Indépendance nationale « Le blogue politique de Daniel Turp

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Catalogne- Journal d’une observation internationale (Jour 5) (14 décembre 2009)

Samedi 19 décembre 2009

Je me suis levé tôt ce matin pour rédiger un projet de rapport d’étape des observateurs internationaux destiné à être présenté lors de la conférence de presse prévu pour 10 h ce matin. Je retrouve, comme prévu, mon collègue observateur international valdôtain, Robert Louvin, pour un petit déjeuner de travail et nous finalisons ensemble le projet de rapport. Quim Arrufat rassemble les observateurs internationaux dans le foyer de notre hôtel et nous conduit jusqu’au Centre Internacional de Premsa de Barcelona. Le projet de rapport d’étape est présenté à l’ensemble des observateurs internationaux et est approuvé quelques minutes avant le début de la conférence de presse.

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Christopher White (Écosse), Daniel Turp (Québec),
Sebastian Madau (Sardaigne), Robert Louvin (Val d’Aoste) et Xosé Manuel Beiras (Galicie)

Au nom du groupe d’observateurs internationaux et accompagné à la tribune par quatre d’entre eux (voir photographie ci-haut), j’ai présenté le rapport d’étape dont la conclusion générale est ainsi formulée : « Le Groupe d’observateurs internationaux invité par la Consulta sobre la independència de la Catalunya, affirme l’honnêteté et le caractère démocratique des référendums organisés par la Consulta sobra la independència, est d’avis qu’ils ont été conformes au Reglament electoral de la Consulta sobre la independencia de Catalunya et aux principes démocratiques de base applicables aux consultations des électeurs et des électrices ». Cette conclusion a été endossée par écrit par l’ensemble des observateurs internationaux présents. J’ai également été chargé de rédiger le rapport final de mission que je me suis engagé à compléter dans les 15 jours après les scrutins d’hier, soit d’ici le 28 décembre 2009.

La présence d’observateurs internationaux a suscité l’intérêt des médias catalans et espagnols. comme en fait notamment foi l’article présentant un compte-rendu de la conférence de presse publié dans le quotidien El Punt sous le titre « Els observadors independentistes lloen les garanties i la participació- Polítics del Quebec, Galícia i Sardenya faran un informe de recomanacions ».

Après la conférence de presse, j’ai dû rapidement saluer le président du CIEMEN, Aureli Armegi ainsi que son vice-président Carlos Riera, qui m’ont hélé un taxi dans les rues de Barcelone de façon à ce que je puisse me rendre à l’aéroport pour prendre un vol de 12 h 50 à destination de Paris…suivi d’un vol pour Montréal dont le départ est prévu pour 14 h 15 à l’aéroport Charles-de-Gaulle.

Mes deux vols sont à l’heure et j’arrive à Montréal comme prévu à 17 h 50. Je me rends directement à la Permanence nationale du Parti Québécois pour assister à une réunion du Conseil exécutfif national du Parti Québécois, en présence de sa chef Pauline Marois. Un point sur la mission d’observation internationale en Catalogne  est déjà à l’ordre du jour et je fais donc rapport sur la mission à la fin de la réunion. Un communiqué a d’ailleurs été émis plus tard par le Parti Québécois sur cette mission et peut être consulté en cliquant ici.

*****

Cette expérience d’observation internationale s’est avérée fort enrichissante et je suis fier d’avoir été témoin d’un exercice à l’occasion duquel les Catalans et Catalanes ont affirmé, comme l’ont déjà fait les Québécois et les Québécoises, leur droit de choisir, si telle est leur volonté, la voie de l’indépendance nationale. J’entends continuer de m’intéresser au processus mis en place en Catalogne qui devrait se traduire par l’organisation de référendums dans d’autres villes catalanes les 18 février et 25 avril 2010. À suivre donc…avec grand intérêt et par solidarité avec la nation catalane !

Catalogne- Journal d’une observation internationale (Jour 4) (13 décembre 2009)

Vendredi 18 décembre 2009

C’est le Jour J ! J’ai passé la nuit- et elle fut courte- dans le très joli gîte El Paller situé dans le village de Vilert-Esponellà et tenu par l’aubergiste Laura Anglada. Après un agréable petit déjeuner pris en compagnie de l’observateur basque Andoni Elorietta ainsi qu’avec le président du CIEMEN, Aureli Armegi et sa conjointe Anne de Genève, je suis pris en charge par une accompagnatrice catalane Carme Jutglar qui a la responsabilité de me conduire à Roses. Au fil de notre conversation sur les magnifiques chemins de la campagne, catalane j’apprends qu’elle une peintre autodidacte et qu’elle a présenté avec sa sœur jumelle Francesca plusieurs expositions. J’ai d’ailleurs retrouvé ses toiles sur la toile à l’adresse http://www.twinsistersart.com.

