Le gouvernement souverainiste, le développement économique et la création de la richesse « Le blogue politique de Daniel Turp

Le gouvernement souverainiste, le développement économique et la création de la richesse

Notes pour une allocution de

Daniel Turp

Vice-président et président de la Commission politique


À l’occasion de la Conférence nationale du Parti Québécois

Lévis

13 mars 2010


Monsieur le Président du Parti Québécois,
Mesdames, messieurs les délégués et déléguées du Conseil national,
Mesdames et messieurs,

J’ai le plaisir de vous faire rapport sur les travaux de la Commission politique dont le mandat est, selon les Statuts de notre Parti Québécois, de soutenir « le processus d’élaboration du programme et des positions du Parti ».

Dans cette perspective, la Commission politique s’est réunie dans les locaux du bureau de notre Permanence nationale à Québec le 17 février dernier pour examiner le projet de Cahier de réflexion qui vous a été transmis pour les fins des débats qui auront lieu dans le cadre de notre deuxième colloque sur « Le gouvernement souverainiste, le développement économique et la création de la richesse ». Rappelant que la Conférence nationale du Parti Québécois avait, le 6 juin dernier, entériné à l’unanimité le Plan pour un Québec souverain proposé par notre chef Pauline Marois, les membres de la Commission politique ont continué d’insister pour que les débats que nous aurons aujourd’hui et demain sur la création de la richesse, comme ceux que nous avons consacré au développement culturel en novembre dernier, s’inscrivent dans le cadre de notre Plan pour un Québec souverain. Le Cahier de réflexion que vous avez entre les mains reflète cette volonté et identifie, comme vous l’aurez constaté, les pistes d’action d’un gouvernement du Parti Québécois ayant l’intention de se comporter et d’agir, entre la prise du pouvoir et l’accession du Québec à la souveraineté, en véritable gouvernement souverainiste.

Dans cette perspective et pour soutenir et faciliter l’enrichissement des Québécois, il est dès lors proposé que ce comportement d’un gouvernement souverainiste se traduise par des gestes visant à écarter des obstacles qui proviennent d’Ottawa, en particulier en ce qui a trait à l’assurance-emploi et à rapatrier l’ensemble des outils de développement économique utilisés par le gouvernement du Canada sur le territoire du Québec. Il vous est également proposé d’entériner, pour les fins d’inscription dans le prochain programme du Parti Québécois, l’idée de l’instauration d’un rapport d’impôt unique, comme il est suggére de mettre au point une politique ambitieuse de recherches scientifique et de préparer sa mise en place dans un Québec souverain.

Nous amorçons donc aujourd’hui notre réflexion sur les gestes que posera un futur gouvernement du Parti Québécois en matière de développement économique et de création de la richesse. Les gestes sur lesquels vous êtes invités à délibérer à l’occasion du colloque de la fin de la semaine ne sauraient être interprétés comme un virage à droite de notre Parti Québécois. Ils annoncent plutôt une modernisation de l’orientation résolument social-démocrate de notre formation politique, qui était chère d’ailleurs à notre président-fondateur René Lévesque, et qui est résumée dans une courte phrase, mais si porteuse de modernité, contenue dans le mot de notre chef en introduction du Cahier de réflexion : « [P]our créer une richesse durable, il est nécessaire de converger vers un partenariat entre l’individu et l’État ». Nos délibérations produiront, je l’espère, des consensus sur les gestes à poser, comme gouvernement souverainiste, sur les éléments d’une politique économique applicable aux jeunes familles, relative à l’emploi et à la retraite, à l’entrepreneurship et au développement en région, à la mission et au mandat de nos sociétés d’État à vocation économique (et en particulier à l’idée d’instituer une véritable Banque de développement du Québec), visant à mettre en place une fiscalité efficace et s’intéressant à l’innovation et la productivité. Les résultats de nos délibérations sur ces questions alimenteront les travaux de la Commission politique ainsi que ceux du Groupe d’action sur l’indépendance nationale et le Comité de rédaction de la proposition principale qu’a institué le Conseil exécutif national et dont je suis le rapporteur. Le Conseil exécutif national a déjà été saisi et pu examiner les ébauches des chapitres de la propositions relatives à la souveraineté et l’identité et les travaux respectent un échéancier devant conduire à la présentation par le Conseil exécutif national de la Proposition principale lors de la Conférence nationale de juin prochain.

La réflexion sur la souveraineté et la gouverne souverainiste de l’État québécois que nous poursuivrons aujourd’hui s’inscrit dans une démarche analogue à celle qu’empruntent d’autres nations, comme la Catalogne et l’Écosse qui veulent, comme le Québec, avoir une véritable voix au sein du concert des nations souveraines. En ma qualité de vice-président du Parti Québécois et président de sa commission politique, j’ai été invité à observer les initiatives citoyennes en cours en Catalogne qui participent à une véritable appropriation par les Catalans et Catalans du processus d’accession de leur nation à la souveraineté politique. J’ai d’ailleurs pu agir comme observateur dans le cadre de référendums organisés le 13 décembre derniers dans plusieurs municipalités catalanes. Je retournerai d’ailleurs en Catalogne le mois prochain pour participer à une conférence du Réseau mondial pour les droits collectifs des peuples et agir comme à nouveau comme observateur international du référendum qui sera organisé dans la ville de Girona. Je suis également de près les développements en cours en Écosse et l’approche choisie par le gouvernement dirigé par le Scottish National Party. Celui-ci poursuit son travail de promotion de l’indépendance nationale et a rendu public en février dernier un document de consultation contenant le texte du projet de loi référendaire. J’ai également participé le 21 janvier dernier à une conférence de l’organisme Génération-Québec à l’occasion de laquelle le journaliste et acteur politique du Kosovo, Naser Miftari, a parlé de l’accession à l’indépendance du Kosovo et de sa reconnaissance internationale.

*****

Le défi pour le Parti Québécois est aujourd’hui d’exercer à l’égard du projet d’indépendance nationale le leadership et de persévérer dans une lutte qui doit être inscrite dans la durée. Il ne doit pas être gêné d’affirmer que le règlement de plusieurs problèmes économiques, sociaux et culturels ne sera rendu possible que par l’accession du Québec à la souveraineté, tout en rappelant que les compétences et moyens dont dispose le Québec ne lui permettent pas de trouver des solutions durables aux problèmes actuels de la société québécoise et ne permettront pas aux Québécois et aux Québécoises, pour reprendre le thème de notre colloque de la fin de samine, de « s’enrichir durablement ».

La preuve d’un tel leadership doit reposer tant sur des discours que des gestes visant à démontrer que la souveraineté est le véritable objectif poursuivi par le Parti Québécois À cet égard, les actions posées par notre chef Pauline Marois depuis son accession à la direction du Parti Québécois démontrent clairement cette volonté. La réussite du pays du Québec est et sera ainsi fondée tant sur son leadership et sa persévérance, et sur les nôtres. Elle résultera aussi d’une volonté d’inscrire le projet d’indépendance nationale dans la durée et dans des actions d’un véritable gouvernement souverainiste qui contribueront à l’acquisition par le Québec du statut qu’il mérite : celui d’un État libre.



Laisser une réponse



Inscrivez votre courriel pour recevoir les mises à jour.

Livré par FeedBurner