
Les cendres du volcan islandais Eyjafjallajokull n’ont pas empêché mon vol de quitter Montréal mercredi soir et j’ai pu atterrir ce matin à Barcelone et fouler le sol catalan, sans problème et à l’heure, en transitant par Zurich en Suisse. Agustí Nicolau-Coll, un correspondant du Centre internacional Escarré per a les minories ethniques il les nacions (CIEMEN) au Québec et un Québécois d’origine catalane, était également à bord des vols et nous avons pu échanger sur la situation politique. Le président du CIEMEN, Aureli Argemi nous a accueilli à l’aéroport de Barcelone et j’ai immédiatement pris le train avec ce dernier pour Valencia, la capitale de la communauté autonome du même nom et qui est considéré comme faisant partie des pays catalans.
La mission que j’entreprends en Catalogne est double. Je participerai d’abord le samedi 24 avril à un Forum sur les droits collectifs des peuples organisé par le CIEMEN, en collaboration avec l’Agence catalane de développement et de coopération et la Generalitat de Catalogne. Les travaux de la conférence se poursuivront le lundi le 26 avril et devraient se conclure par la création d’un Réseau mondial des droits collectifs des peuples. Je prendrai ensuite part à la mission d’observation internationale des référendums sur l’indépendance de la Catalogne qui auront lieu dans la ville de Girona et dans plus de 200 autres villes de la Catalogne et s’inscrivent dans le cadre de la troisième vague de consultations populaires. J’ai participé à la première vague de consultations qui s’est déroulée le 13 décembre 2009 dans 167 villes et avait été invité, comme pour la troisième vague, par La Platforma pel Dret a Decidir. La deuxième vague de consultations s’est déroulée le 28 février dernier dans 80 municipalités. Depuis le référendum symbolique tenu à Arenys de Munt le 13 septembre 2009, on estime à 255 668 le nombre de personnes qui ont voté lors des trois vagues de consultations populaires : 94.2% des personnes qui ont voté ont opté OUI, 3.6% pour le NON et 1,8% des bulletins ont été annulés. La question posée aux Catalans et aux Catalanes est formulée ainsi : « Etes-vous favorable à ce que la Catalogne soit un Etat souverain, social et démocratique intégré dans l’Union européenne? ».
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En cette première journée de ma mission en Catalogne et en prélude au Forum sur les droits collectifs des peuples, j’ai prononcé une conférence à l’Université de Valencia à l’invitation du CIEMEN, de l’Intersindical Valenciana et le Forum Debats Universitat de Vàlencia sur le thème des droits collectifs des peuples dans le contexte des droits fondamentaux.
J’ai rappelé l’importance conférée au droit collectif que constitue le droit à l’autodétermination dans la Charte des Nations Unies, mais également l’affirmation de l’article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme selon lequel « [l]a volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ». J’ai ensuite souligné que les deux Pactes internationaux relatifs aux droits de l’Homme stipulaient dans l’article premier commun qui leur est commun que « [tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes [et qu’e]n vertu de ce droit, ils peuvent déterminer librement leur statut politique et assurer librement leur développement économique, social et culturel.
Après avoir insisté que ce droit collectif avait pour corollaire l’obligation de l’État de respecter ce droit collectif, j’ai suggéré que la réalisation de ce droit suppose une lutte collective pour l’exercer. Cette lutte se traduit par l’affirmation de sa condition de nation et l’exigence d’une reconnaissance, mais aussi et surtout la création de mécanismes et d’instruments facilitant l’exercice du droit à l’autodétermination. S’agissant de cette lutte collective, j’ai cherché à présenter les ressemblances et différences des luttes des nations québécoise et catalane pour l’autodétermination. Alors que l’État québécois a été capable de mettre en place des outils pour consulter le peuple du Québec sur son avenir politique et consulter celui-ci à trois reprises sur son avenir politique, dont deux fois sur le projet d’indépendance nationale en 1980 et 1995, j’ai constaté que la société civile catalane est celle qui organise, devant l’intransigeance de l’État espagnol et à défaut pour les institutions de la Communauté catalane d’en prendre l’initiative, les consultations populaires sur la question de l’indépendance nationale de la Catalogne dans le cadre de l’Union européenne. Organisés à l’échelle municipale, les référendums catalans sont en eux-mêmes des actes d’autodétermination, comme chaque vote est également en lui-même un acte d’autodétermination.
Plusieurs questions venant de l’auditoire de la centaine de personnes s’étant déplacées pour la conférence manifestaient non seulement un intérêt pour le Québec, mais également une connaissance de la situation politique qui y règne.
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Ce jour 1 s’est terminé par un agréable repas, en compagnie des représentants pour CIEMEN l’Intersindical Valenciana, qui a débuté à une heure très raisonnable pour les Catalans et les Catalanes : 21 h 30 !