Mes premiers gestes d’observateur en ce jour de scrutin auront été de surveiller l’ouverture du bureau de scrutin à Roses. À mon arrivée dans cette jolie station balnéaire de la Costa Brava, j’ai rencontré les organisateurs locaux de la consultation et échangé avec eux sur les mesures prises pour assurer l’exercice et le secret du droit de vote. J’ai pu de même évaluer la capacité du système informatique de prévenir la fraude électorale et les officiers d’élection offrent une collaboration exemplaire. J’ai posé des questions aux électeurs et électrices sur la signification du scrutin et sur les suites qui pourraient lui être données. En présence de Carlos Mora i Tuxans, maire de la ville d’Arenys de Munt où s’est déroulé le premier scrutin sur l’indépendance le 13 septembre 2009 et porte-parole de la Consulta sobre la independència, je fais part de mes premières observations lors d’une conférence de presse.

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Conférence de presse à Roses
Aureli Armegi, Daniel Turp,
Carles Móra Tuxans et Elisenda Romeu

Je me suis rendu ensuite à Banyoles où j’avais rencontré la veille le personnel responsable du vote par anticipation. J’y ai également salué les officiers électoraux, discuté avec d’autres personnes s’étatn déplacé pour voter et ai pu m’entretenir avec les policiers à qui avait été confié le mandat d’assurer ma sécurité pendant la journée. Une autre conférence de presse a été convoquée à cet endroit et je fais à nouveau part de mes vues préliminaires sur le déroulement du scrutin.

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Je me suis ensuite rendu dans la municipalité de Palol de Reverdit. Dans cette petite ville de 385 âmes, j’ai été témoin du vote qui avait comme conséquence l’atteinte d’un taux de participation de 50 %. Le taux définitif de participation fut d’ailleurs de 51,94 %, 200 électeurs et électeurs ayant voté. Dans cette jolie ville médiévale, j’avais d’ailleurs été accueilli au son de la musique et par les pas des danseurs de la traditionnelle sardana. J’ai aussi pu voir une exposition de très jolies crèches de Noël créées dans le cadre d’un concours organisé par la mairie. J’ai ensuite été accueilli dans la ville voisine de Sereniya dirigée par le jeune maire Josep Antoni Ramon Guasch (portant l’anorak rouge sur la photographie ci-après) auquel je me suis joint pour un repas communautaire en compagnie des personnes responsables du scrutin dans sa municipalité.

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Je me suis rendu ensuite dans la ville de Besalú dont l’enceinte a été déclaré ensemble historique et artistique national par la Catalogne (voir la photographie ci-après). J’y ai observé le déroulement du scrutin dans deux sections de vote et je me suis adressé aux responsables du déroulement du vote dans l’ensemble de la comarca de Garrotxa. Ma visite ainsi que celle de mon collègue observateur basque ont d’ailleurs été soulignées dans un article intitulé « Daniel Turp i Andoni Elorrieta certifiquen que els consultes s’estan desenvolupant amb totes les garanties ».

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En fin de journée, j’ai également visité des bureaux de scrutin établis dans les villes de Porqueres et Fontcoberta. J’ai été accueilli dans cette dernière ville par le maire Joan Estarriola i Vilardell qui avait mis à la disposition des organisateurs le gymnase local dans l’enceinte duquel se déroulait le scrutin ainsi qu’un spectacle de danse sur patin…que j’ai également observé avec plaisir!

J’ai terminé mon observation à Banyoles et ai assisté à la fermeture du bureau de scrutin principal. J’y ai observé le début du dépouillement et du recensement des votes, et notamment du transfert des bulletins de vote par anticipation dans les urnes contenant les bulletins déposés aujourd’hui. J’ai ensuite salué les responsables de l’organisation électorale pour l’ensemble de la comarca de Pla de l’Estany et ai également remercié les policiers qui avaient assuré ma sécurité pendant toute la journée.

Je suis rentré au siège du CIEMEN à Barcelone avec Aureli Armegi et Anne de Genève pour assister à l’annonce des résultats. Les résultats généraux, que vous retrouvez sur le graphique ci-joint, ont été annoncés à 23 h par le porte-parole Carlos Mora i Tuxans, alors que le président de la Junta électoral national de la Consulta sobre la independència, présentait les résultats détaillés que vous pouvez consulter en cliquant ici.

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Après avoir obtenu une copie de la liste des résultats, échangé avec les informaticiens et discuté avec des mes collègues observateurs internationaux au sujet de la conférence de presse prévue pour le lendemain à 10 h, je suis rentré à mon hôtel épuisé, mais enrichi par une expérience unique !

