combat pour la garantie effective des droits fondamentaux et l’émergence d’un État de droit exemplaire pour la nation québécoise.

Si nous sommes déterminés ici à mener à terme le projet de pays de René Lévesque, je crois que nous vous devons, et je m’engage devant vous à y contribuer, de travailler à doter le Québec d’une constitution qui sera à l’image de celle que vous avez pensée, et que vous voulez, pour notre nation.

Votre amour de cette nation a été conjuguée avec l’amour pour votre épouse Élisabeth Gallat-Morin que je salue et à laquelle un hommage est également dû ce soir. Celle-ci vous a généreusement accompagné durant votre parcours d’homme politique et nous la remercions de vous avoir partagé avec nous pendant toutes ces années. Vous l’avez aussi soutenu dans sa propre recherche musicologique qui s’est traduite par une grande découverte, celle du Livre d’orgue de Montréal, et par production scientifique remarquable. Votre vie commune, dont sont issus deux enfants, neuf petits-enfants et un arrière petit-enfant fort attachés à leurs grands-parents, est une source d’inspiration.

Tout en vous invitant à continuer d’apprécier cette vie commune et familiale, je crois pouvoir parler au nom des personnes qui sont rassemblées ici ce soir pour célébrer la mémoire des Patriotes et rendre hommage à celui que vous êtes devenu, en affirmant que nous comptons toujours sur vous, monsieur le Vice-premier ministre, pour travailler à l’avènement d’une Constitution québécoise, mais aussi et surtout à l’émergence en cette terre d’Amérique française d’un pays libre et indépendant à la naissance duquel vous aurez tant contribué.

À un grand patriote et du fond du cœur, à Jacques-Yvan Morin, merci et félicitations.

Pour une concertation et une convention sur l’indépendance nationale du Québec

8 juin 2009

Pour une concertation et une convention sur l’indépendance nationale du Québec

Notes pour une allocution de

Daniel Turp
Vice-président et président de la Commission politique du Parti Québécois

Colloque annuel des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO)

Montréal
6 juin 2009

Monsieur le Premier ministre Jacques Parizeau,
Monsieur le député Jean Dorion,
Monsieur le Président des Intellectuels pour la souveraineté, cher Gilbert Paquette,
Monsieur le Président du Conseil de la souveraineté, cher Gérald Larose,
Chers intellectuels, chères intellectuelles pour la souveraineté,
Mesdames et messieurs,

Je voudrais tout d’abord remercier le président Gilbert Paquette de m’associer au Colloque annuel des Intellectuels pour la souveraineté de l’année 2009. Je suis toujours fier de prendre part aux activités d’une organisation à la fondation de laquelle j’ai participé il y a 14 ans déjà et qui, depuis lors, persiste et signe.

Depuis sa création en 1968, le Parti Québécois est engagé dans une lutte d’émancipation nationale. Pour atteindre cet objectif, le Parti Québécois a élaboré et mis en œuvre plusieurs stratégies qui ont permis de faire progresser l’idée de la souveraineté et ont suscité l’adhésion d’un nombre plus que significatif de citoyens et de citoyennes à l’Option Québec de son fondateur René Lévesque. Tout au long d’un parcours dont on a célébré le quarantième anniversaire en 2008, le Parti Québécois s’est imposé comme l’acteur central de la revendication d’indépendance nationale pour le Québec. Aujourd’hui encore, il se positionne comme un joueur-clef dans la définition du projet de pays, comme en a fait foi l’adoption par ses instances de deux documents fondamentaux à l’éboration desquels je suis fier d’avoir contribué, le Manifeste pour la souveraineté et l’Argumentaire pour la souveraineté.

L’adoption de ces manifeste et argumentaire s’inscrivaient dans le cadre des travaux du Groupe pour la souveaineté qui avait été constitué pour mettre en oeuvre la résolution adoptée lors du Conseil nationale du 15 mars 2008 dans laquelle il était également prévu qu’ « [u]n gouvernement du Parti Québécois s’engage[ait] à faire progresser le Québec jusqu’à son accession au statut de pays » en « [i]niti[ant], en collaboration avec le Conseil de la souveraineté du Québec, une Concertation nationale sur la souveraineté entre les différents partis et mouvements favorables à la souveraineté du Québec.

Au nom du Parti Québécois, je réitère aujourd’hui cette volonté de « concertation nationale ». Lors de sa réunion du 24 avril 2009, le Conseil exécutif national du Parti Québécois a relancé les travaux sur la souveraineté et la gouvernance en instituant le « Groupe d’action pour l’indépendance nationale » dont la première réunion a eu lieu le 2 juin 2009 dernier. La chef du Parti Québécois, Pauline Marois, assume la présidence du groupe, le président du Parti Québécois, Jonathan Valois, la vice-présidence et, en ma qualité de vice-président et président de la commission politique, j’agis comme rapporteur général du groupe. Outre le mandat de formuler, en vue du XVIe Congrès national dont la tenue est prévue au printemps 2011, des propositions relatives au mandat de réaliser la souveraineté politique du Québec, le groupe est également investi de la mission de poursuivre, en collaboration avec le Conseil de la souveraineté du Québec, le travail visant à favoriser la Concertation nationale sur la souveraineté entre les différents partis et mouvements favorables à la souveraineté du Québec.

Ces partis et mouvements n’ont jamais été aussi nombreux et la famille indépendantiste s’est considérablement élargie durant les quatre dernières décennies. S’agissant des parties politiques, au Parti Québécois s’est ajouté le Bloc Québécois fait depuis 1990 la promotion active du projet de pays dans l’enceinte parlementaire canadienne, mais également sur le terrain au Québec. Québec solidaire veut faire du Québec un pays par la souveraineté populaire.  Deux autres partis politiques prônant la souveraineté du Québec ont également vu le jour, à savoir le Parti indépendantiste et le Parti de la République du Québec.

Quant aux mouvements favorables à l’indépendance nationale, le Conseil de la souveraineté se veut un carrefour des diverses  sensibilités de la famille  indépendantiste. Le Mouvement national des Québécois et des Québécoises (MNQ) promeut un Québec souverain, pluraliste et démocratique. Soutiennent également la cause de l’indépendance nationale les organisations que sont les  Intellectuels pour la souveraineté (IPSO), le Rassemblement pour un pays souverain (RPS), le Rassemblement pour l’indépendance du Québec (RIQ), le Mouvement démocratie-souveraineté (MDS) et le Réseau de résistance du Québécois (RRQ). Un nouvel organisme de réflexion, l’Institut de recherche pour le Québec, s’est également donné une mission de recherche sur des sujets touchant le développement du Québec et la défense de ses intérêts et de son identité.

