Pour une concertation et une convention sur l’indépendance nationale du Québec « Le blogue politique de Daniel Turp

Pour une concertation et une convention sur l’indépendance nationale du Québec

Pour une concertation et une convention sur l’indépendance nationale du Québec

Notes pour une allocution de

Daniel Turp
Vice-président et président de la Commission politique du Parti Québécois

Colloque annuel des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO)

Montréal
6 juin 2009

Monsieur le Premier ministre Jacques Parizeau,
Monsieur le député Jean Dorion,
Monsieur le Président des Intellectuels pour la souveraineté, cher Gilbert Paquette,
Monsieur le Président du Conseil de la souveraineté, cher Gérald Larose,
Chers intellectuels, chères intellectuelles pour la souveraineté,
Mesdames et messieurs,

Je voudrais tout d’abord remercier le président Gilbert Paquette de m’associer au Colloque annuel des Intellectuels pour la souveraineté de l’année 2009. Je suis toujours fier de prendre part aux activités d’une organisation à la fondation de laquelle j’ai participé il y a 14 ans déjà et qui, depuis lors, persiste et signe.

Depuis sa création en 1968, le Parti Québécois est engagé dans une lutte d’émancipation nationale. Pour atteindre cet objectif, le Parti Québécois a élaboré et mis en œuvre plusieurs stratégies qui ont permis de faire progresser l’idée de la souveraineté et ont suscité l’adhésion d’un nombre plus que significatif de citoyens et de citoyennes à l’Option Québec de son fondateur René Lévesque. Tout au long d’un parcours dont on a célébré le quarantième anniversaire en 2008, le Parti Québécois s’est imposé comme l’acteur central de la revendication d’indépendance nationale pour le Québec. Aujourd’hui encore, il se positionne comme un joueur-clef dans la définition du projet de pays, comme en a fait foi l’adoption par ses instances de deux documents fondamentaux à l’éboration desquels je suis fier d’avoir contribué, le Manifeste pour la souveraineté et l’Argumentaire pour la souveraineté.

L’adoption de ces manifeste et argumentaire s’inscrivaient dans le cadre des travaux du Groupe pour la souveaineté qui avait été constitué pour mettre en oeuvre la résolution adoptée lors du Conseil nationale du 15 mars 2008 dans laquelle il était également prévu qu’ « [u]n gouvernement du Parti Québécois s’engage[ait] à faire progresser le Québec jusqu’à son accession au statut de pays » en « [i]niti[ant], en collaboration avec le Conseil de la souveraineté du Québec, une Concertation nationale sur la souveraineté entre les différents partis et mouvements favorables à la souveraineté du Québec.

Au nom du Parti Québécois, je réitère aujourd’hui cette volonté de « concertation nationale ». Lors de sa réunion du 24 avril 2009, le Conseil exécutif national du Parti Québécois a relancé les travaux sur la souveraineté et la gouvernance en instituant le « Groupe d’action pour l’indépendance nationale » dont la première réunion a eu lieu le 2 juin 2009 dernier. La chef du Parti Québécois, Pauline Marois, assume la présidence du groupe, le président du Parti Québécois, Jonathan Valois, la vice-présidence et, en ma qualité de vice-président et président de la commission politique, j’agis comme rapporteur général du groupe. Outre le mandat de formuler, en vue du XVIe Congrès national dont la tenue est prévue au printemps 2011, des propositions relatives au mandat de réaliser la souveraineté politique du Québec, le groupe est également investi de la mission de poursuivre, en collaboration avec le Conseil de la souveraineté du Québec, le travail visant à favoriser la Concertation nationale sur la souveraineté entre les différents partis et mouvements favorables à la souveraineté du Québec.

Ces partis et mouvements n’ont jamais été aussi nombreux et la famille indépendantiste s’est considérablement élargie durant les quatre dernières décennies. S’agissant des parties politiques, au Parti Québécois s’est ajouté le Bloc Québécois fait depuis 1990 la promotion active du projet de pays dans l’enceinte parlementaire canadienne, mais également sur le terrain au Québec. Québec solidaire veut faire du Québec un pays par la souveraineté populaire.  Deux autres partis politiques prônant la souveraineté du Québec ont également vu le jour, à savoir le Parti indépendantiste et le Parti de la République du Québec.