Catalogne- Journal d’une observation internationale (Jour 3) (12 décembre 2009)

Dimanche 13 décembre 2009

Mon travail d’observateur international a véritablement commencé samedi matin le 12 décembre. J’ai d’abord participé à Barcelone à une conference de presse dans les locaux du Centre international Escarré pour les minorités ethniques et les nations (CIEMEN) à l’occasion de laquelle son président, M. Auréli Armegi a présenté les  membres de la mission d’observation internationale. Ces membres proviennent de divers horizons et on retrouve au sein de la mission des députés, des experts ainsi que des représentants de partis politiques. Les observateurs et observatrices sont notamment originaires du pays basque, de Corse, d’Écosse, des îles Faroë, du Québec et du val d’Aoste. J’ai été invité à prendre la parole avec trois autres observateurs lors de la conférence de presse et j’ai rappelé le devoir des membres de la mission d’observation internationale d’agir avec rigueur et impartialité.

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Présentation des observateurs internationaux

Après la conférence de presse, je me suis rendu avec le président de la CIEMEN dans la ville de Banyoles. En ma qualité d’observateur international, je me suis présenté au bureau de scrutin par anticipation de Banyoles et ai pu observer le travail des personnes responsables de ce scrutin. Je suis demeuré dans ce bureau jusqu’à sa fermeture jusqu’à 20 h et ai échangé avec les membres du Comité citoyen d’organisation locale, et notamment avec le président de ce comité, le responsable de la logistique ainsi que le responsable de la sécurité. J’ai formulé de nombreuses questions à l’intention de ces personnes et celles-ci ont répondu avec précision et franchise à mes questions. J’ai pu en outre examiner les listes des personnes ayant exercé leur droit de vote pendant la journée.

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Visite au bureau de vote par anticipation à Banyoles

Mon travail d’observateur international s’intensifiera dimanche matin puisqu’il s’agit du jour du scrutin général. Je quitterai Banyoles ce matin à 7 h 30 pour me rendre dans la ville de Roses pour assister à l’ouverture des bureaux de scrutin dans cette ville. J’y observerai le déroulement du scrutin en matinée et serai de retour à Banyoles en fin d’avant-midi. Je me déplacerai également dans quelques autres villes de la camorca Pla de l’Estany pour surveiller le déroulement du vote de plus petites municipalités catalanes.

L’humeur des Catalans et des Catalanes est très bonne ce matin, d’autant que leur équipe de football préférée, le Barça, l’a emporté hier contre l’Espanyol…1-0 ! Je vous reviens dans quelques heures pour la suite de ce Journal d’une observation internationale.

Catalogne- Journal d’une observation internationale (Jour 2) (11 décembre 2009)

Vendredi 11 décembre 2009

Ma première journée en Catalogne tire à sa fin. Je suis arrivé en fin d’avant-midi à Barcelone et ai pu apprécier la beauté du nouveau et magnifique terminal T1 de l’Aéroport international de Barcelone qui fut inauguré à la fin du mois de juin 2009…et qui est tout de blanc et en transparence! Après un court repos, j’ai rencontre le président du Centre international Escarré pour les minorités ethniques et les nations (CIEMEN) ainsi que son collaborateur Quim Arrufat. Ceux-ci m’ont fourni des détails au sujet de la mission d’observation internationale et en particulier du calendrier de la mission. Ils m’ont notamment fait savoir que les observateurs seraient présentés aux médias lors d’une première conférence de presse le samedi 12 décembre à 13 h et que je serais invité à prendre la parole à cette occasion.


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Aux fins de préparer la mission et prenant appui sur le Guide pratique à l’intention des membres de mission d’observations électorale à l’étranger préparé par le Directeur général des élections du Québec, j’ai poursuivi mes lectures sur la géographie, l’histoire et l’économie de la Catalogne et de la région de Girona où se situe la ville de Banyoles et où j’effectuerai mon travail d’observateur dimanche le 13 décembre.


J’ai également parcouru les média catalans et espagnols des derniers jours pour m’imprégner de la situation politique. J’ai notamment pu lire l’éditorial commun publié par douze quotidiens catalans le 26 novembre intitulé « La dignidad de la Catalunya » dont vous pourrez lire la traduction intégrale en langue française en cliquant ici.


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Je compte vous donner des nouvelles de la conférence de presse qui aura lieu demain à 13 h…dans les prochaines heures!

Catalogne- Journal d’une observation internationale- Jour 1 (10 décembre 2009)

Jeudi 10 décembre 2009

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En ce 10 décembre 2010, en une une Journée internationale des droits de l’Homme, je me prépare à quitter Montréal pour Barcelone afin de participer à une mission d’observation internationale en Catalogne
. À l’invitation du Centre international Escarré pour les minorités ethniques et les nations (CIEMEN), je séjournerai au pays de Jan Miro et Salvador Dali  du 11 au 14 décembre pour agir comme observateur international dans le cadre des référendums sur l’indépendance de la Catalogne qui se dérouleront dans plusieurs municipalités catalanes le dimanche le 13 décembre 2009. Accompagnée d’autres observateurs internationaux et du président de la CIEMEN, M. Aureli Argemi, je me rendrai en particulier dans la ville de Banyoles située dans la région nord-est de la Catalogne et dont la population est de 17 309 habitants…et dont 14 603 , agés de plus de 16 ans, sont éligibles à voter dimanche.