Il existe également une presse écrite (L’Action nationale, Laut’journal, La Presse Québécoise, Le Québécois) et des sites électroniques (Vigile, Québec libre!, L’indépendance du Québec, La libération, Quebec.tv, Québec.radio, Le Bouc magazine), de même qu’une communauté indépendantiste dans la blogosphère rassemblée autour de la Plume souverainiste (qui nous promet un grand ménage au printemps 2009) favorables à l’accession du Québec au statut de pays

Comment alors, et avec tous ces acteurs, « construire une majorité », qui exige, comme on l’affirme avec raison, « que l’on dépasse la compétition entre partis et mouvements ». Plusieurs avenues sont évoquées dans les questions qui nous sont posées aujourd‘hui : « Une alliance électorale limitée à l’indépendance ? Une coalition indépendantiste, nationaliste ? Un  plan d’ensemble concerté ? Des États généraux ou une Convention nationale ? Avant, pendant,  après la prochaine élection ? »

Lors du Conseil national du Parti Québécois tenue à Québec le 21 février 2009 dernier, j’ai réitéré l’importance de rassembler les nombreux acteurs de la famille indépendantiste. Je suis d’accord ave Gérald Larose qu’il faut un lieu de lecture commune pour l’ensemble des acteurs indépendantistes et j’ajouterais qu’il leur faut aussi un lieu d’action commune. J’ai mis de l’avant l’idée d’une Convention sur l’indépendance nationale du Québec tt cette proposition a eu des échos favorables chez les militants et militantes, comme en ont fait foi les commentaires que j’ai reçus sur mon blogue. Des personnes ont exprimé certaines réserves sur l’idée de convoquer, avant ou après l’élection d’un gouvernement du Parti Québécois, une telle convention.

Je demeure convaincu que la tenue d’une convention sur l’indépendance nationale du Québec s’avérerait un lieu utile de concertation nationale. En faisant fonds sur l’expérience des États généraux du Canada français qui ont donné, à la veille de la création du Parti Québécois, un véritable élan à la cause de l’indépendance du Québec, je crois un tel lieu de concertation nationale pourrait contribuer à donner l’élan si nécessaire à la cause de l’indépendance nationale. Une telle convention pourrait se donner notamment comme objectif de développer des positions, actions et strategies communes relatives à la démarche d’accession à la souveraineté du Québec et notamment à la définition du processus d’adoption et du contenu de la Constitution d’un Québec souverain. Elle pourrait aussi être le lieu de réflexion du le contenu du projet de pays, ou pour reprendre la formule que privilégie la co-chef de Québec solidaire Françoise David, sur le pays de projets.

Je crois qu’il est trop tôt pour determiner si une telle convention devrait être convoquée avant ou après l’élection, mais je suis d’avis qu’il faut dès maintenant envisager d’entreprendre des travaux préparatoires à une telle convention. Je crois d’ailleurs que les initiatives prises par le Conseil de la souveraineté sont le prélude à de tels travaux préparatoires et que le Conseil de la souveraineté serait l’instance appropriée pour assumer le secretariat d’une convention sur l’indépendance nationale du Québec.

*****

Par les 101 députés sur les 200 qui siègent à l’Assemblée nationale du Québec et à la Chambre des communes du Canada, le Québec est aujourd’hui représenté par une majorité (50 % + 1) de députés favorables à l’accession du Québec au statut de pays. Et de nombreux autres mouvements et groupes et une multitude de citoyens et  citoyennes promeuvent au quotidien le projet de pays du Québec.

Leur unité fera leur force. Notre union sera notre force. Il est temps d’unir nos voix. Les voix de ceux et celles qui ont toujours la conviction, comme vous et moi, que le Québec mérite un pays.

La souveraineté, le gouvernement souverainiste et le développement culturel

21 novembre 2009

La souveraineté, le gouvernement souverainiste et le développement culturel

Notes pour une allocution de

Daniel Turp

Vice-président et président de la Commission politique

À l’occasion du Conseil national

Montréal

21 novembre 2009

Monsieur le Président du Parti Québécois,

Mesdames, messieurs les délégués et déléguées du Conseil national,

Mesdames et messieurs,

J’ai le plaisir de vous faire rapport sur les travaux de la Commission politique dont le mandat est, selon les Statuts de notre Parti Québécois est de soutenir « le processus d’élaboration du programme et des positions du Parti ».

Dans cette perspective, la Commission politique s’est réunie dans les locaux de notre Permanence de Québec dans notre Capitale nationale le 22 octobre dernier pour examiner le projet de Cahier de réflexion qui vous a été transmis pour les fins des débats qui auront lieu dans le cadre de notre premier colloque sur « Le gouvernement souverainiste et le développement culturel ». Rappelant que la Conférence nationale du Parti Québécois avait, le 6 juin dernier, entériné à l’unanimité le Plan pour un Québec souverain proposé par notre chef Pauline Marois, les membres de la Commission politique ont recommandé d’inscrire clairement les débats que nous aurons aujourd’hui et demain sur développement culturel, comme ceux que nous consacrerons au développement économique et aux politiques sociales lors de nos deux prochains colloques, dans le cadre de notre Plan pour un Québec souverain. Cette recommandation a été suivie par le Conseil exécutif national et le Cahier de réflexion que vous avez entre les mains identifie, comme vous l’aurez constaté, les pistes d’action d’un gouvernement du Parti Québécois ayant l’intention de se comporter et d’agir, entre la prise du pouvoir et l’accession du Québec à la souveraineté, en véritable gouvernement souverainiste.

Je vous rappelle d’ailleurs que ce comportement se traduira par l’adoption d’une Constitution québécoise et l’institution d’une citoyenneté québécoise, mais également, comme le décrit le Plan pour un Québec souverain, par des gestes visant à freiner et à combattre les ingérences du gouvernement fédéral, à assumer toutes les compétences que détient le Québec, à occuper tout l’espace dans les compétences partagées et à acquérir de nouveaux pouvoirs.

Nous amorçons donc aujourd’hui notre réflexion sur les gestes que posera un futur gouvernement du Parti Québécois en choisissant comme premier thème le développement culturel. Éminemment lié à la question de l’identité que la chef du Parti Québécois a défendue avec ardeur en déposant, en 2007 à l’Assemblée nationale, une Loi sur l’identité québécoise, le choix de ce thème permet de poursuivre la réflexion que Camille Laurin avait entreprise en 1978 en préparant un livre blanc sur La politique québécoise de développement culturel qui rappelle l’importance de la culture comme point de départ. Il nous invite également à répondre au souhait formulé par le Premier ministre Jacques Parizeau, dans La souveraineté du Québec- Hier, aujourd’hui et demain, et je le cite « de prendre à bras le corps la question identitaire, à partir de quelques idées claires » (p. 245). D’ailleurs, notre ancien chef énonce quelques idées claires qui pourraient nous inspirer dans nos débats des prochaines heures. Je vous en cite quelques-unes : « Le français est la langue officielle et la langue d’usage général ». « Il faut fournir aux immigrants une aide bien organisée pour apprendre le français, mais aussi pour assurer une initiation à la culture et à l’histoire du Québec ». « L’enseignement de l’Histoire est capital » et « le creuset de la nation, c’est l’école ». « Il faut rompre le cercle vicieux en essayant de s’entendre sur l’orientation à donner à ce société démocratique et solidaire, française en Amérique du Nord et d’une culture originale et universelle à la fois » (pp. 246-247).

