La souveraineté, le gouvernement souverainiste et le développement culturel
Notes pour une allocution de
Daniel Turp
Vice-président et président de la Commission politique
À l’occasion du Conseil national
Montréal
21 novembre 2009
Monsieur le Président du Parti Québécois,
Mesdames, messieurs les délégués et déléguées du Conseil national,
Mesdames et messieurs,
J’ai le plaisir de vous faire rapport sur les travaux de la Commission politique dont le mandat est, selon les Statuts de notre Parti Québécois est de soutenir « le processus d’élaboration du programme et des positions du Parti ».
Dans cette perspective, la Commission politique s’est réunie dans les locaux de notre Permanence de Québec dans notre Capitale nationale le 22 octobre dernier pour examiner le projet de Cahier de réflexion qui vous a été transmis pour les fins des débats qui auront lieu dans le cadre de notre premier colloque sur « Le gouvernement souverainiste et le développement culturel ». Rappelant que la Conférence nationale du Parti Québécois avait, le 6 juin dernier, entériné à l’unanimité le Plan pour un Québec souverain proposé par notre chef Pauline Marois, les membres de la Commission politique ont recommandé d’inscrire clairement les débats que nous aurons aujourd’hui et demain sur développement culturel, comme ceux que nous consacrerons au développement économique et aux politiques sociales lors de nos deux prochains colloques, dans le cadre de notre Plan pour un Québec souverain. Cette recommandation a été suivie par le Conseil exécutif national et le Cahier de réflexion que vous avez entre les mains identifie, comme vous l’aurez constaté, les pistes d’action d’un gouvernement du Parti Québécois ayant l’intention de se comporter et d’agir, entre la prise du pouvoir et l’accession du Québec à la souveraineté, en véritable gouvernement souverainiste.
Je vous rappelle d’ailleurs que ce comportement se traduira par l’adoption d’une Constitution québécoise et l’institution d’une citoyenneté québécoise, mais également, comme le décrit le Plan pour un Québec souverain, par des gestes visant à freiner et à combattre les ingérences du gouvernement fédéral, à assumer toutes les compétences que détient le Québec, à occuper tout l’espace dans les compétences partagées et à acquérir de nouveaux pouvoirs.
Nous amorçons donc aujourd’hui notre réflexion sur les gestes que posera un futur gouvernement du Parti Québécois en choisissant comme premier thème le développement culturel. Éminemment lié à la question de l’identité que la chef du Parti Québécois a défendue avec ardeur en déposant, en 2007 à l’Assemblée nationale, une Loi sur l’identité québécoise, le choix de ce thème permet de poursuivre la réflexion que Camille Laurin avait entreprise en 1978 en préparant un livre blanc sur La politique québécoise de développement culturel qui rappelle l’importance de la culture comme point de départ. Il nous invite également à répondre au souhait formulé par le Premier ministre Jacques Parizeau, dans La souveraineté du Québec- Hier, aujourd’hui et demain, et je le cite « de prendre à bras le corps la question identitaire, à partir de quelques idées claires » (p. 245). D’ailleurs, notre ancien chef énonce quelques idées claires qui pourraient nous inspirer dans nos débats des prochaines heures. Je vous en cite quelques-unes : « Le français est la langue officielle et la langue d’usage général ». « Il faut fournir aux immigrants une aide bien organisée pour apprendre le français, mais aussi pour assurer une initiation à la culture et à l’histoire du Québec ». « L’enseignement de l’Histoire est capital » et « le creuset de la nation, c’est l’école ». « Il faut rompre le cercle vicieux en essayant de s’entendre sur l’orientation à donner à ce société démocratique et solidaire, française en Amérique du Nord et d’une culture originale et universelle à la fois » (pp. 246-247).
J’espère que des « idées claires » émergeront de nos réflexions de prochains jours sur ces thèmes, ainsi que sur le thème de la laïcité et l’idée de doter le Québec d’une Charte de la laïcité. Nos délibérations produiront, je l’espère aussi, des consensus sur les gestes à poser, comme gouvernement souverainiste, en matière de culture et les communications à l’ère des nouveaux médias, de renforcement de la langue française au Québec et à Montréal, d’accueil et d’intégration des personnes immigrantes et d’enseignement de l’histoire nationale, d’éducation à la culture et d’apprentissage des langues.
Je suis toujours convaincu que le projet d’indépendance nationale pour le Québec est celui qui est le plus porteur pour la nation québécoise. Le Parti Québécois doit démontrer qu’il peut contribuer, par ses idées claires, à unir les voix de ceux et celles qui ont toujours la conviction, comme vous et moi, que le Québec mérite un pays.