Les consultations populaires qui auront lieu dimanche se veulent une suite au référendum organisé dans la ville d’Arenys de Munt le 13 septembre 2009 et se dérouleront dans 166 villes de Catalogne.

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Elles sont organisées sous l’égide de la société civile catalane qui a confié à une Commission électorale nationale et à des commissions citoyennes locales le mandat d’organiser des consultations populaires. La question à laquelle la population des villes catalanes est invitée à répondre est ainsi formulée : « Êtes-vous d’accord pour que la Catalogne devienne un État de droit, indépendant, démocratique et social, intégré à l’Union européenne ? » (« Està d’acord que Catalunya esdevingui un Estat de dret, independent, democràtic i social, integrat a la Unió Europea? »). D’autres informations relatives à ces référendums sont disponibles à l’adresse www.referendumindependencia.cat, et vous y trouverez entre autres le Reglament electoral de la Consulta sobre la independencia de Catalunya dont je devrai, en ma qualité d’observateur international, surveiller le respect. J’apporte d’ailleurs avec moi L’observation électorale- Guide pratique à l’intention des membres de mission internationale d’observation électorale à l’étranger publié par le Directeur général des élections du Québec…qui devrait m’être fort utile.

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Pendant mon séjour en Catalogne, j’entends poursuivre la rédaction de ce Journal de l’observation internationale et je compte donc vous écrire à nouveau demain pour vous faire part de mes premières impressions…catalanes!

La souveraineté, le gouvernement souverainiste et le développement culturel

Samedi 21 novembre 2009

La souveraineté, le gouvernement souverainiste et le développement culturel

Notes pour une allocution de

Daniel Turp

Vice-président et président de la Commission politique

À l’occasion du Conseil national

Montréal

21 novembre 2009

Monsieur le Président du Parti Québécois,

Mesdames, messieurs les délégués et déléguées du Conseil national,

Mesdames et messieurs,

J’ai le plaisir de vous faire rapport sur les travaux de la Commission politique dont le mandat est, selon les Statuts de notre Parti Québécois est de soutenir « le processus d’élaboration du programme et des positions du Parti ».

Dans cette perspective, la Commission politique s’est réunie dans les locaux de notre Permanence de Québec dans notre Capitale nationale le 22 octobre dernier pour examiner le projet de Cahier de réflexion qui vous a été transmis pour les fins des débats qui auront lieu dans le cadre de notre premier colloque sur « Le gouvernement souverainiste et le développement culturel ». Rappelant que la Conférence nationale du Parti Québécois avait, le 6 juin dernier, entériné à l’unanimité le Plan pour un Québec souverain proposé par notre chef Pauline Marois, les membres de la Commission politique ont recommandé d’inscrire clairement les débats que nous aurons aujourd’hui et demain sur développement culturel, comme ceux que nous consacrerons au développement économique et aux politiques sociales lors de nos deux prochains colloques, dans le cadre de notre Plan pour un Québec souverain. Cette recommandation a été suivie par le Conseil exécutif national et le Cahier de réflexion que vous avez entre les mains identifie, comme vous l’aurez constaté, les pistes d’action d’un gouvernement du Parti Québécois ayant l’intention de se comporter et d’agir, entre la prise du pouvoir et l’accession du Québec à la souveraineté, en véritable gouvernement souverainiste.

Je vous rappelle d’ailleurs que ce comportement se traduira par l’adoption d’une Constitution québécoise et l’institution d’une citoyenneté québécoise, mais également, comme le décrit le Plan pour un Québec souverain, par des gestes visant à freiner et à combattre les ingérences du gouvernement fédéral, à assumer toutes les compétences que détient le Québec, à occuper tout l’espace dans les compétences partagées et à acquérir de nouveaux pouvoirs.

Nous amorçons donc aujourd’hui notre réflexion sur les gestes que posera un futur gouvernement du Parti Québécois en choisissant comme premier thème le développement culturel. Éminemment lié à la question de l’identité que la chef du Parti Québécois a défendue avec ardeur en déposant, en 2007 à l’Assemblée nationale, une Loi sur l’identité québécoise, le choix de ce thème permet de poursuivre la réflexion que Camille Laurin avait entreprise en 1978 en préparant un livre blanc sur La politique québécoise de développement culturel qui rappelle l’importance de la culture comme point de départ. Il nous invite également à répondre au souhait formulé par le Premier ministre Jacques Parizeau, dans La souveraineté du Québec- Hier, aujourd’hui et demain, et je le cite « de prendre à bras le corps la question identitaire, à partir de quelques idées claires » (p. 245). D’ailleurs, notre ancien chef énonce quelques idées claires qui pourraient nous inspirer dans nos débats des prochaines heures. Je vous en cite quelques-unes : « Le français est la langue officielle et la langue d’usage général ». « Il faut fournir aux immigrants une aide bien organisée pour apprendre le français, mais aussi pour assurer une initiation à la culture et à l’histoire du Québec ». « L’enseignement de l’Histoire est capital » et « le creuset de la nation, c’est l’école ». « Il faut rompre le cercle vicieux en essayant de s’entendre sur l’orientation à donner à ce société démocratique et solidaire, française en Amérique du Nord et d’une culture originale et universelle à la fois » (pp. 246-247).

