Pour une Convention sur l’indépendance nationale du Québec « Le blogue politique de Daniel Turp

Pour une Convention sur l’indépendance nationale du Québec

Depuis sa création en 1968, le Parti Québécois est engagé dans une lutte d’émancipation nationale visant à faire progresser le Québec jusqu’à son accession au statut de pays. Pour atteindre cet objectif, le Parti Québécois a élaboré et mis en œuvre plusieurs stratégies qui ont permis de faire progresser l’idée de la souveraineté et ont suscité l’adhésion d’un nombre plus que significatif de citoyens et de citoyennes à l’Option Québec de son fondateur René Lévesque.

Tout au long d’un parcours dont on a célébré le quarantième anniversaire en 2008, le Parti Québécois s’est imposé comme l’acteur central de la revendication d’indépendance nationale pour le Québec. Aujourd’hui encore, il se positionne comme un joueur-clef dans la définition du projet de pays, comme en fait l’adoption par ses instances de deux documents fondamentaux, le Manifeste pour la souveraineté et l’Argumentaire pour la souveraineté.

La famille indépendantiste s’est par ailleurs élargie durant les quatre dernières décennies. Le Bloc Québécois fait depuis 1990 la promotion active du projet de pays dans l’enceinte parlementaire canadienne, mais également sur le terrain au Québec. Québec solidaire veut faire du Québec un pays par la souveraineté populaire.  Deux autres partis politiques prônant la souveraineté du Québec ont également vu le jour, à savoir le Parti indépendantiste et le Parti de la République du Québec.

Le Conseil de la souveraineté se veut quant à lui au carrefour des diverses  sensibilités de la famille  indépendantiste et un lieu de dialogue et de concertation de  ses forces vives pour la promotion  de la souveraineté du Québec. Le Mouvement national des Québécois et des Québécoises (MNQ) regroupe quant à lui 19 sociétés nationales et Saint-Jean-Baptiste) réparties dans les différentes régions du Québec et promeut un Québec souverain, pluraliste et démocratique. Soutiennent également la cause de l’indépendance nationale les organisations que sont les  Intellectuels pour la souveraineté (IPSO), le Rassemblement pour un pays souverain (RPS), le Rassemblement pour l’indépendance du Québec (RIQ) et le Mouvement démocratie-souveraineté (MDS). Un nouvel organisme de réflexion (think tank), l’Institut de recherche pour le Québec, s’est également donné mission de susciter, de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement du Québec, la défense de ses intérêts vitaux et de l’identité qu’ils traduisent.

Il existe également une presse écrite (L’Action nationale, Laut’journal, La Presse Québécoise) et des sites électroniques (Vigile, Québec libre!, L’indépendance du Québec, La libération, Quebec.tv, Québec.radio, Le Bouc magazine), de même qu’une communauté indépendantiste dans la blogosphère rassemblée autour de la Plume souverainiste, favorables à l’accession du Québec au statut de pays.

Je crois que le temps est venu de rassembler ces nombreux acteurs de la famille indépendantiste. Bien qu’il existe des lieux de dialogue entre ces divers partis et mouvement, et notamment le Conseil de la souveraineté à la table duquel siègent le Parti Québécois, le Bloc Québécois et Québécois solidaire, aucun forum n’a comme vocation de regrouper l’ensemble des forces indépendantistes et de favoriser la cohésion de l’action de ces forces. L’institution d’un tel forum a aujourd’hui sa raison d’être et sa mise sur pied pour définir des positions, actions et stratégies communes pour faire avancer le projet de pays me paraît aujourd’hui essentielle.

D’ici la prochaine élection québécoise, je propose que soit convoquée une Convention sur l’indépendance nationale du Québec. Faisant fonds sur l’expérience des États généraux du Canada français qui ont donné, à la veille de la création du Parti Québécois, un véritable élan à la cause de l’indépendance du Québec, je crois qu’il faut faire rapidement émerger un tel lieu de concertation nationale.

Une telle convention pourrait se donner comme objectifs de :

- faire avancer la cause de l’indépendance du Québec et promouvoir cette cause au Québec et ailleurs dans le monde;
- s’avérer un forum au sein duquel les personnes, partis et organisations coopéreront aux fins de faire avancer la cause de l’indépendance du Québec;
- développer des propositions relatives à la démarche d’accession à la souveraineté du Québec et notamment à la définition du processus d’adoption et du contenu de la Constitution d’un Québec souverain.