J’espère que des « idées claires » émergeront de nos réflexions de prochains jours sur ces thèmes, ainsi que sur le thème de la laïcité et l’idée de doter le Québec d’une Charte de la laïcité. Nos délibérations produiront, je l’espère aussi, des consensus sur les gestes à poser, comme gouvernement souverainiste, en matière de culture et les communications à l’ère des nouveaux médias, de renforcement de la langue française au Québec et à Montréal, d’accueil et d’intégration des personnes immigrantes et d’enseignement de l’histoire nationale, d’éducation à la culture et d’apprentissage des langues.

Je suis toujours convaincu que le projet d’indépendance nationale pour le Québec est celui qui est le plus porteur pour la nation québécoise. Le Parti Québécois doit démontrer qu’il peut contribuer, par ses idées claires, à unir les voix de ceux et celles qui ont toujours la conviction, comme vous et moi, que le Québec mérite un pays.

Catalogne- Journal d’une observation internationale- Jour 1 (10 décembre 2009)

10 décembre 2009

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En ce 10 décembre 2010, en une une Journée internationale des droits de l’Homme, je me prépare à quitter Montréal pour Barcelone afin de participer à une mission d’observation internationale en Catalogne
. À l’invitation du Centre international Escarré pour les minorités ethniques et les nations (CIEMEN), je séjournerai au pays de Jan Miro et Salvador Dali  du 11 au 14 décembre pour agir comme observateur international dans le cadre des référendums sur l’indépendance de la Catalogne qui se dérouleront dans plusieurs municipalités catalanes le dimanche le 13 décembre 2009. Accompagnée d’autres observateurs internationaux et du président de la CIEMEN, M. Aureli Argemi, je me rendrai en particulier dans la ville de Banyoles située dans la région nord-est de la Catalogne et dont la population est de 17 309 habitants…et dont 14 603 , agés de plus de 16 ans, sont éligibles à voter dimanche.

Les consultations populaires qui auront lieu dimanche se veulent une suite au référendum organisé dans la ville d’Arenys de Munt le 13 septembre 2009 et se dérouleront dans 166 villes de Catalogne.

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Elles sont organisées sous l’égide de la société civile catalane qui a confié à une Commission électorale nationale et à des commissions citoyennes locales le mandat d’organiser des consultations populaires. La question à laquelle la population des villes catalanes est invitée à répondre est ainsi formulée : « Êtes-vous d’accord pour que la Catalogne devienne un État de droit, indépendant, démocratique et social, intégré à l’Union européenne ? » (« Està d’acord que Catalunya esdevingui un Estat de dret, independent, democràtic i social, integrat a la Unió Europea? »). D’autres informations relatives à ces référendums sont disponibles à l’adresse www.referendumindependencia.cat, et vous y trouverez entre autres le Reglament electoral de la Consulta sobre la independencia de Catalunya dont je devrai, en ma qualité d’observateur international, surveiller le respect. J’apporte d’ailleurs avec moi L’observation électorale- Guide pratique à l’intention des membres de mission internationale d’observation électorale à l’étranger publié par le Directeur général des élections du Québec…qui devrait m’être fort utile.

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Pendant mon séjour en Catalogne, j’entends poursuivre la rédaction de ce Journal de l’observation internationale et je compte donc vous écrire à nouveau demain pour vous faire part de mes premières impressions…catalanes!

Catalogne- Journal d’une observation internationale (Jour 2) (11 décembre 2009)

11 décembre 2009

Ma première journée en Catalogne tire à sa fin. Je suis arrivé en fin d’avant-midi à Barcelone et ai pu apprécier la beauté du nouveau et magnifique terminal T1 de l’Aéroport international de Barcelone qui fut inauguré à la fin du mois de juin 2009…et qui est tout de blanc et en transparence! Après un court repos, j’ai rencontre le président du Centre international Escarré pour les minorités ethniques et les nations (CIEMEN) ainsi que son collaborateur Quim Arrufat. Ceux-ci m’ont fourni des détails au sujet de la mission d’observation internationale et en particulier du calendrier de la mission. Ils m’ont notamment fait savoir que les observateurs seraient présentés aux médias lors d’une première conférence de presse le samedi 12 décembre à 13 h et que je serais invité à prendre la parole à cette occasion.


ciemen-logo


Aux fins de préparer la mission et prenant appui sur le Guide pratique à l’intention des membres de mission d’observations électorale à l’étranger préparé par le Directeur général des élections du Québec, j’ai poursuivi mes lectures sur la géographie, l’histoire et l’économie de la Catalogne et de la région de Girona où se situe la ville de Banyoles et où j’effectuerai mon travail d’observateur dimanche le 13 décembre.


J’ai également parcouru les média catalans et espagnols des derniers jours pour m’imprégner de la situation politique. J’ai notamment pu lire l’éditorial commun publié par douze quotidiens catalans le 26 novembre intitulé « La dignidad de la Catalunya » dont vous pourrez lire la traduction intégrale en langue française en cliquant ici.


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Je compte vous donner des nouvelles de la conférence de presse qui aura lieu demain à 13 h…dans les prochaines heures!

Catalogne- Journal d’une observation internationale (Jour 3) (12 décembre 2009)

13 décembre 2009

Mon travail d’observateur international a véritablement commencé samedi matin le 12 décembre. J’ai d’abord participé à Barcelone à une conference de presse dans les locaux du Centre international Escarré pour les minorités ethniques et les nations (CIEMEN) à l’occasion de laquelle son président, M. Auréli Armegi a présenté les  membres de la mission d’observation internationale. Ces membres proviennent de divers horizons et on retrouve au sein de la mission des députés, des experts ainsi que des représentants de partis politiques. Les observateurs et observatrices sont notamment originaires du pays basque, de Corse, d’Écosse, des îles Faroë, du Québec et du val d’Aoste. J’ai été invité à prendre la parole avec trois autres observateurs lors de la conférence de presse et j’ai rappelé le devoir des membres de la mission d’observation internationale d’agir avec rigueur et impartialité.

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Présentation des observateurs internationaux

Après la conférence de presse, je me suis rendu avec le président de la CIEMEN dans la ville de Banyoles. En ma qualité d’observateur international, je me suis présenté au bureau de scrutin par anticipation de Banyoles et ai pu observer le travail des personnes responsables de ce scrutin. Je suis demeuré dans ce bureau jusqu’à sa fermeture jusqu’à 20 h et ai échangé avec les membres du Comité citoyen d’organisation locale, et notamment avec le président de ce comité, le responsable de la logistique ainsi que le responsable de la sécurité. J’ai formulé de nombreuses questions à l’intention de ces personnes et celles-ci ont répondu avec précision et franchise à mes questions. J’ai pu en outre examiner les listes des personnes ayant exercé leur droit de vote pendant la journée.

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Visite au bureau de vote par anticipation à Banyoles

Mon travail d’observateur international s’intensifiera dimanche matin puisqu’il s’agit du jour du scrutin général. Je quitterai Banyoles ce matin à 7 h 30 pour me rendre dans la ville de Roses pour assister à l’ouverture des bureaux de scrutin dans cette ville. J’y observerai le déroulement du scrutin en matinée et serai de retour à Banyoles en fin d’avant-midi. Je me déplacerai également dans quelques autres villes de la camorca Pla de l’Estany pour surveiller le déroulement du vote de plus petites municipalités catalanes.