J’espère que des « idées claires » émergeront de nos réflexions de prochains jours sur ces thèmes, ainsi que sur le thème de la laïcité et l’idée de doter le Québec d’une Charte de la laïcité. Nos délibérations produiront, je l’espère aussi, des consensus sur les gestes à poser, comme gouvernement souverainiste, en matière de culture et les communications à l’ère des nouveaux médias, de renforcement de la langue française au Québec et à Montréal, d’accueil et d’intégration des personnes immigrantes et d’enseignement de l’histoire nationale, d’éducation à la culture et d’apprentissage des langues.

Je suis toujours convaincu que le projet d’indépendance nationale pour le Québec est celui qui est le plus porteur pour la nation québécoise. Le Parti Québécois doit démontrer qu’il peut contribuer, par ses idées claires, à unir les voix de ceux et celles qui ont toujours la conviction, comme vous et moi, que le Québec mérite un pays.

Pour une concertation et une convention sur l’indépendance nationale du Québec

Lundi 8 juin 2009

Pour une concertation et une convention sur l’indépendance nationale du Québec

Notes pour une allocution de

Daniel Turp
Vice-président et président de la Commission politique du Parti Québécois

Colloque annuel des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO)

Montréal
6 juin 2009

Monsieur le Premier ministre Jacques Parizeau,
Monsieur le député Jean Dorion,
Monsieur le Président des Intellectuels pour la souveraineté, cher Gilbert Paquette,
Monsieur le Président du Conseil de la souveraineté, cher Gérald Larose,
Chers intellectuels, chères intellectuelles pour la souveraineté,
Mesdames et messieurs,

Je voudrais tout d’abord remercier le président Gilbert Paquette de m’associer au Colloque annuel des Intellectuels pour la souveraineté de l’année 2009. Je suis toujours fier de prendre part aux activités d’une organisation à la fondation de laquelle j’ai participé il y a 14 ans déjà et qui, depuis lors, persiste et signe.

Depuis sa création en 1968, le Parti Québécois est engagé dans une lutte d’émancipation nationale. Pour atteindre cet objectif, le Parti Québécois a élaboré et mis en œuvre plusieurs stratégies qui ont permis de faire progresser l’idée de la souveraineté et ont suscité l’adhésion d’un nombre plus que significatif de citoyens et de citoyennes à l’Option Québec de son fondateur René Lévesque. Tout au long d’un parcours dont on a célébré le quarantième anniversaire en 2008, le Parti Québécois s’est imposé comme l’acteur central de la revendication d’indépendance nationale pour le Québec. Aujourd’hui encore, il se positionne comme un joueur-clef dans la définition du projet de pays, comme en a fait foi l’adoption par ses instances de deux documents fondamentaux à l’éboration desquels je suis fier d’avoir contribué, le Manifeste pour la souveraineté et l’Argumentaire pour la souveraineté.

L’adoption de ces manifeste et argumentaire s’inscrivaient dans le cadre des travaux du Groupe pour la souveaineté qui avait été constitué pour mettre en oeuvre la résolution adoptée lors du Conseil nationale du 15 mars 2008 dans laquelle il était également prévu qu’ « [u]n gouvernement du Parti Québécois s’engage[ait] à faire progresser le Québec jusqu’à son accession au statut de pays » en « [i]niti[ant], en collaboration avec le Conseil de la souveraineté du Québec, une Concertation nationale sur la souveraineté entre les différents partis et mouvements favorables à la souveraineté du Québec.

Au nom du Parti Québécois, je réitère aujourd’hui cette volonté de « concertation nationale ». Lors de sa réunion du 24 avril 2009, le Conseil exécutif national du Parti Québécois a relancé les travaux sur la souveraineté et la gouvernance en instituant le « Groupe d’action pour l’indépendance nationale » dont la première réunion a eu lieu le 2 juin 2009 dernier. La chef du Parti Québécois, Pauline Marois, assume la présidence du groupe, le président du Parti Québécois, Jonathan Valois, la vice-présidence et, en ma qualité de vice-président et président de la commission politique, j’agis comme rapporteur général du groupe. Outre le mandat de formuler, en vue du XVIe Congrès national dont la tenue est prévue au printemps 2011, des propositions relatives au mandat de réaliser la souveraineté politique du Québec, le groupe est également investi de la mission de poursuivre, en collaboration avec le Conseil de la souveraineté du Québec, le travail visant à favoriser la Concertation nationale sur la souveraineté entre les différents partis et mouvements favorables à la souveraineté du Québec.