Eu égard à la prochaine échéance électorale québécoise et en raison de la multiplicité des acteurs, je crois qu’il faut agir avec célérité. Afin de continuer d’exercer un leadership dans le dossier de l’indépendance nationale, le Parti Québécois devrait prendre l’initiative de rencontres avec les chefs, présidents et responsables des partis et mouvements favorables à la souveraineté ayant pour objectif d’échanger sur les modalités et l’échéancier des travaux d’une Convention sur l’indépendance nationale du Québec ainsi que sur la convocation d’une telle convention.

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Par les 101 députés sur les 200 qui siègent à l’Assemblée nationale du Québec et à la Chambre des communes du Canada, le Québec est aujourd’hui représenté majorité de députés favorables à l’accession du Québec au statut de pays. De nombreux autres mouvements, organismes, média et blogueurs promeuvent au quotidien le projet de pays du Québec. Leur union fera leur force et il est donc temps de préparer l’avenir en regroupant, autour d’une Convention nationale sur l’indépendance du Québec, celles et ceux qui persistent et signent. Et qui ont la conviction que les Québécois et les Québécoises méritent un pays.



5 commentaires sur “Pour une Convention sur l’indépendance nationale du Québec”

  1. Daniel Roy ,C.A. dit :

    Bravo. Vous utilisez le terme célérité, et bien, où est la mise à jour? Où en êtes-vous? Avez-vous déjà contacté les représentants des divers organisations, partis, mouvements et élites? Avez-vous besoin d’aide?

    Daniel Roy, C.A.

  2. Paul Guillot dit :

    Lors du Conseil national du Parti québécois, le samedi 21 février 2009, après avoir entendu la conviction de madame Marois d’accéder à la souveraineté et votre éloquent discours (en page de votre blog) qui présentait l’amorce de moyens pour la réaliser, en tant que Québécois et militant de la première heure, je me suis : « On est sur la bonne voie! » Vos mots clairs et le ton serein démontraient — judicieusement — la détermination avec laquelle il faudra s’attaquer à ce grand défi.
    Comme je vous ai fait part lors de notre bref entretien, ce samedi, c’est le côté rassembleur que j’applaudis. Dans cette perspective, le parti devrait, dès maintenant, en prendre le leadership, jouer ce rôle de chef de file et tendre la main, rallier toutes les personnes, les associations et les partis politiques favorables à la souveraineté du Québec. Et le but doit être simple : travailler ensemble, avec énergie dans la cordialité, à expliquer les tenants et les aboutissants de manière à la réaliser. Je pense, entre autres, aux niveaux de l’organisation, mais surtout des communications qu’il faut bien soigner.
    Il est sage de procéder de cette manière, car chaque groupe a un leader en partant du quartier jusque sur le plan national. Vous me rejoignez quand vous proposez cette digne mission puisqu’elle n’est pas sans nous rappeler (du moins, c’est comme ça que je le ressens) à quel point nous oublions et, peut-être même, avons-nous déjà oublié tout ce que représente la notion de pays dans son sens le plus noble du terme. Effectivement, cette démarche ne doit pas être l’apanage d’un seul parti politique. Je ne dis pas qu’il doit se taire, au contraire! Oui, il faut des leaders, des guides dans chaque couche de la société pour que le message adressé soit bien interprété. Et bien sûr, un porte-parole unificateur à l’Assemblée nationale.
    Cependant, il faudra s’assurer qu’il s’effectue un travail constructif entre les partenaires de toutes allégeances. Vous savez comment les média suivront les événements. Si nous démontrons, en nous unissant, que nous pouvons travailler ensemble en respectant nos chacun nos convictions. Tout ceux et celles qui mettront la main à la pâte pourront dire fièrement : « Nous avons réussi! » Ainsi, nous prouverons à nos futurs partenaires des autres pays et à nos enfants que des changements peuvent s’opérer démocratiquement et pacifiquement. N’est-ce pas un bel héritage à léguer? Mais en retour, les jeunes auront le défi en tant que dépositaires, de non seulement le maintenir, mais aussi de faire fructifier tous les éléments qui se rattachent aux valeurs qui auront accompagné cette démarche et cette concrétisation.
    Nous sommes les héritiers de la Révolution tranquille. Avant, pendant et après cet ère, rappelons qu’il y a eu des institutions, des entreprises, des Québécoises et des Québécois qui se sont réalisés à travers le monde dans tous les domaines. Et que l’on trouve quétaine ou trop intellectuelle, il y a sur la planète une majorité de personnes qui aiment les réalisations de ces Québécoises et Québécois. J’en vois sourciller. Je suis d’accord avec vous, il ne faut pas niveler par le bas. Mais, de la danse en ligne, il y en a en France; il n’y a pas seulement, Baudelaire. Toutefois, soyons fiers de dire que nos produits actuellement dépassent de beaucoup la qualité de certains pays et notre expertise est reconnue dans plusieurs disciplines.
    Le Québec d’abord qui nous soyons, mais le Québec d’abord! Il faut que l’idée déborde des rangs souverainistes : rappeler à chacun la noblesse du but à atteindre, le pays ; alors, toutes et tous pourront s’épanouir et grandir dans son pays. Enfin! Les Québécoises et les Québécois sauront bien qui choisir lors des élections générales. Les grandes nations se construisent grâce à la capacité des représentants à écouter et à impliquer les citoyens au projet commun, en établissant un lien de confiance par l’accueil, l’attention et la proximité qu’ils leur accordent. Par surcroît, en une capacité de démystifier les préjugés et dangers à se prendre main et à vivre dans son pays. Est-ce la crainte de perdre de l’argent? Des emplois? Ou est-ce plus personnel, viscéral? Ou culturel au sens sociologique.
    Je demeure à Québec et quand je vois mes compatriotes et des touristes s’arrêter devant la statue de Maurice Duplessis, cela me désole. Il a donné un drapeau au Québec, d’accord. Mais, toutes et tous nous nous entendons pour dire qu’il a aliéné notre peuple. Il faut à côté du Parlement, un symbole qui est plus représentatif de notre identité, de notre savoir-faire. Un symbole autour duquel le Québec (tous les partis politiques confondus et les apolitiques) fera l’unanimité parce qu’il sera positif et constructif : je propose que la statue de l’ancien premier ministre soit relocalisée et remplacée par un monument qui commémorait la Révolution tranquille et son impact sur le Québec moderne à aller toujours de l’avant. Et pourquoi pas y inscrire le slogan (libéral) qui fut rassembleur à ce tournant de notre histoire : « Maître chez nous! »
    J’espère vous revoir pour examiner avec vous ce que pourrait être mon implication.
    Veuillez agréer, Monsieur Turp, ma meilleure considération.
    Paul Guillot