L’humeur des Catalans et des Catalanes est très bonne ce matin, d’autant que leur équipe de football préférée, le Barça, l’a emporté hier contre l’Espanyol…1-0 ! Je vous reviens dans quelques heures pour la suite de ce Journal d’une observation internationale.

Catalogne- Journal d’une observation internationale (Jour 4) (13 décembre 2009)

18 décembre 2009

C’est le Jour J ! J’ai passé la nuit- et elle fut courte- dans le très joli gîte El Paller situé dans le village de Vilert-Esponellà et tenu par l’aubergiste Laura Anglada. Après un agréable petit déjeuner pris en compagnie de l’observateur basque Andoni Elorietta ainsi qu’avec le président du CIEMEN, Aureli Armegi et sa conjointe Anne de Genève, je suis pris en charge par une accompagnatrice catalane Carme Jutglar qui a la responsabilité de me conduire à Roses. Au fil de notre conversation sur les magnifiques chemins de la campagne, catalane j’apprends qu’elle une peintre autodidacte et qu’elle a présenté avec sa sœur jumelle Francesca plusieurs expositions. J’ai d’ailleurs retrouvé ses toiles sur la toile à l’adresse http://www.twinsistersart.com.

Mes premiers gestes d’observateur en ce jour de scrutin auront été de surveiller l’ouverture du bureau de scrutin à Roses. À mon arrivée dans cette jolie station balnéaire de la Costa Brava, j’ai rencontré les organisateurs locaux de la consultation et échangé avec eux sur les mesures prises pour assurer l’exercice et le secret du droit de vote. J’ai pu de même évaluer la capacité du système informatique de prévenir la fraude électorale et les officiers d’élection offrent une collaboration exemplaire. J’ai posé des questions aux électeurs et électrices sur la signification du scrutin et sur les suites qui pourraient lui être données. En présence de Carlos Mora i Tuxans, maire de la ville d’Arenys de Munt où s’est déroulé le premier scrutin sur l’indépendance le 13 septembre 2009 et porte-parole de la Consulta sobre la independència, je fais part de mes premières observations lors d’une conférence de presse.

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Conférence de presse à Roses
Aureli Armegi, Daniel Turp,
Carles Móra Tuxans et Elisenda Romeu

Je me suis rendu ensuite à Banyoles où j’avais rencontré la veille le personnel responsable du vote par anticipation. J’y ai également salué les officiers électoraux, discuté avec d’autres personnes s’étatn déplacé pour voter et ai pu m’entretenir avec les policiers à qui avait été confié le mandat d’assurer ma sécurité pendant la journée. Une autre conférence de presse a été convoquée à cet endroit et je fais à nouveau part de mes vues préliminaires sur le déroulement du scrutin.

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Je me suis ensuite rendu dans la municipalité de Palol de Reverdit. Dans cette petite ville de 385 âmes, j’ai été témoin du vote qui avait comme conséquence l’atteinte d’un taux de participation de 50 %. Le taux définitif de participation fut d’ailleurs de 51,94 %, 200 électeurs et électeurs ayant voté. Dans cette jolie ville médiévale, j’avais d’ailleurs été accueilli au son de la musique et par les pas des danseurs de la traditionnelle sardana. J’ai aussi pu voir une exposition de très jolies crèches de Noël créées dans le cadre d’un concours organisé par la mairie. J’ai ensuite été accueilli dans la ville voisine de Sereniya dirigée par le jeune maire Josep Antoni Ramon Guasch (portant l’anorak rouge sur la photographie ci-après) auquel je me suis joint pour un repas communautaire en compagnie des personnes responsables du scrutin dans sa municipalité.

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Je me suis rendu ensuite dans la ville de Besalú dont l’enceinte a été déclaré ensemble historique et artistique national par la Catalogne (voir la photographie ci-après). J’y ai observé le déroulement du scrutin dans deux sections de vote et je me suis adressé aux responsables du déroulement du vote dans l’ensemble de la comarca de Garrotxa. Ma visite ainsi que celle de mon collègue observateur basque ont d’ailleurs été soulignées dans un article intitulé « Daniel Turp i Andoni Elorrieta certifiquen que els consultes s’estan desenvolupant amb totes les garanties ».

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En fin de journée, j’ai également visité des bureaux de scrutin établis dans les villes de Porqueres et Fontcoberta. J’ai été accueilli dans cette dernière ville par le maire Joan Estarriola i Vilardell qui avait mis à la disposition des organisateurs le gymnase local dans l’enceinte duquel se déroulait le scrutin ainsi qu’un spectacle de danse sur patin…que j’ai également observé avec plaisir!

J’ai terminé mon observation à Banyoles et ai assisté à la fermeture du bureau de scrutin principal. J’y ai observé le début du dépouillement et du recensement des votes, et notamment du transfert des bulletins de vote par anticipation dans les urnes contenant les bulletins déposés aujourd’hui. J’ai ensuite salué les responsables de l’organisation électorale pour l’ensemble de la comarca de Pla de l’Estany et ai également remercié les policiers qui avaient assuré ma sécurité pendant toute la journée.

Je suis rentré au siège du CIEMEN à Barcelone avec Aureli Armegi et Anne de Genève pour assister à l’annonce des résultats. Les résultats généraux, que vous retrouvez sur le graphique ci-joint, ont été annoncés à 23 h par le porte-parole Carlos Mora i Tuxans, alors que le président de la Junta électoral national de la Consulta sobre la independència, présentait les résultats détaillés que vous pouvez consulter en cliquant ici.

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Après avoir obtenu une copie de la liste des résultats, échangé avec les informaticiens et discuté avec des mes collègues observateurs internationaux au sujet de la conférence de presse prévue pour le lendemain à 10 h, je suis rentré à mon hôtel épuisé, mais enrichi par une expérience unique !

Catalogne- Journal d’une observation internationale (Jour 5) (14 décembre 2009)

19 décembre 2009

Je me suis levé tôt ce matin pour rédiger un projet de rapport d’étape des observateurs internationaux destiné à être présenté lors de la conférence de presse prévu pour 10 h ce matin. Je retrouve, comme prévu, mon collègue observateur international valdôtain, Robert Louvin, pour un petit déjeuner de travail et nous finalisons ensemble le projet de rapport. Quim Arrufat rassemble les observateurs internationaux dans le foyer de notre hôtel et nous conduit jusqu’au Centre Internacional de Premsa de Barcelona. Le projet de rapport d’étape est présenté à l’ensemble des observateurs internationaux et est approuvé quelques minutes avant le début de la conférence de presse.

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Christopher White (Écosse), Daniel Turp (Québec),
Sebastian Madau (Sardaigne), Robert Louvin (Val d’Aoste) et Xosé Manuel Beiras (Galicie)

Au nom du groupe d’observateurs internationaux et accompagné à la tribune par quatre d’entre eux (voir photographie ci-haut), j’ai présenté le rapport d’étape dont la conclusion générale est ainsi formulée : « Le Groupe d’observateurs internationaux invité par la Consulta sobre la independència de la Catalunya, affirme l’honnêteté et le caractère démocratique des référendums organisés par la Consulta sobra la independència, est d’avis qu’ils ont été conformes au Reglament electoral de la Consulta sobre la independencia de Catalunya et aux principes démocratiques de base applicables aux consultations des électeurs et des électrices ». Cette conclusion a été endossée par écrit par l’ensemble des observateurs internationaux présents. J’ai également été chargé de rédiger le rapport final de mission que je me suis engagé à compléter dans les 15 jours après les scrutins d’hier, soit d’ici le 28 décembre 2009.