Ces partis et mouvements n’ont jamais été aussi nombreux et la famille indépendantiste s’est considérablement élargie durant les quatre dernières décennies. S’agissant des parties politiques, au Parti Québécois s’est ajouté le Bloc Québécois fait depuis 1990 la promotion active du projet de pays dans l’enceinte parlementaire canadienne, mais également sur le terrain au Québec. Québec solidaire veut faire du Québec un pays par la souveraineté populaire.  Deux autres partis politiques prônant la souveraineté du Québec ont également vu le jour, à savoir le Parti indépendantiste et le Parti de la République du Québec.

Quant aux mouvements favorables à l’indépendance nationale, le Conseil de la souveraineté se veut un carrefour des diverses  sensibilités de la famille  indépendantiste. Le Mouvement national des Québécois et des Québécoises (MNQ) promeut un Québec souverain, pluraliste et démocratique. Soutiennent également la cause de l’indépendance nationale les organisations que sont les  Intellectuels pour la souveraineté (IPSO), le Rassemblement pour un pays souverain (RPS), le Rassemblement pour l’indépendance du Québec (RIQ), le Mouvement démocratie-souveraineté (MDS) et le Réseau de résistance du Québécois (RRQ). Un nouvel organisme de réflexion, l’Institut de recherche pour le Québec, s’est également donné une mission de recherche sur des sujets touchant le développement du Québec et la défense de ses intérêts et de son identité.

Il existe également une presse écrite (L’Action nationale, Laut’journal, La Presse Québécoise, Le Québécois) et des sites électroniques (Vigile, Québec libre!, L’indépendance du Québec, La libération, Quebec.tv, Québec.radio, Le Bouc magazine), de même qu’une communauté indépendantiste dans la blogosphère rassemblée autour de la Plume souverainiste (qui nous promet un grand ménage au printemps 2009) favorables à l’accession du Québec au statut de pays

Comment alors, et avec tous ces acteurs, « construire une majorité », qui exige, comme on l’affirme avec raison, « que l’on dépasse la compétition entre partis et mouvements ». Plusieurs avenues sont évoquées dans les questions qui nous sont posées aujourd‘hui : « Une alliance électorale limitée à l’indépendance ? Une coalition indépendantiste, nationaliste ? Un  plan d’ensemble concerté ? Des États généraux ou une Convention nationale ? Avant, pendant,  après la prochaine élection ? »

Lors du Conseil national du Parti Québécois tenue à Québec le 21 février 2009 dernier, j’ai réitéré l’importance de rassembler les nombreux acteurs de la famille indépendantiste. Je suis d’accord ave Gérald Larose qu’il faut un lieu de lecture commune pour l’ensemble des acteurs indépendantistes et j’ajouterais qu’il leur faut aussi un lieu d’action commune. J’ai mis de l’avant l’idée d’une Convention sur l’indépendance nationale du Québec tt cette proposition a eu des échos favorables chez les militants et militantes, comme en ont fait foi les commentaires que j’ai reçus sur mon blogue. Des personnes ont exprimé certaines réserves sur l’idée de convoquer, avant ou après l’élection d’un gouvernement du Parti Québécois, une telle convention.

Je demeure convaincu que la tenue d’une convention sur l’indépendance nationale du Québec s’avérerait un lieu utile de concertation nationale. En faisant fonds sur l’expérience des États généraux du Canada français qui ont donné, à la veille de la création du Parti Québécois, un véritable élan à la cause de l’indépendance du Québec, je crois un tel lieu de concertation nationale pourrait contribuer à donner l’élan si nécessaire à la cause de l’indépendance nationale. Une telle convention pourrait se donner notamment comme objectif de développer des positions, actions et strategies communes relatives à la démarche d’accession à la souveraineté du Québec et notamment à la définition du processus d’adoption et du contenu de la Constitution d’un Québec souverain. Elle pourrait aussi être le lieu de réflexion du le contenu du projet de pays, ou pour reprendre la formule que privilégie la co-chef de Québec solidaire Françoise David, sur le pays de projets.

Je crois qu’il est trop tôt pour determiner si une telle convention devrait être convoquée avant ou après l’élection, mais je suis d’avis qu’il faut dès maintenant envisager d’entreprendre des travaux préparatoires à une telle convention. Je crois d’ailleurs que les initiatives prises par le Conseil de la souveraineté sont le prélude à de tels travaux préparatoires et que le Conseil de la souveraineté serait l’instance appropriée pour assumer le secretariat d’une convention sur l’indépendance nationale du Québec.

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Par les 101 députés sur les 200 qui siègent à l’Assemblée nationale du Québec et à la Chambre des communes du Canada, le Québec est aujourd’hui représenté par une majorité (50 % + 1) de députés favorables à l’accession du Québec au statut de pays. Et de nombreux autres mouvements et groupes et une multitude de citoyens et  citoyennes promeuvent au quotidien le projet de pays du Québec.

Leur unité fera leur force. Notre union sera notre force. Il est temps d’unir nos voix. Les voix de ceux et celles qui ont toujours la conviction, comme vous et moi, que le Québec mérite un pays.