  3. Marc Desnoyers dit :

    Daniel, ceci constitue une excellente initiative qui, contrairement à ce que rapporte Denis Lessard, saura plaire à la direction du Parti. Ton constat est lucide : le PQ n’est plus le seul parti indépendantiste. Mais ta solution fait preuve de leadership, et le mouvement indépendantiste en a grand besoin. Je demeure convaincu qu’en tendant la main aux autres groupes et partis, on ouvre la porte pour qu’à termes, ils rejoignent les rangs de notre parti, le seul qui peut véritablement faire l’indépendance du Québec. Merci Daniel!

  4. Casimir dit :

    Bonsoir Monsieur Turp. La multiplication des partis et associations militantes faisant la promotion de l’indépendance du Québec est signe que notre mouvement se porte bien, que l’idée se diffuse. Nous pouvons compter ainsi sur un discours diversifié provenant de nombreuses sources et susceptible de rejoindre un plus vaste public. Votre initiative de mettre sur pied une Convention sur l’indépendance nationale du Québec est très stimulante et encourageante. Elle me semble appropriée afin d’éviter que cette multiplication devienne un handicap en encourageant le dialogue et la concertation au sein du mouvement indépendantiste. J’espère que vous aurez l’appui nécessaire de votre parti pour mener à bien ce projet le plus tôt possible. Bonne chance Monsieur Turp !

  5. Bravo Daniel. On fonce dans la bonne direction. Ayant été le premier à soulever cette idée après la défaite de 2007, je suis particulièrement heureux que tu relances l’idée. Le moment est en effet venu d’une grande convention souverainiste. Je suis actuellement à Mexico, mais je reviens demain. Tu me donnes le goût de m’engager plus à fonds à tes côtés et aux côtés de des militants du parti pour réaliser cette idée et d’autres qui vont nous permettre d’arriver à l’objectif.

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