La présence d’observateurs internationaux a suscité l’intérêt des médias catalans et espagnols. comme en fait notamment foi l’article présentant un compte-rendu de la conférence de presse publié dans le quotidien El Punt sous le titre « Els observadors independentistes lloen les garanties i la participació- Polítics del Quebec, Galícia i Sardenya faran un informe de recomanacions ».

Après la conférence de presse, j’ai dû rapidement saluer le président du CIEMEN, Aureli Armegi ainsi que son vice-président Carlos Riera, qui m’ont hélé un taxi dans les rues de Barcelone de façon à ce que je puisse me rendre à l’aéroport pour prendre un vol de 12 h 50 à destination de Paris…suivi d’un vol pour Montréal dont le départ est prévu pour 14 h 15 à l’aéroport Charles-de-Gaulle.

Mes deux vols sont à l’heure et j’arrive à Montréal comme prévu à 17 h 50. Je me rends directement à la Permanence nationale du Parti Québécois pour assister à une réunion du Conseil exécutfif national du Parti Québécois, en présence de sa chef Pauline Marois. Un point sur la mission d’observation internationale en Catalogne  est déjà à l’ordre du jour et je fais donc rapport sur la mission à la fin de la réunion. Un communiqué a d’ailleurs été émis plus tard par le Parti Québécois sur cette mission et peut être consulté en cliquant ici.

*****

Cette expérience d’observation internationale s’est avérée fort enrichissante et je suis fier d’avoir été témoin d’un exercice à l’occasion duquel les Catalans et Catalanes ont affirmé, comme l’ont déjà fait les Québécois et les Québécoises, leur droit de choisir, si telle est leur volonté, la voie de l’indépendance nationale. J’entends continuer de m’intéresser au processus mis en place en Catalogne qui devrait se traduire par l’organisation de référendums dans d’autres villes catalanes les 18 février et 25 avril 2010. À suivre donc…avec grand intérêt et par solidarité avec la nation catalane !

De souveraineté et de persévérance : plaidoyer pour un véritable gouvernement souverainiste du Parti Québécois

22 février 2010

De souveraineté et de persévérance :
plaidoyer pour un véritable gouvernement souverainiste du Parti Québécois

Daniel Turp

Vice-président du Parti Québécois et président de la Commission politique

L’ancien chef du Parti Québécois. M. Lucien Bouchard, vient d’affirmer qu’il y avait, concernant le projet de souveraineté, « dans l’immédiat au Québec, d’autres choses à faire que d’attendre quelque chose qui ne vient pas vite ». Cette attitude n’est pas différente de celle que l’ancien Premier ministre qu’il devint au lendemain du referendum de 1995 et qui s’était investi dans une démarche visant à assainir les finances publiques afin de créer des « conditions gagnantes » pour la souveraineté. Pendant qu’il cherchait à réunir de telles conditions gagnantes, le gouvernement du Canada mettait en oeuvre une stratégie tous azimuts visant à bâilloner le Québec et dont l’une des conséquences aura été d’amener Lucien Bouchard à quitter ces fonctions et à renoncer à poursuivre un combat pour la souveraineté dont il avait un acteur pourtant si efficace et apprécié entre 1990 et 1995.

Cette attitude de renoncement à l’idéal et au combat pour la souveraineté est analogue à celle d’un autre ancien ténor du Parti Québécois, François Legault, qui avait en marge de la réélection du Parti libéral du Québec en 2007, déclaré quant à lui que « [l]es gens ne sont pas prêts à se faire proposer des projets collectifs parce qu’ils ont perdu confiance dans les politiciens ». René Lévesque n’avait-il pas lui aussi choisi de répondre au rapatriement de la Constitution du Canada sans le consentement du Québec en invitant les Québécois à prendre un « beau risque » et réagir ainsi à l’appel de réintégration du Québec au sein du Canada « dans l’honneur et l’enthousiasme » lancé par Brian Mulroney, avec l’aide de la plume de Lucien Bouchard. Et Pierre-Marc Johnson n’a-t-il pas substitué quant à lui une proposition d’affirmation nationale au projet de souveraineté durant son court règne de chef du Parti Québécois.

Ce qu’ont en commun ces anciens chefs et leaders du Parti Québécois, et ce qui les distingue notamment de leurs successeurs Jacques Parizeau et Bernard Landry, c’est le refus de persévérer dans la lutte pour la souveraineté et d’inscrire cette lutte dans la durée. C’est également cette croyance voulant que le règlement de certains problèmes économiques, sociaux et culturels qu’ils appellent de leurs vœux justifie de mettre en veilleuse le combat pour la souveraineté et que les compétences et moyens dont dispose le Québec permettraient de trouver, pour reprendre la formule utilisée par Lucien Bouchard le 16 février 2010, « le tremplin de notre nouveau depart ».

Le défi pour le Parti Québécois d’aujourd’hui est d’exercer à l’égard du projet d’indépendance nationale le leadership qu’ont ainsi renoncé à assumer certains leaders qui ont cru, et qui croient toujours dans certains cas, que la souveraineté est éminemment souhaitable pour la nation québécoise. La prevue d’un tel leadership doit reposer non seulement sur un discours, mais sur des gestes visant à démontrer que la souveraineté est le véritable objectif poursuivi par le Parti Québécois. À cet égard, les actions posées par Pauline Marois depuis son accession à la direction du Parti Québécois démontrent cette volonté. Après avoir convaincu les membres du Parti Québécois que le leadership sur la souveraineté ne s’exerçait pas en débattant constamment des questions reliées à la mécanique et à l’échéancier référendaires, Pauline Marois a réussi à doter d’abord le Parti Québécois d’un Manifeste sur la souveraineté et d’un Argumentaire sur la souveraineté, pour ensuite faire adopter- à l’unanimité- un Plan pour un Québec souverain.

Comme l’affirme ce Plan pour un Québec souverain, l’accession du Québec à sa pleine souveraineté sera le pivot d’un gouvernement du Parti Québécois et celui-ci entend se présenter comme un gouvernement souverainiste déterminé à poser des gestes faisant progresser le Québec vers un statut de pays. Dans ce plan, le Parti Québécois affirme avoir l’intention de se comporter, entre la prise du pouvoir et l’accession du Québec à la souveraineté, en gouvernement souverainiste de manière continue. Ce comportement se traduira par l’adoption d’une Constitution québécoise et l’institution d’une citoyenneté québécoise, mais également par des gestes visant à freiner et combattre contre les ingérences du gouvernement fédéral, à assumer toutes les compétences que détient le Québec, à occuper tout l’espace dans les compétences partagées et à acquérir de nouveaux pouvoirs. De tels gestes prépareront le Québec à assumer son destin et démontreront la volonté du Parti Québécois faire accéder le Québec à l’indépendance nationale. Ils mettront fin à un attentisme qui a caractérisé l’attitude des gouvernements antérieurs du Parti Québécois et seront un heureux contraste avec le refus du gouvernement Charest de prendre des mesures visant à consolider les institutions québécoises et à tirer des conséquences des refus du gouvernement du Canada de donner suite aux revendications légitimes du Québec.