Quant aux mouvements favorables à l’indépendance nationale, le Conseil de la souveraineté se veut un carrefour des diverses  sensibilités de la famille  indépendantiste. Le Mouvement national des Québécois et des Québécoises (MNQ) promeut un Québec souverain, pluraliste et démocratique. Soutiennent également la cause de l’indépendance nationale les organisations que sont les  Intellectuels pour la souveraineté (IPSO), le Rassemblement pour un pays souverain (RPS), le Rassemblement pour l’indépendance du Québec (RIQ), le Mouvement démocratie-souveraineté (MDS) et le Réseau de résistance du Québécois (RRQ). Un nouvel organisme de réflexion, l’Institut de recherche pour le Québec, s’est également donné une mission de recherche sur des sujets touchant le développement du Québec et la défense de ses intérêts et de son identité.

Il existe également une presse écrite (L’Action nationale, Laut’journal, La Presse Québécoise, Le Québécois) et des sites électroniques (Vigile, Québec libre!, L’indépendance du Québec, La libération, Quebec.tv, Québec.radio, Le Bouc magazine), de même qu’une communauté indépendantiste dans la blogosphère rassemblée autour de la Plume souverainiste (qui nous promet un grand ménage au printemps 2009) favorables à l’accession du Québec au statut de pays

Comment alors, et avec tous ces acteurs, « construire une majorité », qui exige, comme on l’affirme avec raison, « que l’on dépasse la compétition entre partis et mouvements ». Plusieurs avenues sont évoquées dans les questions qui nous sont posées aujourd‘hui : « Une alliance électorale limitée à l’indépendance ? Une coalition indépendantiste, nationaliste ? Un  plan d’ensemble concerté ? Des États généraux ou une Convention nationale ? Avant, pendant,  après la prochaine élection ? »

Lors du Conseil national du Parti Québécois tenue à Québec le 21 février 2009 dernier, j’ai réitéré l’importance de rassembler les nombreux acteurs de la famille indépendantiste. Je suis d’accord ave Gérald Larose qu’il faut un lieu de lecture commune pour l’ensemble des acteurs indépendantistes et j’ajouterais qu’il leur faut aussi un lieu d’action commune. J’ai mis de l’avant l’idée d’une Convention sur l’indépendance nationale du Québec tt cette proposition a eu des échos favorables chez les militants et militantes, comme en ont fait foi les commentaires que j’ai reçus sur mon blogue. Des personnes ont exprimé certaines réserves sur l’idée de convoquer, avant ou après l’élection d’un gouvernement du Parti Québécois, une telle convention.

Je demeure convaincu que la tenue d’une convention sur l’indépendance nationale du Québec s’avérerait un lieu utile de concertation nationale. En faisant fonds sur l’expérience des États généraux du Canada français qui ont donné, à la veille de la création du Parti Québécois, un véritable élan à la cause de l’indépendance du Québec, je crois un tel lieu de concertation nationale pourrait contribuer à donner l’élan si nécessaire à la cause de l’indépendance nationale. Une telle convention pourrait se donner notamment comme objectif de développer des positions, actions et strategies communes relatives à la démarche d’accession à la souveraineté du Québec et notamment à la définition du processus d’adoption et du contenu de la Constitution d’un Québec souverain. Elle pourrait aussi être le lieu de réflexion du le contenu du projet de pays, ou pour reprendre la formule que privilégie la co-chef de Québec solidaire Françoise David, sur le pays de projets.

Je crois qu’il est trop tôt pour determiner si une telle convention devrait être convoquée avant ou après l’élection, mais je suis d’avis qu’il faut dès maintenant envisager d’entreprendre des travaux préparatoires à une telle convention. Je crois d’ailleurs que les initiatives prises par le Conseil de la souveraineté sont le prélude à de tels travaux préparatoires et que le Conseil de la souveraineté serait l’instance appropriée pour assumer le secretariat d’une convention sur l’indépendance nationale du Québec.

*****

Par les 101 députés sur les 200 qui siègent à l’Assemblée nationale du Québec et à la Chambre des communes du Canada, le Québec est aujourd’hui représenté par une majorité (50 % + 1) de députés favorables à l’accession du Québec au statut de pays. Et de nombreux autres mouvements et groupes et une multitude de citoyens et  citoyennes promeuvent au quotidien le projet de pays du Québec.

Leur unité fera leur force. Notre union sera notre force. Il est temps d’unir nos voix. Les voix de ceux et celles qui ont toujours la conviction, comme vous et moi, que le Québec mérite un pays.



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