Indépendance et identité en Écosse et au Québec : le goût du pays

Jeudi 7 mai 2009

Le 5 mai 2009, j’ai participé à Édimbourg le 5 mai 2009 à un séminaire sur l’indépendance et l’identité organisé par le ministre écossais Michael Russell. Titulaire des portefeuillles de la Culture, des Affaires extérieures et de la Constitution au sein du premier gouvernement indépendantiste écossais dirigé par le First Minister Alex Salmond, celui-ci a été chargé à ce titre de donner un élan à la « National Conversation ». Lancée en août 2007, cet exercice vise à permettre, comme l’énonce le document Choosing Scotland’s Future: A National Conversation: Independence and Responsibility in the Modern World, « au peuple d’Écosse d’examiner toutes les options relatives à l’avenir de leur pays et de prendre des décisions informées  » (traduction).

Le ministre Russell, qui a été parmi les premiers députés du Scottish National Party (SNP) élus au nouveau Parlement écossais le 6 mai 1999 et que j’ai connu alors qu’il occupait- au lendemain de sa défaite électorale du 1er mai 2003- la fonction de directeur general du SNP, s’intéresse à la situation politique du Québec et à l’évolution de son mouvement indépendantiste. Dans cette perspective, il souhaitait que partage avec ses conseillers, et avec d’autres universitaires, les leçons de l’expérience québécoise.

Gouvernées par le Chatham House Rule en vertu de laquelle « les participants sont libres d’utiliser l’information reçue, mais ni l’identité ni l’affiliation des conférenciers, ni celle d’aucun autre participant, ne peuvent être révélées » (traduction), je ne suis pas en mesure de révéler le contenu des interventions du ministre et des autres personnes présentes. Je suis autorisé à reprendre ici quelques remarques que j’ai formulées à cette occasion.

J’ai exprimé l’idée générale selon laquelle le projet d’indépendance nationale mérite aujourd’hui d’être abordée davantage sous l’angle de son contenu identitaire que de celui de sa mécanique référendaire. J’ai souligné notamment les initiatives récentes du Parti Québécois ayant notamment conduit à la présentation d’un projet de Loi sur l’identité québécoise et d’un projet de Constitution québécoise et l’accueil favorable qui avait été réservé à ces projets dans l’opinion publique.

J’ai insisté également sur l’importance devant être accordée à la dimension internationale d’un projet de pays et l’attrait que suscite notamment auprès des jeunes l’argument voulant que l’indépendance nationale procurerait une véritable « identité internationale » et aurait comme conséquence, comme l’a affirmé le Manifeste pour la souveraineté adopté par le Parti Québécois, que « nous parlerons et agirons en notre nom sur la scène internationale ». S’agissant de  l’Écosse et faisant référence à une exposition sur les identités européennes que j’ai vu à Paris la semaine précédente, j’ai d’ailleurs fait remarquer à mes interlocuteurs que l’identité européenne de l’Écosse était passée sous silence dans cette exposition et que seule l’accession à l’indépendance permettrait à l’Écosse de devenir membre de l’Union européenne et de voir son identité européenne véritablement reconnue.

Un débat intéressant a eu lieu sur la questions des institutions d’une Écosse indépendante et d’un Québec indépendant, et en particulier sur les institutions de télédifussion et de radiodiffusion. L’importance de la BBC en Écosse et de Radio-Canada au Québec m’a amené à rappeler l’importance pour l’Écosse et le Québec de se doter d’institutions nationales dans le domaine des communications. J’ai rappelé l’existence de Télé-Québec et d’un Mouvement Radio-Québec proposant la création d’une radio publique québécoise.

Le gouvernement du Scottish National Party ayant l’intention de présenter un projet de loi sur le référendum, dont il a d’ailleurs inclus un modèle (Referendum (Scotland) Bill) dans le document Choosing Scotland’s Future, j’ai rappelé le choix qu’avait fait le gouvernement de René Lévesque de faire adopter une Loi sur la consultation populaire de portée générale. Tout en indiquant l’importance de mettre en place une infrastructure juridique pour permettre à la population de s’exprimer sur le statut politique d’une nation, j’ai indiqué que le progrès vers l’indépendance nationale sera assuré par des gestes visant à consolider l’identité nationale et internationale et à donner aux citoyens et citoyennes « le goût du pays ».

Pour une Convention sur l’indépendance nationale du Québec

Vendredi 20 février 2009

Depuis sa création en 1968, le Parti Québécois est engagé dans une lutte d’émancipation nationale visant à faire progresser le Québec jusqu’à son accession au statut de pays. Pour atteindre cet objectif, le Parti Québécois a élaboré et mis en œuvre plusieurs stratégies qui ont permis de faire progresser l’idée de la souveraineté et ont suscité l’adhésion d’un nombre plus que significatif de citoyens et de citoyennes à l’Option Québec de son fondateur René Lévesque.