*****

Le Parti Québécois garde ainsi le cap sur la souveraineté et la Proposition principale que présentera le Conseil exécutif national à ses membres en juin 2010 se voudra un plaidoyer pour un véritable gouvernement souverainiste. Il proposera qu’un gouvernement du Parti Québécois agisse comme un gouvernement souverainiste sur l’ensemble des questions qui requerront l’intervention de l’État québécois, qu’il s’agisse d’identité, de langue, de culture, de développement économique et social, mais également dans le domaine des relations internationales qui devrait devenir celui des affaires étrangères d’une nation préparant le terrain pour la reconnaissance internationale du pays du Québec.

Non seulement le projet de pays du Québec est-il réalisable, contrairement à ce qu’en pense Lucien Bouchard, mais il s’inscrit dans une démarche analogue à celle qui a fait naître près de 150 nouveaux pays depuis l’avènement des Nations Unies en 1945 et qu’empruntent d’autres nations, comme l’Écosse et la Catalogne qui veulent, comme le Québec, avoir une véritable voix au sein du concert de près de 200 pays indépendants.

La réussite du pays du Québec est et sera fondée sur la persévérance. Elle résultera d’une volonté d’inscrire le projet d’indépendance nationale dans la durée et dans des gestes d’un véritable gouvernement souverainiste qui contribueront à l’acquisition par le Québec du statut qu’il mérite : celui d’un État libre.

Et pour rappeler en mots et images,


cliquez ici.

Le gouvernement souverainiste, le développement économique et la création de la richesse

15 mars 2010

Notes pour une allocution de

Daniel Turp

Vice-président et président de la Commission politique


À l’occasion de la Conférence nationale du Parti Québécois

Lévis

13 mars 2010


Monsieur le Président du Parti Québécois,
Mesdames, messieurs les délégués et déléguées du Conseil national,
Mesdames et messieurs,

J’ai le plaisir de vous faire rapport sur les travaux de la Commission politique dont le mandat est, selon les Statuts de notre Parti Québécois, de soutenir « le processus d’élaboration du programme et des positions du Parti ».

Dans cette perspective, la Commission politique s’est réunie dans les locaux du bureau de notre Permanence nationale à Québec le 17 février dernier pour examiner le projet de Cahier de réflexion qui vous a été transmis pour les fins des débats qui auront lieu dans le cadre de notre deuxième colloque sur « Le gouvernement souverainiste, le développement économique et la création de la richesse ». Rappelant que la Conférence nationale du Parti Québécois avait, le 6 juin dernier, entériné à l’unanimité le Plan pour un Québec souverain proposé par notre chef Pauline Marois, les membres de la Commission politique ont continué d’insister pour que les débats que nous aurons aujourd’hui et demain sur la création de la richesse, comme ceux que nous avons consacré au développement culturel en novembre dernier, s’inscrivent dans le cadre de notre Plan pour un Québec souverain. Le Cahier de réflexion que vous avez entre les mains reflète cette volonté et identifie, comme vous l’aurez constaté, les pistes d’action d’un gouvernement du Parti Québécois ayant l’intention de se comporter et d’agir, entre la prise du pouvoir et l’accession du Québec à la souveraineté, en véritable gouvernement souverainiste.

Dans cette perspective et pour soutenir et faciliter l’enrichissement des Québécois, il est dès lors proposé que ce comportement d’un gouvernement souverainiste se traduise par des gestes visant à écarter des obstacles qui proviennent d’Ottawa, en particulier en ce qui a trait à l’assurance-emploi et à rapatrier l’ensemble des outils de développement économique utilisés par le gouvernement du Canada sur le territoire du Québec. Il vous est également proposé d’entériner, pour les fins d’inscription dans le prochain programme du Parti Québécois, l’idée de l’instauration d’un rapport d’impôt unique, comme il est suggére de mettre au point une politique ambitieuse de recherches scientifique et de préparer sa mise en place dans un Québec souverain.

Nous amorçons donc aujourd’hui notre réflexion sur les gestes que posera un futur gouvernement du Parti Québécois en matière de développement économique et de création de la richesse. Les gestes sur lesquels vous êtes invités à délibérer à l’occasion du colloque de la fin de la semaine ne sauraient être interprétés comme un virage à droite de notre Parti Québécois. Ils annoncent plutôt une modernisation de l’orientation résolument social-démocrate de notre formation politique, qui était chère d’ailleurs à notre président-fondateur René Lévesque, et qui est résumée dans une courte phrase, mais si porteuse de modernité, contenue dans le mot de notre chef en introduction du Cahier de réflexion : « [P]our créer une richesse durable, il est nécessaire de converger vers un partenariat entre l’individu et l’État ». Nos délibérations produiront, je l’espère, des consensus sur les gestes à poser, comme gouvernement souverainiste, sur les éléments d’une politique économique applicable aux jeunes familles, relative à l’emploi et à la retraite, à l’entrepreneurship et au développement en région, à la mission et au mandat de nos sociétés d’État à vocation économique (et en particulier à l’idée d’instituer une véritable Banque de développement du Québec), visant à mettre en place une fiscalité efficace et s’intéressant à l’innovation et la productivité. Les résultats de nos délibérations sur ces questions alimenteront les travaux de la Commission politique ainsi que ceux du Groupe d’action sur l’indépendance nationale et le Comité de rédaction de la proposition principale qu’a institué le Conseil exécutif national et dont je suis le rapporteur. Le Conseil exécutif national a déjà été saisi et pu examiner les ébauches des chapitres de la propositions relatives à la souveraineté et l’identité et les travaux respectent un échéancier devant conduire à la présentation par le Conseil exécutif national de la Proposition principale lors de la Conférence nationale de juin prochain.

La réflexion sur la souveraineté et la gouverne souverainiste de l’État québécois que nous poursuivrons aujourd’hui s’inscrit dans une démarche analogue à celle qu’empruntent d’autres nations, comme la Catalogne et l’Écosse qui veulent, comme le Québec, avoir une véritable voix au sein du concert des nations souveraines. En ma qualité de vice-président du Parti Québécois et président de sa commission politique, j’ai été invité à observer les initiatives citoyennes en cours en Catalogne qui participent à une véritable appropriation par les Catalans et Catalans du processus d’accession de leur nation à la souveraineté politique. J’ai d’ailleurs pu agir comme observateur dans le cadre de référendums organisés le 13 décembre derniers dans plusieurs municipalités catalanes. Je retournerai d’ailleurs en Catalogne le mois prochain pour participer à une conférence du Réseau mondial pour les droits collectifs des peuples et agir comme à nouveau comme observateur international du référendum qui sera organisé dans la ville de Girona. Je suis également de près les développements en cours en Écosse et l’approche choisie par le gouvernement dirigé par le Scottish National Party. Celui-ci poursuit son travail de promotion de l’indépendance nationale et a rendu public en février dernier un document de consultation contenant le texte du projet de loi référendaire. J’ai également participé le 21 janvier dernier à une conférence de l’organisme Génération-Québec à l’occasion de laquelle le journaliste et acteur politique du Kosovo, Naser Miftari, a parlé de l’accession à l’indépendance du Kosovo et de sa reconnaissance internationale.

