La souveraineté du Québec : une affaire de convictions, une question de volonté « Le blogue politique de Daniel Turp

La souveraineté du Québec : une affaire de convictions, une question de volonté

La souveraineté du Québec, c’est une affaire de convictions! Et je demeure aussi convaincu aujourd’hui, que je ne l’étais lorsque je suis devenu membre du Parti Québécois à l’âge de 18 ans, que le Québec doit devenir un pays et que les Québécois et les Québécoises méritent un pays.

La chef du Parti Québécois Pauline Marois est porteuse de cette conviction. Elle l’a démontré dans son allocution d’ouverture du dernier Conseil national à Québec le 21 février dernier et l’a rappelé dans sa réplique au discours inaugural prononcé aujourd’hui même à l’Assemblée nationale. Elle y rappelle également que mener à terme un projet de pays est une question de volonté :

« Ce que nous voulons, ce sont des solutions, ce sont des idées et, nous, du Parti québécois, nous en avons. Nous en avons des idées et nous en avons une grande idée : cette volonté, cette volonté que nous partageons de voir le Québec devenir souverain, voler de ses propres ailes. Nous avons une vision du Québec. Nous sommes une nation. Nous sommes une nation capable de décider par nous-mêmes et de décider pour nous-mêmes. »

Ces convictions et cette volonté doivent être présentes dans les gestes que le Parti Québécois aura à poser dans les prochaines années. Et dans les orientations qu’il choisira de privilégier dans son prochain programme de pays et de gouvernance pour le Québec, le défi du Parti Québécois, qui forme aujourd’hui l’Opposition officielle et aspire à former le prochain gouvernement, est de convaincre cette nation qu’un pays est nécessaire pour deéider par nous-mêmes et décider pour nous-mêmes.

Il se trouvera sur le chemin des définisseurs de pays bien des détracteurs. Il était d’ailleurs intéressant de constater la réaction rapide d’André Pratte qui voyait dans la suggestion que le Québec pourrait mieux se tirer d’affaire en cette période de crise économique s’il était souverain d’« Insulte à l’intelligence ». Ce même André Pratte récidivait avec son camarade de combat Alain Dubuc dans l’édition du journal La Presse du 1er mars 2009 et ceux-ci s’attaquaient au choix du Parti Québécois de garder le cap sur la souveraineté. Dans un editorial intitulé  « Nettoyage politique », André Pratte n’apprécie guère que la chef du Parti Québécois parle du Canada comme « l’autre nation » et réussit à vanter les mérites d’une Commission des champs de bataille, et à travers elle, la présence « non seulement légitime », mais « plus souvent qu’autrement […] bénéfique » pour le Québec. C’est sur le front international qu’Alain Dubuc attaque quant à lui. Dans sa collaboration spéciale portant le titre « Quelle table pour le Québec ? », il argue qu’un Québec souverain ne serait assis autour d’aucune table internationale où il serait question d’économie. Non seulement cette affirmation est éminemment contestable puisque le pays du Québec deviendrait notamment membre de l’Organisation mondiale du commerce et de l’Organisation de cooperation de développement économique, mais elle est très réductrice d’une réalité internationale qui voit les institutions internationales s’intéresser à l’environnement (Conférence des États parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques), de culture (UNESCO), de santé (OMS) et de travail (OIT) , pour ne prendre que quelques exemples, et jouer un rôle décisif dans la gouvernance mondiale, tout en influant de façon tout aussi decisive sur la gouvernance nationale.

Il est tout aussi intéressant de constater l’espace qu’offre La Presse aux ardents défenseurs du fédéralisme canadien depuis le Conseil national du Parti Québécois de février dernier. Le professeur Mario Polèse y parlera de « La souveraineté imaginaire », la diplomate Marie Bernard-Meunier vantera à son tour « Notre gouvernement fédéral » et l’ancien pérésident de l’Association du Barreau canadien Bernard Amyot dénoncera « Le piège de la nation » et sera d’avis que le combat des leaders indépendantistes est toujours bel et bien ‘’ ethnique ‘’, et pas du tout civique ».

Si la souveraineté est une affaire de convictions et une question de volonté, elle suppose que nous continuions d’être à l’offensive et que nous ne craignions aucunement les attaques répétées contre le projet de pays. L’offensive en faveur de la souveraineté doit ainsi continuer et elle doit notamment continuer par une présence significative dans les média et sur la toile.

Je suis d’ailleurs heureux de constater que le nouveau president du Parti Québécois Jonathan Valois a inauguré aujourd’hui son nouveau blogue (http://blogues.pq.org/jvalois). Je vous invite d’ailleurs à aller saluer, comme je l’ai fait ce matin, cette initiative que celui-ci avait annoncée lors de la clôture du Conseil national le 22 février dernier.

De convictions et de volonté, j’irai parler dans quelques instants aux étudiants rassemblés dans le MÉSUM (Mouvement des étudiants souverainistes de l’Université de Montréal) en les invitant à croire au pays, comme j’y croyais à 18 ans, et comme j’y crois aujourd’hui plus que jamais.



4 commentaires sur “La souveraineté du Québec : une affaire de convictions, une question de volonté”

  1. saimiClaisa dit :

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    Je crois que votre mission sera des plus intéressantes puisque vous aurez le loisir de rencontrer presque tous et chacun d’entre nous afin de bien expliquer l’utilité, et la nécessité de faire la souveraineté. J’aimerais aussi que vous preniez le temps de bien nous expliquer ici et partout l’argumentaire ainsi que le manifeste qui ont sûrement manqué de visibilité l’automne dernier. Ces deux documents ont besoin de passer et d’entrer dans tous les foyers québécois. J’ai un rêve, qui est d’une télévision nationale, où il n’y aura plus de Pratte, ni de Dubuc, avec un bulletin de nouvelles québécoises, juste et non partisan. Je nous le souhaite. Bonne chance à vous!

  3. Marc Desnoyers dit :

    Un bon billet mon cher Daniel. Je suis tout particulièrement heureux de constater à quel point les souverainistes sont maintenant présents et mordants sur le web. N’oublie, si La Presse déchaîne les plus ardents fédéralistes dans ses pages, c’est parce qu’elle commence à comprendre que notre cause reprend du poil de la bête. Continue ton bon travail!

  4. Sirius dit :

    Il faut contrer l’action des pseudo-fédéralistes impérialistes à Ottawa, et contrer le travail de sape continu des médias, inféodés au fédéralisme invasif et centralisateur, qui s’acharnent à rapetisser le Québec et à ralentir sa marche vers la souveraineté.

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