Tout au long d’un parcours dont on a célébré le quarantième anniversaire en 2008, le Parti Québécois s’est imposé comme l’acteur central de la revendication d’indépendance nationale pour le Québec. Aujourd’hui encore, il se positionne comme un joueur-clef dans la définition du projet de pays, comme en fait l’adoption par ses instances de deux documents fondamentaux, le Manifeste pour la souveraineté et l’Argumentaire pour la souveraineté.

La famille indépendantiste s’est par ailleurs élargie durant les quatre dernières décennies. Le Bloc Québécois fait depuis 1990 la promotion active du projet de pays dans l’enceinte parlementaire canadienne, mais également sur le terrain au Québec. Québec solidaire veut faire du Québec un pays par la souveraineté populaire.  Deux autres partis politiques prônant la souveraineté du Québec ont également vu le jour, à savoir le Parti indépendantiste et le Parti de la République du Québec.

Le Conseil de la souveraineté se veut quant à lui au carrefour des diverses  sensibilités de la famille  indépendantiste et un lieu de dialogue et de concertation de  ses forces vives pour la promotion  de la souveraineté du Québec. Le Mouvement national des Québécois et des Québécoises (MNQ) regroupe quant à lui 19 sociétés nationales et Saint-Jean-Baptiste) réparties dans les différentes régions du Québec et promeut un Québec souverain, pluraliste et démocratique. Soutiennent également la cause de l’indépendance nationale les organisations que sont les  Intellectuels pour la souveraineté (IPSO), le Rassemblement pour un pays souverain (RPS), le Rassemblement pour l’indépendance du Québec (RIQ) et le Mouvement démocratie-souveraineté (MDS). Un nouvel organisme de réflexion (think tank), l’Institut de recherche pour le Québec, s’est également donné mission de susciter, de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement du Québec, la défense de ses intérêts vitaux et de l’identité qu’ils traduisent.

Il existe également une presse écrite (L’Action nationale, Laut’journal, La Presse Québécoise) et des sites électroniques (Vigile, Québec libre!, L’indépendance du Québec, La libération, Quebec.tv, Québec.radio, Le Bouc magazine), de même qu’une communauté indépendantiste dans la blogosphère rassemblée autour de la Plume souverainiste, favorables à l’accession du Québec au statut de pays.

Je crois que le temps est venu de rassembler ces nombreux acteurs de la famille indépendantiste. Bien qu’il existe des lieux de dialogue entre ces divers partis et mouvement, et notamment le Conseil de la souveraineté à la table duquel siègent le Parti Québécois, le Bloc Québécois et Québécois solidaire, aucun forum n’a comme vocation de regrouper l’ensemble des forces indépendantistes et de favoriser la cohésion de l’action de ces forces. L’institution d’un tel forum a aujourd’hui sa raison d’être et sa mise sur pied pour définir des positions, actions et stratégies communes pour faire avancer le projet de pays me paraît aujourd’hui essentielle.

D’ici la prochaine élection québécoise, je propose que soit convoquée une Convention sur l’indépendance nationale du Québec. Faisant fonds sur l’expérience des États généraux du Canada français qui ont donné, à la veille de la création du Parti Québécois, un véritable élan à la cause de l’indépendance du Québec, je crois qu’il faut faire rapidement émerger un tel lieu de concertation nationale.

Une telle convention pourrait se donner comme objectifs de :

- faire avancer la cause de l’indépendance du Québec et promouvoir cette cause au Québec et ailleurs dans le monde;
- s’avérer un forum au sein duquel les personnes, partis et organisations coopéreront aux fins de faire avancer la cause de l’indépendance du Québec;
- développer des propositions relatives à la démarche d’accession à la souveraineté du Québec et notamment à la définition du processus d’adoption et du contenu de la Constitution d’un Québec souverain.

Eu égard à la prochaine échéance électorale québécoise et en raison de la multiplicité des acteurs, je crois qu’il faut agir avec célérité. Afin de continuer d’exercer un leadership dans le dossier de l’indépendance nationale, le Parti Québécois devrait prendre l’initiative de rencontres avec les chefs, présidents et responsables des partis et mouvements favorables à la souveraineté ayant pour objectif d’échanger sur les modalités et l’échéancier des travaux d’une Convention sur l’indépendance nationale du Québec ainsi que sur la convocation d’une telle convention.

*****

Par les 101 députés sur les 200 qui siègent à l’Assemblée nationale du Québec et à la Chambre des communes du Canada, le Québec est aujourd’hui représenté majorité de députés favorables à l’accession du Québec au statut de pays. De nombreux autres mouvements, organismes, média et blogueurs promeuvent au quotidien le projet de pays du Québec. Leur union fera leur force et il est donc temps de préparer l’avenir en regroupant, autour d’une Convention nationale sur l’indépendance du Québec, celles et ceux qui persistent et signent. Et qui ont la conviction que les Québécois et les Québécoises méritent un pays.



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