*****

Le défi pour le Parti Québécois est aujourd’hui d’exercer à l’égard du projet d’indépendance nationale le leadership et de persévérer dans une lutte qui doit être inscrite dans la durée. Il ne doit pas être gêné d’affirmer que le règlement de plusieurs problèmes économiques, sociaux et culturels ne sera rendu possible que par l’accession du Québec à la souveraineté, tout en rappelant que les compétences et moyens dont dispose le Québec ne lui permettent pas de trouver des solutions durables aux problèmes actuels de la société québécoise et ne permettront pas aux Québécois et aux Québécoises, pour reprendre le thème de notre colloque de la fin de samine, de « s’enrichir durablement ».

La preuve d’un tel leadership doit reposer tant sur des discours que des gestes visant à démontrer que la souveraineté est le véritable objectif poursuivi par le Parti Québécois À cet égard, les actions posées par notre chef Pauline Marois depuis son accession à la direction du Parti Québécois démontrent clairement cette volonté. La réussite du pays du Québec est et sera ainsi fondée tant sur son leadership et sa persévérance, et sur les nôtres. Elle résultera aussi d’une volonté d’inscrire le projet d’indépendance nationale dans la durée et dans des actions d’un véritable gouvernement souverainiste qui contribueront à l’acquisition par le Québec du statut qu’il mérite : celui d’un État libre.

Catalogne- Journal d’une deuxième observation internationale (Jour 1- Jeudi 22 avril 2010)

24 avril 2010

Les cendres du volcan islandais Eyjafjallajokull n’ont pas empêché mon vol de quitter Montréal mercredi soir et j’ai pu atterrir ce matin à Barcelone et fouler le sol catalan, sans problème et à l’heure, en transitant par Zurich en Suisse. Agustí Nicolau-Coll, un correspondant du Centre internacional Escarré per a les minories ethniques il les nacions (CIEMEN) au Québec et un Québécois d’origine catalane, était également à bord des vols et nous avons pu échanger sur la situation politique. Le président du CIEMEN, Aureli Argemi nous a accueilli à l’aéroport de Barcelone et j’ai immédiatement pris le train avec ce dernier pour Valencia, la capitale de la communauté autonome du même nom et qui est considéré comme faisant partie des pays catalans.

La mission que j’entreprends en Catalogne est double. Je participerai d’abord le samedi 24 avril à un Forum sur les droits collectifs des peuples organisé par le CIEMEN, en collaboration avec l’Agence catalane de développement et de coopération et la Generalitat de Catalogne. Les travaux de la conférence se poursuivront le lundi le 26 avril et devraient se conclure par la création d’un Réseau mondial des droits collectifs des peuples. Je prendrai ensuite part à la mission d’observation internationale des référendums sur l’indépendance de la Catalogne qui auront lieu dans la ville de Girona et dans plus de 200 autres villes de la Catalogne et s’inscrivent dans le cadre de la troisième vague de consultations populaires. J’ai participé à la première vague de consultations qui s’est déroulée le 13 décembre 2009 dans 167 villes et avait été invité, comme pour la troisième vague, par La Platforma pel Dret a Decidir. La deuxième vague de consultations s’est déroulée le 28 février dernier dans 80 municipalités. Depuis le référendum symbolique tenu à Arenys de Munt le 13 septembre 2009, on estime à 255 668 le nombre de personnes qui ont voté lors des trois vagues de consultations populaires : 94.2% des personnes qui ont voté ont opté OUI, 3.6% pour le NON et 1,8% des bulletins ont été annulés. La question posée aux Catalans et aux Catalanes est formulée ainsi : « Etes-vous favorable à ce que la Catalogne soit un Etat souverain, social et démocratique intégré dans l’Union européenne? ».

En cette première journée de ma mission en Catalogne et en prélude au Forum sur les droits collectifs des peuples, j’ai prononcé une conférence à l’Université de Valencia à l’invitation du CIEMEN, de l’Intersindical Valenciana et le Forum Debats Universitat de Vàlencia sur le thème des droits collectifs des peuples dans le contexte des droits fondamentaux.

J’ai rappelé l’importance conférée au droit collectif que constitue le droit à l’autodétermination dans la Charte des Nations Unies, mais également l’affirmation de l’article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme selon lequel « [l]a volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ». J’ai ensuite souligné que les deux Pactes internationaux relatifs aux droits de l’Homme stipulaient dans l’article premier commun qui leur est commun que « [tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes [et qu’e]n vertu de ce droit, ils peuvent déterminer librement leur statut politique et assurer librement leur développement économique, social et culturel.

Après avoir insisté que ce droit collectif avait pour corollaire l’obligation de l’État de respecter ce droit collectif, j’ai suggéré que la réalisation de ce droit suppose une lutte collective pour l’exercer. Cette lutte se traduit par l’affirmation de sa condition de nation et l’exigence d’une reconnaissance, mais aussi et surtout la création de mécanismes et d’instruments facilitant l’exercice du droit à l’autodétermination. S’agissant de cette lutte collective, j’ai cherché à présenter les ressemblances et différences des luttes des nations québécoise et catalane pour l’autodétermination. Alors que l’État québécois a été capable de mettre en place des outils pour consulter le peuple du Québec sur son avenir politique et consulter celui-ci à trois reprises sur son avenir politique, dont deux fois sur le projet d’indépendance nationale en 1980 et 1995, j’ai constaté que la société civile catalane est celle qui organise, devant l’intransigeance de l’État espagnol et à défaut pour les institutions de la Communauté catalane d’en prendre l’initiative, les consultations populaires sur la question de l’indépendance nationale de la Catalogne dans le cadre de l’Union européenne. Organisés à l’échelle municipale, les référendums catalans sont en eux-mêmes des actes d’autodétermination, comme chaque vote est également en lui-même un acte d’autodétermination.

Plusieurs questions venant de l’auditoire de la centaine de personnes s’étant déplacées pour la conférence manifestaient non seulement un intérêt pour le Québec, mais également une connaissance de la situation politique qui y règne.

Ce jour 1 s’est terminé par un agréable repas, en compagnie des représentants pour CIEMEN l’Intersindical Valenciana, qui a débuté à une heure très raisonnable pour les Catalans et les Catalanes : 21 h 30 !

Catalogne- Journal d’une deuxième observation internationale (Jour 2- 23 avril 2010)

24 avril 2010

J’ai quitté Valencia à 10 h ce matin et ai fait un arrêt à Barcelone au siège du CIEMEN. Quelle ne fut pas ma surprise de retrouver inséré à l’intérieur du quotidien catalan Avui un projet de Constitution de la Catalogne présenté et signé par Joan Carretero, chef du nouveau parti indépendantiste Reagrupment. Ce projet, présenté également sur un vidéo auquel vous pouvez avoir accès en cliquant ici. Faisant moi-même la promotion de l’adoption d’une Constitution québécoise et ayant d’ailleurs présenté moi-même à l’Assemblée nationale le projet de loi no 186 pour illustrer ce que pourrait contenir le texte d’une loi fondamentale pour le Québec, j’ai constaté que l’idée de donner une identité constitutionnelle à la Catalogne gagne du terrain et qu’elle se veut notamment une réponse à la menace qui pèse sur le nouveau Statut d’autonomie de la communauté catalane. Il a d’ailleurs beaucoup question de ce statut dans l’actualité politique ici en raison du fait que le Tribunal constitutionnel d’Espagne a repoussé à nouveau la date de sa décision sur la conformité du Statut d’autonomie, pourtant approuvé à la fois par la Generalitat (Parlement) de Catalogne et par le peuple catalan par référendum, à la Constitution espagnole.

J’ai pu également vivre l’expérience d’une fête de la Sant Jordi qui est célébrée en Catalogne le 23 avril à chaque année. Destinée à perpétuer une tradition née au Moyen-Âge, cette fête veut que l’homme remette à la femme une rose et que la femme remet à un homme un livre. Cette tradition a par ailleurs été modernisée car j’ai constaté que les hommes recevaient aussi des roses et que la bibliothèque des femmes était également enrichie d’un livre. Il est intéressant de noter que le 23 avril est aussi la date de la mort, en 1616, de Cervantes, de Shakespeare et Garcilaso de la Vega dit l’Inca et marque aussi la naissance, ou la mort d’éminents écrivains comme Maurice Druon, K. Laxness, Vladimir Nabokov, Josep Pla ou Manuel Mejía Vallejo. L’UNESCO a fait de cette date, comme l’avait fait la Chambre de commerce de Barcelone en 1926, la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

Séance inaugurale du Forum sur les droits collectifs des peuples

Le Forum des droits collectifs des peuples a été inauguré ce soir à l’Hôtel de ville de Girona en présence de la vice-mairesse de la muncipalité, Cristina Alsian Conesa, du représentant de l’Agence de coopération et de développement de la Catalogne, David Minoves et du président du CIEMEN, Aureli Argeti. La séance à la mairie a une suite très culturelle puisque les participants et participantes ont assisté à un « Concert d’inauguracio » au Jardi di la infancia animé par le groupe La Carrau.

Après le concert et une journée bien remplie, je suis rentré à mon hôtel « al costat de la Catedral » en empruntant les rues étroites du quartier connu sous le nom de « Call » ou quartier juif.

Et j’ai poursuivi la rédaction de mon Journal d’une deuxième observation internationale en écoutant la chaîne de musique classique de la radio publique catalane (une véritable source d’inspiration pour le projet d’une Radio-Québec)! que vous pouvez écouter en direct en cliquant sur son logo ci-après :


À demain !

Catalogne- Journal d’une deuxième observation internationale (Jour 3- 24 avril 2010)

26 avril 2010

Les travaux du Forum mondial des droits collectifs des peuples ont commencé ce matin et ont été introduits par le vice-président de CIEMEN Carlos Riera. Les trois premières tables rondes table ronde a porté sur Les droits collectifs comme droits fondamentaux, Les expériences d’exercice du droit à l’autodétermination ainsi que sur Le droit de décider, l’identité, le territoire et la crise.

Je suis intervenu quant à moi lors de la quatrième table ronde consacrée au thème Diversité, crise de l’État nation, mondialisation et droit à l’autodétermination. Comme je l’avais fait à Valencia, j’ai rappelé l’importance pour les peuples de mettre en œuvre leurs droits collectifs par des luttes collectives visant notamment à se doter des instruments pour assurer l’exercice de leur droit de choisir leur statut politique et d’assurer librement leur développement économique social et culturel.


Daniel Turp, Parti Québécois (Québec)
et Pedro Santana, Viva la Ciudadanía (Colòmbia)

J’ai insisté par ailleurs sur le fait que les peuples qui cherchent à se constituer en États nations, comme la Catalogne, le Québec, l’Écosse, la Kabylie et tant d’autres peuples représentés dans le cadre de ce forum, devraient relever le défi de la diversité et éviter de reproduire les comportements des États dont ils cherchent à se libérer. Le respect d’une telle diversité suppose en outre la reconnaissance des minorités nationales en leur sein ainsi que les nations autochtones avec lesquels un dialogue de nation à nation s’impose. J’ai également rappelé que l’exercice par le droit à l’autodétermination est également assujetti au défi de la mondialisation et devrait notamment s’inscrire dans une perspective de développement humain durable. La mondialisation suppose également que les nouveaux États permettent aux minorités nationales et nations autochtones d’entretenir des rapports internationaux et de partager avec les institutions des nouveaux la responsabilité d’élaborer une politique étrangère soucieuse de la diversité de ses acteurs. La conclusion de mon exposé s’est terminé par un rapport que les peuples du monde sont composés d’individus qui forme une même Humanité et que cette Humanité doit aussi se voir reconnaître le droit collectif d’être préservé des actes qui choquent sa conscience.

Durant une pause du Forum, une conférence de presse rassemblant les personnes appelées à effectuer l’observation internationale lors des référendums sur l’indépendance de la Catalogne a été tenue. J’ai pris la parole au nom du groupe et ai parlé de l’importance d’effectuer l’observation avec impartialité et rigueur et de vérifier le respecter par les autorités responsables du scrutin des règles visant à favoriser l’exercice du droit de vote. Pour prendre connaissance de la liste complète des 29 observateurs internationaux et lire l’article publié sur le site du journal numérique de la ville de Girona à la suite de cette conférence de presse, cliquez ici.

J’ai également été invité à me rendre dans les studios de la Radio Catalunya à Girona avec deux autres observateurs internationaux, le député des Îles Feroë Sjurdur Skaale et le maire Christian Traodec de Bretagne. Nous y accompagnait  Quim Arrufat du CIEMEN et celui-ci a également pris la parole dans le cadre de l’émission Solidaris d’une animatrice fort populaire en Catalogne, Rita Marzoa.


Christian Traodec, Quim Arrufat, Sjurdur, Rita Marzoa et Daniel Turp

Vous pouvez d’ailleurs écouter les extraits de l’émission durant laquelle mes collègues féroïen, breton et moi-même avons pu parler des luttes respectives de nos peuples pour l’autodétermination ainsi que de notre présence en Catalogne comme observateurs internationaux en cliquant ici. (et en écoutant de 33 : 36 à 52 :04 et, en ce qui me concerne plus particulièrement, de 39 : 40 à 42 :12)

Le Forum fait relâche jusqu’à lundi pour permettre aux personnes faisant de l’observation internationale de se rendre dans les villes où se dérouleront les scrutins. J’ai rendez-vous demain matin avec un collègue corse Jean-Luc Morucci avec lequel je serai jumelé et nous serons accompagnés par le président du CIEMEN Aureli Argeti. Nous sommes attendus à 7 h 50 à la Plaza Catalunya de Girona par notre accompagnateur Joan Albareda i Serra…qui nous promet d’être à l’heure…et insiste pour que nous le soyons aussi !



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